Elle est aujourd'hui plus morphinomane que jamais
^lufSl^^linS" cubes.
por ions élevées et est actuellement à 3.800 centimètres cubes^ T .ZfT' ^"^'0^^ d'amélioration. La codéine est supprimée Pendant vingt-quatre heures 0 gr.Oo de morphinl'
Pendant la dernière semaine de anvier, la malade présentant
sa dose H?'' ""^''^T''^''''''' absolument d'abaisser davantag ma s H rr Tyf-T l'amélioration resta considérable,
rr^m r nn ^ 'T' '^'^"'^^ '^"'^^ environs de la normale de 1.200 à l.oOO centimètres cubes.
ï?om ^^'^'^^i'^e)- - L-..38 ans. Entre à la Pitié (salle Jenner en mai 1889) pour des accès de suffocation. Tempérament nerveux et rhumatisant. Il a eu cinq attaques de rhumatisme, toutes très tortes, une péricardite à la troisième altaque et deux pleur-sies une droite, une gauche.
Le malade entre pour des accès de suffocation, dont le début remonte à 1877 et qu'il traite depuis cette époque par les injections de morphine, dont il avait appris l'usage au moment d'un accès de colique hépatique survenu en 1873.
Dès l'origine, ce malade a pris d'assez fortes doses 0 gr. 12 • puis il a progressivement augmenté, est rapidement arrivé à
0 gr. 23 puis à 0 gr. 50 et actuellement il prend en injections
1 gr. 30 de morphine par jour. Malgré les hautes doses dont il faisait usage, le malade a été assez longtemps indemne de l'intoxication et ce n'est qu'au bout de neuf mois qu'il a éprouvé les premiers inconvénients du morphinisme : débilité croissante, coloration terreuse de la peau, amaigrissement. Abcès en grand nombre, dont plusieurs ne coïncidaient pas avec les piqûres.
De ces abcès on retrouve actuellement des traces nombreuses, car la peau du malade est littéralement couturée de cicatrices. Il présente déplace en place de petites élevures, assez dures, dont la grosseur varie de celle d'un pois à celle d'une petite noisette. Amaigrissement prononcé, anorexie extrême, constipation. On décide le malade à essayer de renoncer à la morphine. La moitié de la dose habituelle est supprimée. On donne au malade 3 grammes de bromure de potassium, une potion de Todd. Le lendemain et le surlendemain le malade va assez bien. II se plaint seulement de faiblesse et de prostration.
Le quatrième jour il présente dans la journée une grande agitatation ; lorsque l'action de la morphine s'épuise, il ne peut plus tenir en place, il va et vient dans la salle, suppliant qu'on lui donne de la morphine, se plaignant de douleurs vives dans tous les membres; agité, inquiet, demi-inconscient.
Le lendemain matin, la dose de morphine est encore un peu abaissée, la dose de bromure portée à 5 grammes.
Le malade encore plus agité que la veille dans la journée, disant qu'il n'y peut plus tenir, va faire signer sa sortie au directeur et quitte l'hôpital. Depuis on ne l'a pas revu.
Obs. XXXII (inédite). — A. M..., avocat, 32 ans.
Première piqûre pour un accès de gastralgie en 1885.
L'accès se reproduisant, le médecin laisse à son malade la seringue et lasolution. M..., ignorant la possibilitéde l'habitude, redoutant le retour des crises quotidiennes dont il souffrait depuis longtemps, se fait tous les jours une à deux piqûres sans ressentir autre chose que le soulagement de sa douleur et un peu de somnolence et d'excitation des facultés mentales.
Ayant appris les dangers de l'habitude, il essaya de supprimer sa morphine. Mais déjà l'état de besoin était créé. Quand il ne prenait pas sa morphine, il se sentait faible, anxieux, ^incapable de tout travail et l'ancienne douleur gastralgique reparaissait. Si bien qu'il continua.
Mais aumoisd'août 1887,les symptômesd'intoxicationfaisant des progrès, l'amaigrissement et une constipation rebelle étant survenus, M... résolut de se guérir. 11 essaya d'abord de remplacer" les piqûres par l'usage d'une potion à la cocaïne. Mais il n'obtint aucun résultat. Il se retira alors sur les bord de la Méditerranée dans une maison de campagne, et, là, commença une suppression progressive en diminuant, non le nombre des injections, mais le titre des solutions jusqu'à ce qu'il ne prît plus que 0 gr 01 de morphine par jour. Alors il supprima tout à fait la morphine qu il remplaça pendant un mois par des injections de 0 gr 0^ de spartéine, après quoi il cessa toute injection.
La guérison s'est maintenue.
Obs. XXXUI. - Y. G..., 23 ans, morphinomane depuis sept ou huit ans était arrivé a prendre des doses considérables de morphnie, plus de 2 grammes.
