CHAPITRE IV
LE PRINCIPAT DE CALIGULA
Le testament de Tibère : le flls de Germanicus empereur. — Réaction contre la politique de Tibère : le culte d'Isis devient officiel. — Caligula dieu impose le culte de sa personne, même aux Juifs. — Massacre des Juifs à Alexandrie (38 p. C). — Ambassade alexandrine à Rome : Philon et Apion. — Une guerre de religion en Judée évitée par le légat P. Petronius. — Meurtre de Caligula.
La mort de Tibère fut pour les Romains de Rome une délivrance. Maintenant que le vieux tyran n'était plus, le Sénat se sentit le courage de faire sur lui un exemple. Le prince qui avait si bien réglé le culte des Divi fut exclu de l'honneur qu'il avait cru se ménager. Lorsque son successeur proposa sa consécration, la haute assemblée ajourna le vote pour se donner le temps « de connaître la pensée du jeune homme », et, quand on fut renseigné, personne n'en parla plus. Les obsèques du défunt furent rapidement expédiées, en une nuit. Caligula, parlant devant le bûcher, fit l'éloge d'Auguste et de Germanicus. Du moins, c'est ce qu'affirme Dion Cassius, rectifiant Suétone, qui nous montre l'orateur louant et pleurant le défunt.
Comme Auguste, et d'ajjrès les intentions d'Auguste, Tibère s'était préoccupé d'assurer sa succession. Ce fut pour lui une tâche ingrate. Il savait
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qu'Auguste l'avait pris comme pis aller, et qu'il devait transmettre le jjouvoir, avant tout, à (iermanicus. qu'il avait dû adopter conjointement avec son propre fils Drusus et le fils de Julie. M. Agrippa Postumus. On a vu plus haut comment le jeune Agrippa, disqualifié par Auguste lui-même, qui l'avait relégué dans l'île de Planasie, disparut subitement et mystérieusement, par ordre de Livie ou de Tibère; comment Germanicus, le favori de Livie et du peuple romain, succomba dans des circonstances suspectes, suivi bientôt dans la mort par Drusus victime de l'ambition de Séjan. A partir de ce moment, Tibère cessa de s'intéresser à l'avenir. Il n'avait plus que des héritiers en qui il se prit à détester des vices ou des tares plus ou moins imaginaires, et il abattit lui-même les têtes les plus fières dans la maison de Germanicus. En l'an 37, à part un frère de Germanicus, Claude, qui avait toujours été considéré comme une non-valeur, il ne restait plus dans la famille impériale que deux héritiers mâles, t^ïus, troisième fils de Germanicus, et le petit-fils de Tibère, appelé Tibérius Gemellus, le premier âgé de près de vingt-cinq ans, l'autre encore enfant. Tibère leur avait fait part égale dans son testament, non sans prévoir, dit-on, ce qui arriverait après lui. Il disposait de sa fortune : le Destin disposerait de l'empire.
Les Romains, eux, ne savaient pas comme lui que le nouveau maître, ce grand jeune homme à la pâle ligure qui ramenait de Gampanie le corps de Tibère, était pétri de vices et candidat à la folie. C'était le fils du tant regretté Germanicus, et le surnom familier par lequel on avait l'habitude de le désigner rappelait le souvenir des cam[)S où la gloire de son père avait rayonné sur son berceau. Tout à l'allégresse, prétoriens, peuple et Sénat l'avaient acclamé et mis en possession de tous les titres impériaux. Au début,
Caligula justifia toutes les espf'Tances : \Ao\i\ d'un zèle pieux, il alla chercher les cendres de sa m«'re à l'île de Pandataria, celles de son frère Néron à l'îh' de Pontia, et les ramena à Rome en grande pompe })aila voie du Tibre pour les déposer dans le mausolée d'Auguste. C'était une réparation éclatante aiL\ victimes de Tibère. Il combla sa grand'mère Antonia de Ions les honneurs qu'avait eus Livie, fit de son oncle Claude, le délaissé, un consul, et du jeune Tibère, ('ju'il ado()la, — en attendant qu'il le supprimât, — un « prince de la jeunesse ». Une amnistie générale annula les condamnations jirononcées j)Our griefs politiques et les procédures en cours. L'empereur rétablit les comices électoraux et puisa à pleines mains dans le Trésor pour tenir le f>eu[)le en liesse et contenter tous les solliciteurs. Bref, le jour de son avènement fut considéré comme le début d'une ère nouvelle, assimilable à la fondation de Rome, et inscrit comme tel au calendrier. La réaction contre le régime antérieur profita même aux cultes molestés par Tibère. Caligula éleva à Isis, au (;hamp de Mars, un temple pourvu d'un sacerdoce public, et introduisit ainsi son culte dans la religion de l'Etat.
