Alimentation ad libitum. La malade a dormi longtemps
10. --Elle est gaie et a passé une bonne nuit. On lui maintient les toniques sous forme de hautes doses de quinquina.
Pouls plein, 85. Le soir, comme son mari lui apportait un peu de lait, elle expire brusquement.
Les médicaments que son état exigeait et qui lui furent donnés sont : le bromure de potassium, la belladone, le chloral, la cannabis mdica. Toute l'attention nécessaire a été donnée à Fadministration de ces médicaments aussi bien qu'à l'alimentation.
La terminaison fatale est inattendue. La mort parait avoir été causée par de l'aslliénie cardiaque. Pas d'autopsie.
Obs. XLVllI (P. Ilallin). — Jeune lîomme de 29 ans ; à la suite d opérations chirurgicales s'était àce point habitué aux iiijcrtions de morphine qu'au bout de deux ans il en absorbait 0 gr. 23 par jour. N'ayant pu pendant quelques jours se procurer l alcaloïdo il tombamaiade. Le médecin appelé le trouva pcàle. couvert d'une sueur froide et sans pouls. Une injection de morphine lui permit de lefaire transporter sansdanger à l'hôpital. Amaigri, cachectique, ce malade est atteint d'un tremblement général. Tout son corps est couvert de furoncles et d'anthrax qui laissent échapper en abondance un liquide Irèsfétide. Constipation opiniâtre, anorexie, paresse gastro-intestih'ale. Aussitôt que l'action de la morphine eut cessé le malade fut pris d'un vertige violent avec tremblement de tout le corps. Il était étendu sur son lit, les yeux fermes, les paupières violemment agitées.
Trailemenl : Quinine, cognac, nourriture fortifiante, bains chauds suivis de douche froide, injection de 0 gr. 09 seulement. Peu à peu les injections furent rendues plus rares et au bout de trois mois le malade ne distinguait plus une injectiond'eau distillée (l'une injection de morphine, ilsortittoutàfaitguéri. Mais son corps restait comme tatoué par les cicatrices des furoncles.
Ods. XLIX (Mann). — Colonel adonné à la morphine depuis 33 ans; traité en 1836 sans succès.
53 ans. A l'âge de 13 ans il alla en Chine, puis aux Indes où il apprit par expérience la fascinante douceur de l'opium qu'il prit d'abord par plaisir. Attaché pendantdouze ans à l'armée anglaise des Indes il continua, si bien qu'en l(So6 il en était venu à fumer 200 grains d'opium par jour. En ce temps il essaya plusieurs fois de se corriger parla suppression brusque. Mais il succomba aux intolérables soufTrances que cela lui faisait éprouver. Il consulta un médecin des Indes qui, loin de l'arracher à l'habitude de l'opium, no parvint même pas à diminuer le besoin qu'il avait de celte substance. Le colonel continua à fumer ses 200 grains par jour, bien qu'il fût convaincu qu'il détériorait profondément ses facultés mentales. Sa volonté était si affaiblie que l'impulsion morbide l'entraînait irrésistiblement, sans souci des conséquences-. 11 servit ensuite au Mexique et dans la dernière guerre civile. Senlant à ce moment que sa mémoire baissait, que sa santé physique était ébranlée, il réduisit sa dose quotidienne à 125 grains par jour. Fait prisonnier et ayant perdu son opium, qu'il portait
toujours surlui dans un pistolet,ilaimamieux tenterde se suicider que d'affronter la torture que lui causerait la privation de son stimulant habituel. C'est là une preuve de la couardise mentale a laquelle vous mène cette maladie. Le colonel était en effet connu pour un brave sur le champ de bataille. Après la guerre, ayant entendu parler des effets du chloral, il commença à en prendre, espérant que cela lui permettrait de se débarrasser de l'opium. I\[ais il manqua son but et prenant à la fois opium et chloral, il arriva bientôt à absorber une demi-once de l'un et 240 grains de l'autre.
Au moment de son admission à l'asile, il était sur le chemin de la folio. Maigre, pàle, anémique, la démai^che chancelante, inconscient de son état et de ce qui l'environnait, il présentait en outre des hallucinations de la vue et de l'ouïe, et des idées de crainte et de persécution.