Elle a fait depuis trois ans plusieurs tentatives de suppression dont 1 une en 1888, à la Charité (service de M. Luys), par la dim": nution progressive et les injections de spartéine, sans résuZ.
Une autre tentative faite quelques mois après par la diminution progressive, sans substitution d'aucun médicament a été plus heureuse.
La malade a passé environ quatre mois sans prendre de morphine, puis, sous l'influence d'un chagrin, s'est remise à l'usage des piqûres.
Voulant de nouveau se guérir, elle entre à la Pitié (salle Laënnec,lit n" 39) en janvier 1890, et présente l'état suivant :
Pas d'amaigrissement notable à première vue, cependant la malade a perdu de son poids primitif. La peau est d'une blancheur spéciale à reflet bleuâtre. Nombreuses traces de piqûres sur les membres supérieurs et inférieurs, mais pas d'abcès. Constipation très opiniâtre, pas de selles depuis plus de quinze jours. Urines rares, foncées, épaisses, d'une coloration rougeâlre, donnant parle repos un abondant précipité.
La malade prend actuellement huit piqûres au 1/40 (0 gr. 20). La suppression est commencée par deux piqûres le 20 janvier.
Jusqu'au 22, pas de signes de malaise appréciable. Un peu d'abattement, quelques sueurs, exagération de la teinte cyanotique de la face.
Les urines, toujouTsrares,sontcependant un peu plus abondantes, environ 1/2 litre, toujours épaisses, rougeâtres. Suppression d'une demi-piqûre par jour. Quatre granules d'acide arsénieux, sirop d'iodure de fer, oxygène.
janvier. — La malade rend un long fragment de taenia mais sans la tête.
La suppression est toujours bien supportée; l'abattement est modéré. La constipation persiste. Les urines, plus abondantes, s'éclaircissent et prennent une teinte jaune normale (un litre). La cyanose de la face est très prononcée, les sclérotiques sont bleuâtres. Même traitement.
Le 28 janvier la suppression est totale, la malade a eu une selle abondante, l'appétit renaît un peu, l'aspect bleuâtre du visage persiste encore.
La malade quitte l'hôpital le 2 février ne prenant plus de morphine.
Obs. XXXIV (Lutaud). — M"'= R..., 33 ans, nuUipare, porte un énorme fibrôme de l'utérus. La tumeur a refoulé les organes abdominaux et fait saillie dans le vagin comme une tête de fœtus. On n'a pas voulu tenter l'hystérectomie et cet état dure depuis sept ans. Pertes de sang énormes et coliques utérines très pénibles au moment des époques.
D.^puis deux ans on donne en injections à la malade 0 gr. 10 de morphine par jour et 0 gr. 20 à 0 gr. 25 au moment des époques. Depuis, la vie est devenue supportable, la menstruation ne dure que deux jours et elle est peu abondante. Les forces sont revenues. Aucun accident inflammatoire n'est apparu.
Obs XXXV (Lutaud). - M-" P..., 42 ans. Tumeur fibrokystique extrêmement volumineuse, datant de dix ans. Cette tumeur présente trois lobes dont l'un fait saillie dans le vagin. L'ovariotomie a ete jugée impraticable. La menstruation donne lieu à des pertes énormes qui épuisent la malade.
Il y a quatre ans, elle eut une poussée de péritonite grave pour laquelle on lui fit des injections de morphine. Depuis cette époque la malade prend de 0 gr. 02 à 0 gr. 03 par jour en injections souscutanées. Elle augmente un peu les doses au moment des époques menstruelles. Sa situation est devenue très tolérable. La perte menstruelle est insignifiante, la congestion des organes abdominaux a presque entièrement disparu.
Obs. XXXVI (A. Brug). - Cas exlraordinaire de tolérance de la morphine.
Une dame de 43 ans, atteinte de douleurs rhumatismales, fait usage du sulfate de morphine depuis quatorze ans. Depuis neuf ans elle en prend d'une manière continue. Ayant commencé par 16 milligrammes, elle augmenta progressivement jusqu'à 1 gramme et 1 gr. 30 par jour. Elle pouvait même doubler cette dose sans en ressentir aucun inconvénient. Depuis trois semaines elle prend environ 3 gr. 50 de morphine par jour entre 2 heures et 5 heures de l'après-midi, par doses de 1 gramme. Si elle oublie de prendre sa morphine elle est mal à l'aise et très surexcitée. Elle ne peut dormir que dix à douze heures après avoir pris sa dernière dose. Quoiqu'elle mange fort peu, elle a beaucoup d'embonpoint et pèse 79 kilos.