Mais on vit bientôt ce qui fermentait dans ce cerveau d'épileptique, détraqué par de j)récoces excès. Il est assez vain de rechercher aujourd'hui si Caligula était réellement fou, au sens pathologique du mot, et de débattre le pour et le contre. Ce qui est certain, c'est que se manifesta chez lui une hypertrophie du moi qui, |)Our s'être développée logi- «jnement, n'en fut pas moins dépourvue de bon sens. Sa folie, dont l'histoire prodigue de monstrueux témoignages, se classe dans resi)èce que les aliénistes appellent la folie des grandeurs. Comme il était au sommet des grandeurs humaines, il voulut être dieu, non plus par métaphore |)rolocolaire, mais comme ayant droit à l'adoration de son omni-
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[)Olente personne. D'abord, il ne lui convint plus d'èlre un descendant des Claude et d'Agrippa : il prétendit que sa mère Agrippine était le fruit d'un inceste entre Auguste et sa llllc Julie. Il était dont; bien de sang divin. A l'exemple de Jupiter, et [)ar habitude, dit-on, de l'inceste, il prit [)our femm(> — disons concubine, au point de vue légal — sa sceur Drusilla, élevée au rang de « déesse ». Quand elle mourut, ce (|ui ne tarda guère (38 p. C), le Sénat la mit au nombre des divac ; mais Caligula la déclara Panthea, et il se trouva un sénateur pour jurer (|u'il l'avait vue montant au ciel. Elle eut un temple déguisé sous le nom de tombeau, où vingt prêtresses desservaient son culte, et au Forum une statue qui la représentait en Vénus. On hésite à ajouter foi à toutes les insanités qu'énumèrent les auteurs; comme quoi Caligula, qui se travestissait en toute espèce de dieux et de héros, amant de la Lune, comme Endymion, se posa en frère ou en rival de Jupiter, qu'il flattait ou menaçait suivant le caprice du moment, armé lui-même d'un tonnerre mécani(iuc qui lançait des pierres. L'historien a mieux à faire que de fouiller cet amas de turpitudes grotesques, où ce que l'on trouve de mieux attesté, ce qui soulève particulièrement le dégoût, c'est la servilité du Sénat. Les Pères conscrits s'étaient humiliés devant Tibère; ils se prosternèrent devant Caligula, lui décernant et lui rendant en personne les honneurs divins.
Cepeiulant, en dépit des apparences contraires, il semble bien que Caligula n'osa pas instituer dans Rome un culte régulier, officiellement reconnu, do sa divinité. Dion Cassius dit bien que le Sénat lui vota un temple; mais il ajoute que Caligula s'en construisit un à ses frais sur le Palatin. C'est \à sans <loute que, comme jadis les Pharaons, il officiait luimême, à la fois dieu et prêtre, devant sa statue modelée sur celle d'Olympie. Temples, statues, hom-
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mages do tontes sortes, sacrifices même, tout cela ne constituait pas un culte public. C'étaient des flatteries intéressées et passagères dont lesi courtisans escomptaient le bénéfice, mais non l'assise stable et impersonnelle d'un culte rendu au nom de l'Etat par un sacerdoce d'Etat.
Caligula n'en mit que plus d'acharnement à imposer son culte dans les provinces. Là, il ne heurtait point la tradition établie par les honneurs décernés à Auguste et à Tibère de leur vivant. Il songea tout d'abord à la province riche et cultivée par excellence, celle où avait spontanément pris naissance la religion impériale. Il ordonna aux Milésiens de lui dédier le temple magnifique qu'ils élevaient à Apollon. C'était une sorte d'atîront au dieu patron de la cité, qui y avait son oracle; mais il n'en dut pas coûter beaucoup de satisfaire provisoirement le caprice du prince à des gens qui croyaient plus à son pouvoir qu'à celui d'Apollon. Les Milésiens en furent même enchantés, car Caligula ordonna d'achever ce Didyméon auquel on travaillait depuis plus de trois siècles, et cela aux frais de la province d'Asie. Mais Caligula n'eut pas le temps d'y trôner, et le Didyméon ne fut jamais achevé. Ainsi mis en goût. Caligula voulut procéder de même avec le dieu des Juifs.
