VI PRÉFACE
qui troovait déjà des incrédules, on était conduit à proportionner les préparatifs au ))ut qu'on leur assignait à la tribune, au lieu de les proportionner au but que Ton poursuivait en réalité. De là l'insuffisance des forces de Tamiral JuHten, Finsuffisance des forces du général Lorencez, l'insuffisance des forces du général Forey. De là par conséquent la longue inaction de l'amiral Jurien, l'écbeo du général Lorences, le 5 inai» et enfin l'interminable siège de Puebla. 3i &a début notre effeetif eût été ce qu'il fut plus tard sous le commandement du gé* néral Forey ou même sous celui du général Lorencez, Feipédition eût été ce qu'elle devait être, un coup de main. Mais il se trouve que ^effectif ne fut jamais angmmté danç les mêmes proportiona oà grandissaient les difficultés.
Enfin l'on arriva à Mexico, maid, grâce au retards, la situation était bien changée. Malgré les succès des sécessionnistes, on pouvait prévoir le triomphe de Ihmion, et Juarez devait puiser dans cette prévisien un encouragement puissant, tandis que nous y devions trouver un motif d'appréhension. Deux années perdues pour nous et gagnées pour les Américains rendaient à pep près impossible la réalisation du projet primitif : il fallait le comprendre et changer de politique. Il était temps de «e retirer avec honneur. H. Tbiers aura dans Thistoire le' grand mérite de l'avoir conseillé ; oq ne |e voulut pas et Maxi milieu fut proclamé empereur du Mexique.
PRÉFACE. vn
C'était me nouvelle faute, plus grave que la faute piimitiYe, car eette fois Ton était sans eicuse. Au début Ton avait été trompé par les déclamations des émigrés; maintenant Ton devait savoir à quoi s'en tenir sur la popularité du parti clérical au Mexique et sur les chances d'un établissement monarchique. S'allier avec le part libéral après l'avoir vaincu, Taider à éta-- Mir un ordre stable et faire accepter comme un bienftdt nofase protectorat, tel était désormais le seul plan faisonnable.
Mais après avoir reconnu l'erreur dans la conception à ce point culminant de l'entreprise, comme nous l'avons trouvée au début de l'expédition, nous devons nous demander si du moins Ton a fait tout ce qui était nécessaire pour faire réussir la résolutipn adoptée.
Le prcyet d*établir un gouvernement au Mexique était audacieux, il était inutile, mais il n'était pas chimérique. Après cinquante années de troubles, le Mexique devait accueillir avec une certaine satisfoction uq gouvernement qui eût rassuré les intérêts et qui eût mis Tordre dans l'administration et dans le pays. Mais pour qu'il en fût ainsi il fallait d*abord que le nouvel empereur ne fût pas placé sous la dépendance de la France » et qu'il eût les moyens de donner au pays ce qui lui manquait. 11 fallait qu'il eut ce que n'avaient possédé ni Santa Anna, ni Juarez, du crédit et de l'argent. Uexamen le plus superficiel des finances mexicaines établissait clairement qu'avec
YIII PRÉFACE.
des ressources qui n'avaient jamais atteint yingt millions de piastres, le nouveau gouvernement devait faire fiice à des dépenses qui ne pouvaient être inférieures à quarante millions. Sans doute le pays avait d'immenses richesses naturelles, sans doute aussi ces richesses mises en valeur devaient donner un impôt bien supérieur aux nécessités ; mais pour la mise en valeur des richesses naturelles il fallait des routes, des chemins de fer, et pour la bonne perception des impôts on devait établir toute une administration sur des bases nouvelles. Gela ne s'improvise pas, et cinq années au moins étaient nécessaires au gouvernement le plus actif pour obtenir de tels résultats. Comment le gouvernement de Mazimilien vivrait-il .pendant ces cinq années? Voilà la question qui se posait naturellement, et que je posais pour ma part. Ne pas donner à Maximilien l'argent nécessaire, c'était le condamner à l'impuissance, c'était le condamner au déGcit perpétuel, c'est-à-dire à l'agonie. Puisque Ton voulait fonder un empire au Mexique, la première chose à faire était donc de lui assurer des ressources en lui garantissant un emprunt. Hais pour garantir un emprunt il était indispensable de s'adresser à la Chambre, il était indispensable de faire connaître aux députés l'état réel des choses, les difficultés énormes de l'entreprise, on devait en un mot initier la Chambre aux projets du gouvernement. On ne le voulut pas.
On aima mieux dire au Corps législatif que le Mexique