Le 4 décembre, voulant renoncer à la morphine, elle n'en prend que 2 grammes et le lendemain pas. Elle tomba rapidement dans le collapsus. Brug appelé, la trouva très agitée, se plaignant de douleurs stomacales atroces. Vomissements. Peau froide et couverte de sueur. Pouls à peine perceptible. 11 administra immédiatement 0 gr. 015 de morphine, un quart d'heure après 0 gr. 13, puis quinze minutes plus tard 0 gr. 13 et enfin Ogr. 06 soit 0 gr. 333 en une heure. Dans le courant de l'après-midi, la malade prit encore 1 gramme de morphine en suppositoire et 1 gramme par la bouche. Le lendemain les phénomènes de collapsus avaient entièrement disparu.
3o tammpfrf ^ ou quatre ans de prendre chaque matin. ZvlTu . ^.^/^^'^^'^"""'^ faute de quoi il était incapable de tou ca1m rrLTl ^^^'^"'^ de 20 minimes pour
TlZZt rhumatismales; le bien-être qu'il éprouta le
fit continuer et augmenter les doses jusqu'à 30 grammes.
l'alcooll?^r'?'°"' P^'^.^^^^^it des signes analogues à ceux de I ^rJ. f 1 chronique : insomnie, malaise matinal, cauchemars. iVr7. f^^diete; on prescrivit 2 grains de quinine trois fois par jour et on organisa autour de lui une garde sévère, afin qu'il ne put prendre de laudanum. Au bout de 13 jours il était rétabli L appétit était bon et à part l'insomnie des premières nuits, la cessa ion du médicament ne produisit aucun effet fâcheux.
L était en 1875. Depuis le malade n'a jamais repris de laudanum. 11 n a plus eu d attaques épileptiformes.
Obs. XXXVIII (Lloyd). - S... J.., 65 ans, veuved'un militaire, admise en 1874 avec un ulcère très étendu de la jambe, avait pris depuis treize ans, pendant un séjour aux Indes, l'habitude de manger de l'extrait d'opium. Suppression brusque. Aucun fâcheux symptôme ne s'ensuivit. L'ulcère marcha plus rapidement qu'auparavant vers la cicatrisation.
Obs XXXIX (Lloyd).— W... G..., 40 ans, artiste musicien, souftrait depuis longtemps d'une affection douloureuse de la vessie et d'un rétrécissement pour lequel il était arrivé à prendre depuis des mois trois grains de morphine en injection hypodermique chaque jour.
Le rétrécissement fut traité par la méthode de Holtz ; la morphine fut brusquement supprimée, le seul symptôme qui résulta de cette suppression fut une insomnie de quelques nuits.
Obs. XL (Lloyd). — X..., 23 ans, habitué à prendre chaque jour la valeur d'une demi-tasse à une tasse à thé de laudanum deux ou trois fois par jour depuis trois ou quatre ans, tomba dans la mélancolie.Depuis six mois,il prenait régulièrement ses trois ou quatre tasses par jour. Suppression complète et brusque.
Quelque temps après, le malade se déclarait débarrassé de son habitude et revenu à la santé.
Obs.XL1(J. Sharvrey). — Homme de 30 ans, bien portantjusqu'à trente- trois ans, atteint à ce moment de douleurs dans les jambes
qui durèrent quinze jours. Un médecin célèbre lui fit une piqûre de morphine qui produisit un grand soulagement. Depuis ce temps le malade usa régulièrement de morphine en accroissant graduellement les doses. 11 avait commencé par un quart de grain, mais seize ansaprès il prenait, depuis longtemps déjà, 24 grains d'acétate de morphine par jour par la voie sous-cutanée et s'administrait cette dose quotidienne en trois fois. Chaque injection contenait donc huit grains de morphine cristallisée ; c'était alors son maximum, mais il lui était arrivé plusieurs fois de prendre en un seul jour 32 grains et de s'introduire en une seule injection 16 grains de morphine.
Sa situation à la tête d'une manufacture de la Cité (Londres) lui donnait toute facilité pour se procurer la morphine. Il usa de cette facilité pour acheter sa morphine par deux onces à la fois et faire une solution contenant 96 grains d'acétate de morphine pour une once d'eau. Il avait été obligé pour arriver à prendre le nombre désiré de grains de multiplier ses injections.
Lorsqu'il vint en traitement, il abandonna à ses frères huit seringues et deux onces de solution de morphine.
Pendant ces seize années, il avait cependant bien fait son travail. Ce n'est que le mois précédent que ce malade avait présenté des signes de déchéance mentale. Auparavant, ses frères ignoraient complètement sa funeste habitude.
