OBJECTIONS ADRESSÉES AU TRAITEMENT OPÉRATOIRE
meurtrissures inutiles des tissus, sans fouiller la plaie avec les doigts et le pronostic sera aussi favorable que pour une simple cure de hernie.
Beaucoup de chirurgiens hautement hostiles à l'ostéo-synthèse en général, préconisent la suture dans les fractures de la rotule. En ceci ils ont parfaitement raison, mais dans leur ostracisme ils perdent de vue que la suture de la rotule est la plus grave de toutes les opérations pour fractures ; en cas d'infection le blessé risque de perdre le membre, si pas la vie. Est-il rationnel d'admettre cette intervention et de repousser par exemple comme dangereuse la simple suture du tibia? Singulière façon de comprendre les indications.
D'autres refusent de parti pris toutes les interventions primitives (c'était l'opinion de la majorité des chirurgiens au Congrès de Paris de 1895, oii la question de l'intervention dans les fractures fut discutée) ; il faut, d'après eux, attendre quelques mois pour voir si la consolidation ne se fait pas ! Celte conduite était peut-être défendable autrefois, avant la découverte de la radiographie ; actuellement le chirurgien doit savoir, dès l'accident, si le blessé est exposé à la pseudarthrose ou au cal vicieux et il n'y a aucune raison d'attendre. La temporisation rend l'opération difficile et la restitution ac? integrum n'est souvent plus possible.
En somme, il n'y a aucune raison sérieuse à invoquer contre l'intervention sanglante dans les fractures récentes. Les enseignements de la pratique convaincront facilement ceux qui ne sont pas hostiles de parti pris au progrès. Quant aux autres, aux adversaires irréductibles, le temps les calmera.