‹ L'intolérance religieuse et la politiqueChapitre 12 sur 66 · I.A BELIGION ET T>ES HKMG10^'S A ROMK · texte numérisé non relu

I.A BELIGION ET T>ES HKMG10^'S A ROMK

placage esthétique de ranthro|)omorphisme. Au sur- ])lus, la Grande-Mère avait déjà conquis le littoral de l'Asie Mineure, soit en conservant son nom indigène de Kyl)él«'^ ou Kybébé, soit en prenant celui de Rhéa, épouse de Kronos et mère des Olympiens.

La Grande-Mère signala son entrée à Rome par des miracles et fut installée sur le Palatin, dans le temple de la Victoire, en atteiulanl (|u'on lui construisît, sur le Palatin même, le temple dédié en 191.

Le Sénat n'avait peut-être i)as prévu toutes les conséquences de cet acte, qui entraînait des dérogations à des habitudes séculaires. On n'avait créé jusque-là aucun sacerdoce, pas même un flamine, pour les dieux importés. Mais la Grande-Mère traînait après elle une bande de « fanatiques » [fanalici) voués à son service; elle ne pouvait se passer des représentations qui commémoraient les malheurs, la folie, la mutilation de son cher Attis. Les Romains durent subir le contact de ces hiérodules, de ces galles et métragyrtes qui ne leur insjjiraient que le dégoût, les laisser à certains jours processionner dans les rues avec cymbales, tambours et trompettes, et quêter de porte en porte pour la caisse de leur sanctuaire. C'étaient là des mœurs nouvelles. Le Sénat fit ce qu'il put pour prévenir la propagande. Il ne pouvait pas supprimer les quêtes, que les Xtnri autorisaient ou ordonnaient même pour les cérémonies de rite grec, et (ju'il eût fallu remplacer par une subvention de l'Etat; mais il fivt interdit aux citoyens romains, et même à leurs esclaves, d'entrer dans cette congrégation d'Orientaux. Ce (ju'il ne réussit pas à empêcher, c'est la contagion morale, l'idée jusque-là cachée au public dans le secret des ^iiystères, l'espoir d'acquérir des grâces et privilèges spéciaux en imitant les faits et gestes des dieux, de mériter, [)ar l'ascétisme et les souffrances volontairement cherchées, d'avoir part à leur immortalité en passant, comme Attis, par la mort et la résurrection.

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C'était là une atteinte portée au sens rassis des Quintes. Par la brcciie ouverte sur la barrière qui clôt l'horizon (le la vie terrestre allaient.passer toute espèce (le chimères et de superstitions sorties du réservoir inépuisable de l'imagination orientale.

\Sx\c vingtaine d'années plus tard (186). le Sénat, averti f)ar une dénonciation, apprenait avec stupeur qu'une société secrète, adonnée au culte mystique d'un Dionysos quelconque, se livrait dans ses « orgies » (opY'*) nocturnes à des débauches infâmes, assaisonnées de meurtres et d'empoisonnements. La répression fut terrible. Il y eut jusqu'à 7.000 accusés des deux sexes. Ceux qui avouaient avoir été initiés, mais n'avaient point {(articipé à ces abominations, furent condamnés à la réclusion perpétuelle; le reste, le grand nombre, furent exécutés, les hommes par ordre des magistrats, les femmes par la justice privée de leurs tuteurs légaux. Le Sénat prononça alors la dissolution de toutes les associations de ce genre à Rome et en Italie, et les interdit à l'avenir, sauf dispense octroyée dans des conditions nettement spécifiées. Nous possédons encore le texte d'une lettre officielle réglant l'application du SC. de BacanaUbus, inscription gravée sur bronze et trouvée en 1670 au bourg de Tiriolo, en Calabrc. Ce document est un précieux témoignage du respect dont l'autorité faisait preuve, même après cette sanglante expérience, pour la liberté de conscience. « Que personne », y est-il dit, « ne s'avise de tenir bacanale; mais s'il en est qui déclarent qu'il leur est nécessaire de tenir bacanale, ceux-là, qu'ils viennent à Rome trouver le préteur urbain, et que, après avoir ouï leurs dires, notre Sénat décide de ces questions, pourvu qu'il n'y ait pas moins de 100 sénateurs présents à la délibération ». L'autorisation ne sera jamais accordée par le Sénat qu'à la condition que l'association privée ne compte pas plus de cinq membres, deux hommes et trois femmes, et qu'elle

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