Il avoua que souvent le matin il se trouvait faible et abattumais que peu après sa première injection, qu'il prenait au lit, il redevenait vivant et fort. C'était le mois précédent qu'il avait commencé à baisser et il était devenu faible et incapable de travailler. En même temps il s'était aperçu que ses jambes devenaient malades à cause des fréquentes piqûres qu'il y pratiquait et, commençant à craindre de ne plus pouvoir prendre ses doses accoutumées, il consulta un médecin (D'' W. Jenner) qui blâma vivement sa funeste habitude et l'engagea à se placer chez un médecin pour s'en faire délivrer.
C'est peu de temps après qu'il vint me consulter. Je consentis à le traiter pourvu qu'il acceptât les conditions suivantes : s'enfermer dans une chambre où il ne verrait personne, excepté ses deux frères, avant que je lui en donne la permission. Le malade consentit et le traitement commença dans ces conditions le 9 janvier 1882. Il avait fait le matin sa dernière injection.
Pendant les quatre jours précédents, le D" Jenner, pensant que la suppression de l'habitude serait difficile, avait réduit ses injections à 12 grains par jour, 6 le matin, 6 le soir. Voici les notes qui concernent ce malade.
Qjanmer, après midi. — Le malade est un homme grisonnant un peu maigre et pàle, mais avec une plaisante expression de santé. L'appètit est toujours bon. Jamais de vomissements ni de nausées. Sommeil bon. Constipation liabituelle ; les selles ne se produisent qu'à l'aide de lavements d'eau froide. Très sobre, il ne boit qu'un verre de bière à son déjeuner et un verre d'eau mêlée de wiskey le soir.
Jamais il n'a employé d'autre narcotique que la morphine. Il dit n'avoir pas maigri, mais ses frères disent qu'il était plus gros.
Il transpire, mais peu abondamment. La langue est propre et humide. Pupilles plutôt larges, réagissant bien à la lumière.
Rien au cœur ni à aucun organe. Le pouls pris au lit 92.11estpetit mais régulier. Respiration, 12. Urine claire, densité 1015, sans albumine ni sucre; température àCheuresdu soir, lOl^Farenb.
Les cuisses, du pli de l'aine au genou, présentent à leur partie antérieure un aspect remarquable qu'on ne retrouve ni à la partie interne, ni en arrière. La peau est si épaisse, si lardacée, qu'il est impossible de la pincer entre les doigts ; en maints endroits, elle est douloureuse et présente çà et là des élevures (luctuantes. Cet aspect est le résultat des fréquentes piqûres. Partout ailleurs la peau est saine et normale.
Le malade dit que la réduction de la dose de morphine qu'il a subie les jours précédents lui a causé une sensation d'épuisement, mais qu'il se sent mieux actuellement. Il convient actuellement de l'opportunité de la suppression totale et brusque de la morphine et consent à l'essayer.
VO janvier, matin. — Nuit sans repos. Vomissements constants de liquide verdàtre, impossibilité de prendre aucune nourriture ; diarrhée, ténesme. Etat très différent d'hier. 11 semble dans un état de prostration, voisin du collapsus. Il tient les yeux fermés, répond à peine ; pouls, 62, bon ; température, 98''2 (Farenheit). Langue recouverte d'un enduit épais, rouge et irritée à la pointe. Le malade se plaint vivement de douleurs abdominales, de diarrhée, de vomissements, de nausées, de toux et d'éternuements. Il y a hyperesthésie de la peau.
Il ne peut supporter qu'on le touche. Je prescris une cuillerée à soupe de lait avec un peu de jus de citron et une cuillerée à thé de brandy d'heure en heure. Glace à volonté.
7 heures, soir. — M. W. Jenner, qui voit le malade avec moi, me conseille de lui faire prendre toutes les heures une solution d'ammoniaque, teinture de capsicum et chloroforme. Température, 100° 2 (Farenh.); pouls, 56, bon.
il janvier. -Insomnie toutela nuit. Vomissements encore fréquents bien qu'ils le soient moins que la veille. Diarrhée moins
abondante. , ..
Le malade se plaint beaucoup de toux et d'éternuements continuels, et de crampes dans l'abdomen. Pouls, 30, bon. Langue
mauvaise. , i •
5 heures du soir. — Le malade s'est amélioré pendant la journée. Sir W. Jenner, qui le voit avec moi, pense qu'il ira très bien d'ici peu.
11 heures du soir. - Beaucoup de douleurs abdominales et de diarrhée. Le malade a vomi la nuit dernière une potion contenant 23 grains de bromure d'ammonium, quinze minimes de teinture de cannabis indica, une drachme de mucilage et trois onces et demie d'eau distillée.
