TENTATIVES DE FUSION DU CATHOLICISME ET DU PROTESTANTISME
Les esprits timides qui de tout temps se sont targués de modération, parce qu'ils vivent de compromis et d'inconséquences, ne manquaient pas plus au seizième siècle qu'au nôtre. Le nombre était grand de ceux qui réclamaient une réforme et se refusaient à rompre avec l'Eglise établie. Parmi ceux mêmes qui abandonnaient ses dogmes capitaux pour revenir à l'Evangile, quelques-uns méconnaissaient cette vérité que l'avortement de toutes leurs tentatives a clairement démontrée, à savoir qu'une croyance nouvelle exige et doit enfanter un culte nouveau.
Zélés propagateurs des principes de la Réforme, mais imbus du mysticisme contemplatif, qui n'accorde que peu d'importance aux actes extérieurs, Lefèvre d'Etaples, Gérard Roussel, Marguerite de Navarre, ne surent ' pas renoncer aux formes on cérémonies catholiques. Ils conservèrent la messe en en modifiant absolument la signification : suppression de l'élévation et de l'adoration de l'hostie, communion pour tous sous les deux espèces, rejet de F invocation de la Vierge et des saints, permission aux prêtres de se marier. Cette demi - réforme qui prenait à tâche de ne froisser ni les susceptibilités, ni les préjugés de la foule, échoua comme toutes les demi-mesures devant le bon sens populaire.
C'est une chimère du même genre que François I er