Comme il était très excité, on lui donna à plusieurs reprises du bromure de potassium et de la teinture de cannabis indica. du chloral, de l'hyoscyamus. l.e matin il reprit du cahne. Le lendemain, il était un peu plus conscient de sa situation, mais encore très agité, avec des illusions et des hallucinations variées et rapidement changeantes. Bouillon et lait à petites doses et à intervalles rapprochés. Application trois fois par jour pendant quelques minutes d'un courant galvanique aux tempes. Même médication interne. Les selles, depuis longtemps absentes, furent provoquées à l'aide d'un lavement. L'agitation intense et les idées délirantes disparurent et le malade demanda qu'on le débarrassât, si c'était possible, de son terrible goût pour l'opium, en pleine connaissance de son état et se rendant parfaitement compte que la mort terminerait certainement son excessif abus d'opium et de chloral.
On supprima dès lors totalement le chloral, etl'opiun futpetit à petit diminué. L'électricité, le phosphore, la strychnine, et l'huile de foie de morue achevèrent la guérison complète de ce cas qui paraissait désespéré. "
Obs. L. (G. Culler). — L^Ahargie profonde délerminéc par le bromure de sodium chez un habitué de la morphine.
Le malade, médecin, fait des injections depuis environ vingt ans. Plusieurs fois il a diminué jusqu'à de très petites doses et trois fois il acomplètementlaisséde côté la morphine pendant plusieurs mois. Chirurgien militaire, il avait été mis à la retraite, quelques années auparavant.dans les conditions les plus honorables.
Soigné récemment dans une maison de Washington, il réussit à prendre de la morphine en cachette et ne guérit pas.
dan^l^rr'^/^'°"'"'f"'' traitement préconisé par Maltison
cure doit être complète. Ce programme fut suivi à la leltîe o li- e malade pendant toute une semaine. Le premier jot il déduis
sTème ;S l"? J--d'un quart^enc^re ; le t""
sieme et le qua rieme jour,il neprit qu'une très petite quantité de inorphine ; le cinquième, il n'en prit plus du tout. Tout alla bien jusqu au cinquième jour, le malade conservant l'appétit, dormant bien, digérant bien, accomplissant normalement ses besoins nature s. Le cinquième jour, il est pris d'un peu de somnolence et garde le lit une partie de la journée. Le sixième jour, on a de la peine à le réveiller pour lui faire prendre ses médicaments et sa nourriture. Le septième jour, il fut si difficile à réveiller qu'il fut presque impossible de lui faire avaler sa dernière dose de bromure. La déglutition était très paresseuse
Je le vis le 25 avril. Son sommeil était peu à peu devenu de la léthargie. Il n avait pris aucun aliment. Urines rares. Pas de selles Je le trouvai couché dans son lit, l'air abattu, le teint terreux Pouls très faible, presque imperceptible ; refroidissement de toute la surface du corps. Température au-dessous delanormale. Respiration mauvaise, superficielle, sans aucun bruit pathologique concomitant. Les pupilles, ni contractées ni dilatées.nerépondent pas àl'actiondelalumière. Aucune odeur désagréable ne s'échappe du corps; lèvres et bouche sèches La langue ne paraît pas froide. Pas de réflexe provoqué par l'attouchement de la conjonctive, ni par le chatouillement de la muqueuse nasale avec une plume', ni par le pincement ou l'irritation de la peau. Impossible de le rappeler à la conscience, ni de lui faire exécuter le moindre mouvement spontané. On extrait à l'aide de la sonde environ 4 onces d'urine foncée, concentrée, ne contenant pas d'albumine. Pendant quatre jours il ne put rien avaler, malgré les tentatives répétées qu'on fit de lui introduire quelque aliment. Sa vitalité semblant très compromise, on lui fit prendre en lavements un peu de lait, de bouillon et d'alcool, et la nuit de petites doses de strychnine alternant avec du nitrate de potasse. ■ Le lendemain il semblait moins abattu, avait de meilleures couleurs. L'haleine avait cette odeur déplaisante qu'on observe chez ceux qui ont pris de fortes dosesde bromure. Pouls plus plein plus fort; température plus prèsdela normale. Les urines,extraites do la sonde, avaient les mêmes caractères que précédemment,
elles étaient moins abondantes (2 onces). La paupière restait obstinément close, cependant des efforts répétés réveillèrent un moment le malade. Comme on ne sentait rien dans le rectum et qu'on essayait en vain de nourrir le malade par la bouclie, tes lavements nutritifs furent continués. On employa alors le courant électrique, un pôle étant placé dans les mains et l'autre sous les pieds du malade, de façon que le courant passât de la partie postérieure du cou aux membres inférieurs par diverses directions Le même traitement futcontinué jusqu'au 10 mai. Le malade était toujours endormi et inconscient, mais il était néanmoins évident qu'il se remettait.