Je lui prescris un suppositoire contenant un grain d'extrait de belladone et une potion avec une drachme de teinture d'hyosciamus qu'on répétera si le sommeil ne vient pas ; un liniment à la belladone à appliquer à l'aide d'une flanelle sur l'abdomen.
i'î janvier. — Le malade dit avoir été très soulagé par le suppositoire. Il a un peu dormi. 11 est évidemment bien mieux ce matin. Le regard est plus brillant ; il n'y a plus de vomissements, ni de diarrhée. Pouls, 72, régulier et bon. Il a pris une bouchée de rôti, un peu de bouillon et une plus grande quantité de lait et de brandy qu'il n'avait ingéré jusqu'alors. Aucun médicament pour la journée.
Minuit. — Nouveau suppositoire contenant un grain d'extrait de belladone, mais pas de sommeil. Pilule contenant un quart de grain d'extrait de belladone et trois quarts de grain d'hyosciamus. Alimentation liquide bien supportée, pouls bon.
13 janvier. — Bonne nuit, le malade est très content ; il a dormi environ 3 heures. Il a pris une tasse de lait et brandy et une tasse et demie de bouillon. Langue encore sale, expression du visage animée, brillante. Trois selles encore très liquides la nuit. La sensibilité de la peau a diminué, la douleur abdominale est très faible ; pas de vomissements. Un peu de toux.
Soir. — Le malade a pris cette après-midi du pain, du lait et un verre de bière.
Il janvier. — Cette nuit le malade a eu un suppositoire avec un grain d'extrait de belladone et une pilule avec un grain du même extrait et trois quarts de grain d'hyosciamus. Nuit bonne, trois ou quatre heures de sommeil. Une tasse et demie de thé et quelques rôties pour déjeuner. Ce matin, léger tremblement des muscles delà
face, langue blanche, saburrale, humide. Trois selles cette nnif un vomissement. Pouls, 72, bon. '
tiJ'ï^r"/ ; ^ ^'^'""^ bicarbonate de soude, 6 grains de solution 1 extrait de quinquina jaune, 20 minimes de siit" d oranl s une demi-once d'eau distillée à prendre toutes les quitre heures ! ri. r, . ^ pris aujourd'hui environ une pinte e
d Tand " po\7s'S^^''"'n'" ''''' au lait et Vne onc
^^S'^.Ï''''-'^- réjouit ^Ls^
13 janvier. - Bonne nuit, plus de 4 heures de sommeil. Température normale. Pouls, 68. lempe
hvfnlw 7 '^"j*^'^.'^''^^^ pinte et demie de lait, deux onces de biandy. trois pains au lait et un peu de rostbeef. Aucune souffrance Iro.s selles plus faciles dans la journée ; un peu de doueur abdominale. La langue s'éclaircit ; la peau des cuisses est plus souple et moins douloureuse.
IG janvier. — Cinq heures et demie de sommeil sans l'aide d aucun narcotique. Hier le malade s'est levé une heure et demie. La langue est plus propre. Les selles, encore anormales,ne se sont pas produites cette nuit.
n janvier. — Le malade est resté levé cinq ou six heures dans la journée. Langue propre. Aucune douleur. Selles encore un peu liquides, légère sensibilité abdominale. Cinq heures de sommeil la nuit dernière.
18 janvier. — Sommeil ininterrompu de cinq ou six heures. Le malade s'alimente bien. Langue normale, aucune douleur. Deux ou trois selles dans la journée. Le malade est encore un peu incommode par des bâillements et des éternuements.
janvier. — 11 mange, boit et dort bien. 11 prend plus de nourriture qu'il ne l'a fait depuis bien des années et avec grand appétit.
Pouls, 80, régulier, bon. Selles toujours un peu liquides. Use lève à 10 heures du matin et se couche le soir entre 9 et M heures. Il engraisse et n'a plus d'autre mal qu'un peu de faiblesse. '2G janvier. — Rétablissement complet. Selles régulières, normales. Le malade part le lendemain pour la campagne et de là pour l'Australie.
Il en est depuis revenu, bien portant, et, malgré la reprise de ses douleurs de jambe, il n'est pas revenu à l'usage de la morphine.
Obs. XLII (Braithwaite). — Suppression brusque de la morphine après usage quotidien pendant sept ans.
La malade commence à faire des injections de morphine pour des douleurs vertébrales de nature indéterminée Bientôt elle prend l'habitude des piqûres et arrive à prendre li grains de morphine par jour. Aucun inconvénient particulier. La malade continue à vaquer à ses occupations. Seulement elle est incapable de rien faire le matin avant d'avoir pris sa piqûre. Pendant les quatre premières années, la malade prenait de la morphine au plus léger malaise ; pour la moindre des choses, une petite dose supplémentaire était pour elle une véritable panacée. Mais par suite de l'épaississement de la peau, la malade, ne trouvant plus de place pour se faire ses injections, résolut de se débarrasser de sa tyrannique liabitude. C'était une femme d'une volonté forte, tout ce qu'il fallait dans ce genre de lutte. Elle diminua graduellement la dose, de façon qu'au bout de deux ans elle ne prenait plus que 3/4 de grain par jour. Si la diminution était trop rapide la diarrhée survenait aussitôt; c'est sur Tapparition de ce symptôme que la malade basait son appréciation delà manière dont son organisme tolérait la diminution. Si rien n'était survenu, elle se fût probablement complètement débarrassée de l'iiabitude de la morphine, bien que lentement et non sans de grandes difficultés. Mais à cette époque, elle devint enceinte et déclara qu'il lui était impossible de diminuer davantage ses doses de morphine.