Si bouffi qu'il fût d'orgueil et fier de sa divinité, Caligula n'était pas inintelligent. Il savait sans doute que sa volonté se heurterait là, comme jadis celle d'Antiochus Epiphane, à une résistance qui pouvait amener une nouvelle guerre sainte. Avait-il donc formé le projet de courber sous le niveau commun cette indomptable race, résolu à l'exterminer, s'il le fallait, plutôt que de n'être pas obéi? On chercherait en vain des motifs politiques à un caprice évidemment contraire à l'intérêt général, tel que l'avaient compris jusque-là les chefs de l'Etat romain. A Jérusalem, le
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nouveau prince avait élé reconnu sans difficulté. Caligula n'avait pas non plus garch* mauvais souvenir (le ses relations avec les principicules juifs qui venaient de temps à autre à Rome; il était même lié d'amitié avec un petit-fils d'Hérode le Grand, Hérode Agrippa, qui, en quête d'une situation, avait longtemps fréquenté la cour impériale et qu'il avait vu choyé par sa grand'mère Antonia. Hérode Agrip{)a avait su gagner la confiance de Tibi^e; mais il avait finalement encouru sa disgrâce pour des propos imprudents, trop agréables à Caligula, sur le vieux qui ne cédait pas assez vite la place au jeune. L'affaire eût même mal tourné pour lui, si Tibère n'était pas mort à temps. Caligula le tira de prison et lui donna tout d'abord la succession vacante du tétrarque Philippe, avec le titre de roi; puis, deux ans après, celle du tétrarque de Galilée Hérode Antipas, qu'il destitua et exila pour lui faire place (39/40 \). C). Agrippa, qui, jusqu'à cinquante ans, avait mené la vie de prince besogneux, relancé par les créanciers, était trop heureux de sa nouvelle fortune pour commettre des imprudences capables d'offusquer son redoutable protecteur. Il se montrait pieux observateur de la Loi dans ses Etals, et sans préjugés dehors. D'autre part, on n'entend pas dire que Caligula ait prétendu imposer son culte aux Juifs de Rome, et le fait que, réhabilitant les victimes de son prédécesseur, il rendit aux prêtres d'Isis le libre exercice de leur culte prouve (|u'il n'avait point de parti pris contre les religions étrangères.
C'est donc à une série de circonstances accidentelles, a une sorte de crise d'antisémitisme, qu'il faut attribuer l'élaboration progressive du projet de Caligula. En retournant de Rome en Palestine pour prendre possession de son royaume, au mois d'août38, Hérode Agrippa fil relâche à Alexandrie. Les Juifs y formaient une colonie puissante, et étaient d'autant plus détestés.
Le roi juif fut bafoué, caricaturé, et les plaisanteries tournèrent bientôt au tragique. Sur un mol d'ordre évidemment soufflé par des meneurs, la populace exigea que des statues de l'empereur fussent installées dans les synagogues et somma le préfet Avillius Flaccus d'y coniraindre les Juifs. Le préfet, complaisant ou pusillanime, se prêta à ses désirs. Il commença par déclarer licite l'introduction des images; puis, comme les Juifs protestaient, il les déclara étrangers à la cité, et enfin il permit de leur courir sus. Alors, ce fut le pillage et le massacre, avec les horreurs qu'invente la rage populaire ; Juifs traînés vivants par les rues, cadavres mutilés, brûlés en feux de joie, une explosion de haines accumulées depuis des siècles. Les synagogues furent ou détruites ou souillées par les idoles impériales ; la statue de Caligula, traînée sur un vieux quadrige, fit son entrée dans la grande synagogue, où elle trôna désormais. Le préfet, saisissant l'occasion, qu'il avait cherchée, de déployer son zèle, fit arrêter et fouetter en plein théâtre les trente-huit membres de la gérousie juive : les uns expirèrent sous les coups, les autres en restèrent malades et éclopés. C'était une façon de fêter le jour de naissance de Caligula (31 août 38 p. C).
Il n'est pas sûr que Flaccus eût choisi le meilleur moyen de plaire à l'empereur, qu'Agrippa se chargea de renseigner par un rapport écrit. A la fin de l'année, il fut destitué et relégué dans l'île d'Andros, où il fut mis à mort par ordre du prince. Son successeur, Yitrasius Pollio, eut sans doute mission d'apaiser les troubles; mais sans dispenser désormais les Juifs de participer au culte impérial. C'était perpétuer l'agitation. Enfin, en l'an 40, les deux parties firent appel à l'empereur. Les délégations chargées de lui exposer leurs griefs réciproques se rendirent à Rome, ayant pour porte-parole, celle des Juifs, l'illustre Philon, — qui nous a laissé un compte l'endu
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(le l'afTairp, — colle dos Aloxandriiis. lo graniiiiairion Apion. Il n'était pas facile d'approcher le dieu : aussi, les uns et les autres cherchaient à ^'agner les valets à leur cause, et, d'apn^'s Philon, les Alexandrins y auraient mieux réussi. En elTet, (laiigula linil [)ar recevoir les députés juifs, mais comme des fàchonx qu'il était hien décidé à ne pas écouter. Après une courte présentation au Cham[) de Mars, ils le suivirent à Ponzzoles, où la porte leur fut formée. C'est là qu'ils apprirent ce (jui se passait on Paloslino.