Au sixième mois de la grossesse, à la suite d'une piqûre, survint un vaste abcès de la partie interne et postérieure de la cuisse gauche au travers duquel on sentait la fémorale tendue comme une corde. Bien que l'abcès eût été ouvert antiseptiqucment, un érysipèle apparut aux bords de l'incision et se généralisa rapidement au reste de la cuisse et jusqu'à la région sacrée. La dose de morphine fut augmentée pour sauver la vie delà malade et arrêter la marche de Férysipèle qui faisait des progrès étonnants. Chaque poussée d'érysipèle était en cflet entravée par une augmentation de la dose de morphine.
La malade fut confinée à la chambre le 6 février 1877, l'érysipèle ayant entièrement disparu. Elle prenait alors 8 grains de morphine par jour. La suppression totale étant décidée, on fit le matin du 20 février la dernière injection. Nous ignorions alors les effets de la suppression et les accidents sérieux qui pouvaient survenir.
Le lendemain, selles et vomissements incessants. Les vomissements se reproduisent toutes les dix minutes; ils sont composés de liquide muqueux et de bile. Les évacuations alvines sont formées d'un liquide analogue, mais plus foncé, plus consistant.
La nuit et le jour suivants.même état ; ni l'estomac ni l'intestin ne gardaient un seul aliment.
Le cinquième jour, la malade put garder un petit morceau de viande, un peu de pain et une cuillerée à dessert de bière pendant une demi-heure, puis ces aliments fui'cnt rejetés et le mal parut s aggraver. Il en fut ainsi jusqu'au neuvième jour et j'allais me décider à faire une piqûre à la malade pour lui conserver la vie mais elle s'y refusa absolument disant qu'elle aimait mieux mourir que redevenir l'esclave de la morphine.
Le dixième jour, la malade put garder un peu de poisson et l'amélioration à partir de ce jour, quoique lente, devint certaine. La diarrhée persistait cependant et l'estomac ne gardait de nourriture qu'à la condition d'espacer beaucoup les repas.
Je crois que la maladie s'en serait tenue là. Malheureusement et par suite de quelque excitation extérieure, l'érysipèle récidiva le 16 avril et prit un développement rapide.qui sembla donner un regain à l'ancienne souffrance et à la diarrhée. — Ces accidents durèrent dix jours, plus graves que la première fois, et accompagnés d'une telle sécheresse de la bouche qu'ilfallut maintenir une éponge humide sur les lèvres de la malade. — Au bout de ce temps, amélioration graduelle mais plus lente que la première fois. Actuellement (7 décembre 1878) la diarrhée persiste encore. Je crois qu'elle eût été arrêtée par le repos absolu, mais je n'ai pu obtenir de la malade cette tranquillité parfaite, et la diarrhée est si bien passée à l'état chronique aujourd'hui qu'on a peu de ressources contre elle.
B. conclut que la diminution graduelle est préférable.
Obs. XLin (Schweig). — Homme de 47 ans, souffrant d'hémorrhoïdes avec fissure anale, rétrécissement de l'urèthre et cystite, fut graduellement conduit à se faire pendant plusieurs années des injections quotidiennes et copieuses de morphine.
L état dans lequel cette habitude plongea le malade est complexe. Nous y trouvons, en effet, l'excitation nerveuseetTinsomnie contre lesquelles étaient précisément employées les injections. — Ces réserves faites, voici les signes qui paraissent dus à l'emploi répété de la morphine.
Au début violentes palpitations, impossibilité de faire une marche prolongée. — Plus tard pâleur, extrême faiblesse, physionomie inquiète oi découragée, atrophie musculaire, peau ridée. Le symptôme dominant était une sensibilité nerveuse excessive, une agitation continuelle des membres, surtout des inférieurs sans irrégularité des mouvements. Constipation opiniâtre ; trouble pro-
fond de l'appétit et des digestions. Pouls à 90, plein et fort, montant facilement à 110. Incapacité de travail, déchéance physique et intellectuelle.