Un polit incident, |trovo<iué par la nialvoillanco (les gentils et l'intolérance des Juifs, avait fait éclater la colère longtemps contenue de l'empereur. A Jamnia, hors de la Judée, la population était mêlée. Les gentils, pour exaspérer les Juifs autant que pour afllrmor leur loyalisme, avaient élevé à l'empereur un autel que les Juifs détruisirent aussitôt. Ce qui aggravait leur cas, c'est que le territoire de Jamnia était domaine impérial. L'intendant, Herennius Capito, fit aussitôt son rapport, où il n<' manqua sans doute pas d'insister sur le fait que les Juifs n'étaient pas là chez eux et qu'ils émettaient la prétention d'empêcher les autres de rendre hommage à la divinité de César. Caligula, piqué au vif dans la plus chère de ses manies, déjà monté contre les Juifs {)ar les discours d'Apion, riposta par l'ordre adressé au légat de Syrie, P. Pélronius, successeur de L. Viteïlius, d'aller avec une armée à Jérusalem et d'installer dans le Temple la statue de l'empereur.
Heureusement pour les Juifs, Pétronius était, comme son prédécesseur, un esprit cultivé, un caractère droit et un homme de bon sens. Il commanda la statue aux sculpteurs de Sidon, et, pendant qu'on y travaillait, convoqua les autorités juives à Ptolémaïs, où il avait amené avec lui doux légions. Ce fut en vain (|u'il les exhorta à se soumettre, à laisser passer l'orage. De toute la Palestine, la population juive
accourut à Ptolémaïs, supplia,nt, se lamentant jour et nuit autour du prétoire, &i bien que Pétronius prit sur lui d'écrire à Caligula pour lui demander un sursis, alléguant que la statue n'était pas prête et qu'il était prudent de laisser les Juifs faire en paix la moisson. Caligula eût volontiers destitué sur l'heure un légat si peu zélé; mais, tout en lui recommandant de se hâter, il consentit à attendre la fin de la moisson. Alors, Pétronius prit le chemin de Jérusalem, mais à petites journées, négociant en cours de route avec les Juifs. Au mois de novembre, il n'était encore qu'à Tibériade. Là recommencèrent les scènes de Ptolémaïs. Quarante jours durant montèrent vers lui les adjurations d'une foule désespérée.
Le roi Agrippa était absent ; mais son frère Aristobule et d'autres membres de la famille royale ou de son entourage allèrent trouver Pétronius, lui représentant que, pendant ce temps, la terre restait en friche et que la disette non seulement mettrait la population hors d'état de payer le tribut, mais pousserait les affamés au brigandage. Pétronius prit alors une résolution virile. Il ramena ses légions à Antioche et envoya à Caligula un mémoire justifiant sa conduite. Il savait qu'il jouait sa tète. Par bonheur, Agrippa, qui était venu complimenter l'empereur au retour de l'expédition de Germanie, se trouvait en Italie lorsque Caligula reçut les dépêches de Pétronius. Le pauvre homme eut une syncope quand il sut ce qui motivait le courroux de l'empereur. Il écrivit une supplique à Caligula, le conjurant de ne pas faire ce qu'aucun de ses ancêtres n'avait fait. Sa demande réussit au delà de ses espérances. Caligula fit adresser à Pétronius de nouvelles instructions. Il consentait à laisser en l'état le Temple de Jérusalem; mais il entendait que, en dehors de Jérusalem, il fût loisible à quiconque de lui élever temples et autels. C'était retirer d'une main ce qu'il accordait de l'autre; car le premier venu
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j)Oiivait renouvoler en Judée la provocation (\m avait yn8cit('> les troubles de Jaumia, et la rendre plus injurieuse eneore pour les croyants. Caligula. du reste, avait son plan. Il se proposait, dit-on, de partir prochainement pour l'Orient, emportant avec lui sa statue, qu'il faisait sculpter à Rome et qu'il introduirait secrètement à Jérusalem. En attendant, comme personne ne devait se vanter de lui avoir impunément désobéi, il envoya à Pélronius l'ordre de se suicider.
Le poignard de Chéréas sauva Pétronius et les Juifs (24 janv. 41). Quand le courrier de Caligula, retardé par les vents contraires, arriva à Antioche, Pétronius savait déjà que justice était faite du mania(|ue dont les fantaisies devenaient décidément insupyiortables. Il resta en fonctions, pour appliquer la politique plus clémente de Claude.