Cet état si grave céda à un traitement habilement conduit. D'avril à juillet 1875 le malade fut peu à peu habitué à se passer d'opium ; on améliora l'état généi'al par les toniques, puis on essaya, mais en vain, de remplacer l'opium par le valérianate de zinc, le chloroforme, le bromure de sodium ; l'extrait d'hellébore à dose nauséeuse ne réussit pas mieux à calmer l'agitation persistante. On parvint enfin à calmer le malade par les bromures alcalins donnés à des doses qui semblent énormes, car il prit en vingt-quatre heures 58 grammes (?) de bromure de sodium et de calcium. Déshabitué de l'opium, rétabli par les toniques et l'électricité dans un état général excellent, il fut enfin traité de son rétrécissement par la dilatation, et opéré de ses hémorrhoïdes avec le galvanocautère. Cette opération fut suivie d'un délire violent mais passager.
Obs, XLIV (Richter). — X..., mélancohque depuis 1872. Habituée aux injections de morphine dont elle a progressivement augmenté les doses jusqu'à 0 gr. 50,essaiele4 juilletun traitement par la diminution lente. Mais bientôt la malade demande qu'on relève la dose et devient très agitée lorsqu'on s'y refuse. Le résultat se faisant attendre, on supprime toute morphine le 5 octobre. Agitation pendant quarante -huit heures. Potion alcoolisée. Les jours suivants, signes d'embarras gastrique, puis amélioration le '13 octobre, La malade est déjà gaie et contente. Quelques jours après elle quittait l'asile. Elle a écrit depuis qu'elle est heureusement délivrée de sa funeste habitude de prendre de la morphine.
Obs. XLV (Strahan). — Femme américaine, non mariée, 39 ans, morphinomane depuis trois ans. Elle était notablement phtisique et c'est pour des accidents pulmonaires qu'elle commença à prendre de la morphine. Il est à remarquer que malgré sa' délicatesse apparente elle supporta bien la suppression brusque. Au bout de huit jours, elle commençait à engraisser. Notons d'ailleurs qu'elle ne prenait pas sa morphine par la voie hypodermique, mais bien par la voie stomacale.
Lorsqu'elle n'en prenait pas, elle avait remarqué qu'elle était faible, languide, sans volonté, sans énergie comme sans désirs, et qu'aussitôt après sa dose du matin, elle revenait à la vie et reprenait des forces.
Pendant ses trois années de morphinisation elle fit plusieurs
essais de suppression ; mais elle tombait dans un tel état de faiblesse et de misère et souiïrait à tel point de maux de lête et de vomissements ({uc bientôt elle renonçait à sa résolution.
Ayant commencé par de petites doses, elle était arrivée au bout de ses trois ans à ingérer environ 8 grains d'acétate de morpiiinc par jour. Elle fut prise alors de constipation qu'elle combattit à 1 aide de purgatifs salins. Elle dit que cette dose de morphine n'a jamais provoque' de sommeil, mais qu'elle ne pouvait dormir sans l'avoir prise.
Durant les deux dernières années, elle combattit par l'atropine l'action de la morphine sur la pupille. Tous les trois mois environ elle avait des accès de migraine bilieuse (maux de tête et vomissements bilieux) qu'elle attribue à la morphine. Elle achetait sa drogue à l'once et la gardait dans une bouteille, prenant sa dose à peu près, ne prenant de grosse dose que quand elle en sentait le besoin.
Elle arriva durant la dernière année à consommer une once en deux mois et même moins vers la fin. Elle me montra la mesure do sa dose qui me parut pouvoir contenir 5 grains. Elle prenait cola deux fois par jour : le matin avant le repas, le soir en se couchant. Ce qui fait environ 8 grains par jour.
Le 17 septembi-e.elle eut pour la première fois des visions belles et agréables sous forme de peintures, de statues aux contours vagues mais magnifiques, dont elle était incapable d'apprécier toute la merveilleuse et étrange beauté. Ces visions se produisirent pendant que la malade errait en se promenant dans un parc public. Elles se reproduisirent le lendemain. Après l'absorption d'une forLe dose de morphine, elle vit de nouveau s'étaler devant ses j-eux le mirage magique du parc.
La répétition de doses croissantes et une nouvelle excursion dans le parc montrent que la malade avait un certain désii- de ces visions ou tout au moins qu'elle n'avait nulle envie de chasser l'étrange mais agréable sensation.
A cette seconde promenade. elle fut prise d'éblouissement et do syncope, et comme en la relevant on trouva un flacon étiqueté « morphine » dans sa poche, on pensa tout d'abord à une tentative de suicide. Mais un peu plus tard on la considéra comme aliénée et on l'envoya dans un asile.
Depuis ce jour (18 septembre) elle n'eut plus ni morphine, m aucun narcotique, sauf le soir du dixième jour où elle reçut une potion contenant 13 grains de cbloral et 30 grains de bromure de potassium.
Les symptômes qu'elle présenta à la suite de cette suppression
brusque sont ceux qu'a minutieusement dépeints S. Barkey, plus une h3^peresthésie notable de la peau.
D'abord agitation et insomnie. Elle se plaint vivement d'une sensation d'extrême faiblesse. Vomissements fréquents, céphalalgie, douleur très vive de brûlure à l'estomac. Complète anorexie Pas de diarrhée alarmante. Sueurs générales profuses, toux légère, l'emarquée cependant par la malade. Mixture de carbonate de bismuth, gingembre et orange qui apeiisa considérablement l'estomac.
L'appétit redevint bon le sixième jour. A partir de ce moment, la malade reprit sa vivacité. La diarrhée persista pendant douze jours avec des alternatives et finalement disparut.
La malade se rétablit de jour en jour. En un mois, elle gagna en poids 23 livres.
Au point de vue mental, elle avait à son entrée une forme de lypémanie confinant à la démence, son esprit était, comme son corps, extrêmement débilité. Au commencement, hallucinations à caractère vague qui disparurent en peu de jours, laissant son esprit tranquille mais faible. Elle était sans volonté, engourdie et apathique à l'extrême. Souvent elle poussait des cris et présentait par mome^its de courtes périodes d'agitation. Bref, au point de vue mental, elle présentait sur certains points de grosses lacunes tandis qu'elle parlait raisonnablement et convenablement sur d'autres sujets. Ses récits qu'elle semblait faire sans effort, tendaient plutôt à montrer sa supériorité mentale et sociale.
Elle sortit de l'asile le 30 octobre, guérie en apparence, présentant un aspect infiniment meilleur qu'au moment de son admission, mangeant et dormant bien, et n'ayant conservé, disait-elle, aucun désir de se piquer à la morphine.
Je ne puis dire toutefois si la récidive n'a pas eu lieu, n'ayant plus eu de nouvelles de la malade depuis qu'elle a quitté l'asile.
Oi3s. XLVI (Th. Clarke). - Femme de 29 ans, mariée à un médecin, s'injeclait chaque jour à trois ou quatre reprises et toujours dans les bras, trois ou quatre seringues à la fois de ^0 minimes de solution d'acétate de morphine à 23 grains pour 1 once d eau. Je trouvai dans le flacon dont elle se servait 9 drachmes m de liquide. Cette solution contenait 2grains 1/2 à la drachme dose ordinaire de la malade, sauf quelques excès passagers Elle prenait donc enmoyenne chaque jour 8 à 10 grains de morphine peut-être un peu plus. Première piqûre le matin avant déjeuner" a deuxième un peu plus tkrd dans la matinée ou l'après-midi là Iroisiemeaiu environs de 11 heures du soir
L'habitude remontant h neuf années, n'était pas associée, comme cela arrive souvent, à l'habitude de boire. Les premières injections avaient été faites pour gastrodynie et douleurs pendant une grossesse. C'est surtout depuis quelques années que la malade avait augmenté ses doses.
La malade est grande et vigoureuse o pieds 8 pouces de haut, son poids est de 30 siones (environ 280 livres). L'apparence un peu massive.
Pupilles plutôt contractées mais non d'une manière anormale. Bon appétit.
Elle a eu deux enfants; le dernier en 1878. Règles régulières. Diarrhée de temps en temps. Les bras couverts de macules et d'élevures indolentes produites par l'irritation ou la suppuration consécutive aux. injections^ présentent un aspectrepoussantde l'épaule au poignet parla présence de cicatrices blanc bleuâtre, résultats d'anciens abcès.
Elle se dit désireuse de s'affranchir de l'esclavage de la morphine et me donne elle-même sa seringue et sasolutionle 23 mars. Elle résiste bravement jusqu'au soir ; mais alors elle commence à sentir violemment le besoin de morphine, passe une nuit sans repos avec une douleur croissante à l'estomac. Bicarbonate de soude et bromure de potassium. Potion effervescente à l'acide prussique, chloroforme, liniment opiacé au creux épigastrique, arrow-root, gruau. Pas de glace.
Le lendemain, grande agitation ; la malade saute sur son lit; vomissements incessants de bile verdâtre, violente douleur épigastrique^insomnie, selles abondantes. Température, 1° 00 Farenheit.
27. — Mêmes symptômes généraux, même température. Pupilles dilatées. Devient plus gaie, moins agitée. Vomissements persistants ; mais la malade a dormi trois heures la nuit précédente bien qu'elle n'ait eu comme narcotique que de l'orgeat à petites doses.
30. — Amélioration. La soufïrance a cessé. La malade a faim et prend du bouillon, du lait, de l'orgeat, du tapioca et un peu de pudding.
31. — L'amélioration continue. Sommeil par demi-heures, l"'- auri/. —Température, 100" Farenh. Lamalade va remarquablement bien et s'assied quelques moments.