Le 10 mai, la pupille commença à réagir àla lumière. Quelques jours plus tard, le malade remuait les jambes lorsqu'on irritait le pied. Le 12, on put enfin le nourrir par la bouche. Le malade avala lentement, sur les instances pressantes de son entourage, puis retomba dans son lourd sommeil. Lelendemain, il remua un'peules jambes dans son lit et toussa bruyamment. Le IS, il resta éveillé une partie de la journée et put accomplir dans son lit des mouvements volontaires, mais il ne pouvait encore rien tenir dans les mains, bien qu'il fit tous les mouvements nécessaires pour la préhension. La mauvaise odeur de l'haleine, qui s'affaiblissait depuis le 6, avait complètement disparu. Les urines reprirent leur cours normal. Les contractions delà vessie furent d'abord très lentes ; le malade ne parvenait à uriner qu'en concentrant toute son attention sur cette fonction. La gorge resta sèche encore quelques jours. Les jambes reprirent leurs fonctions avant les bras et les pieds leur agilité avant les mains, qui ne purent exécuter des mouvements un peu compliqués que quinze jours après le réveil complet. Le premier réflexe dont on pu t constater le retour est celui de la paupière au chatouillement de la conjonctive. Successivement ensuite reparurent les réflexes des jambes, puis ceux des bras; ceux des mains furent les derniers.
Le 12, le malade prononçait des mots inintelligibles, comme cela arrive dans les affections qui provoquent la sécheresse de la langue, mais il me parut qu'il manquait aussi un peu de contrôle musculaire, car il employait des mots les uns pour les autres, ou sautait dans la phrase certaines expressions. Les sens du goût et de l'odorat ne furent pas très longtemps paralysés, quant à la vue et à l'ouïe, elles n'ont évidemment pas été très affectées. Aucune éruption cutanée, la peau avait seulement l'aspect brunâtre, terreux, que nous avons décrit.
Le sommeil complet dura du 23 avril au 12 mai. Soit dix-
lu o^ellic qu une petite partie du teraps.
1 avu.tpns 1.890 grains (environ 4 onces) de bromure de so.lium .e traitemen se composa exclusivement de lavements nutritifs" d e cctncite de stryclmine, d'alcool, de diurétiques, de friction;
Il ..f'^fifZ"'/! r • "ï^^"^""' h"'!*^ f'^'e de morue,
il dlfuma, à la fin de mai, qu'il avait perdu toutdésir de prendre
de la morphine. Deux ans après j'ai vu que la guérison s'était maintenue quelque temps, mais le malade s'est remis à la morphine et prend en même temps de l'atropine, et il songe à recommencer un traitement.
Obs. LI (Boulton). — Cas curieux de morphimmcmie. ip^r°o^""' délicate de 28 ans. Est sujette depuis l'âge de
Ib a 18 ans à des accès cataleptiques. De 1873 à 1879 elle a été soignée par divers médecins pour des douleurs utérines et spinales. En juin 1879, à la campagne, elle fut prise de douleurs dans le dos et de malaise général. Un médecin appelé, fitdes applications calmantes sur l'utérus. Mais le mal s'aggrava, gagna la vessie, et au mois d'août la malade semblait à la mort. L'exploration de la vessie, pratiquée après dilatation de rurèthre,montra la présence d'une vaste ulcération à paroi si mince qu'on craignait à chaque instant de la perforer avec l'explorateur. La dilatation calma les douleurs, mais l'inflammation gagna les entrailles et c'est alors qu'on fit les premières injections hypodermiques de biméconate de morphine (1 grain pour 8 gouttes d'eau); la liste de ces injections, dressée par la sage-femme sur la demande du médecin, montra que la malade prit du 1^' au 30 octobre 30 grains de biméconate de morphine. En juillet 1880 la consommation mensuelle s'élevait à 280 grains. Le 26 juillet la malade s'injecta dans la journée 12 grains 1/2. Du l'^"' octobre 1879 au l"^'' octobre 1880 la malade prit en tout 2 610 grains en injection ; ceci indépendamment de suppositoires. Ce fait, auquel je ne pouvais croire d'abord, est certifié par plusieurs témoins : le mémorandum de la sage-femme qui ne quittait la malade ni jour ni nuit; le témoignage de sa sœur de lait, qui ne peut être suspecté; celui de la malade elle-même, celui du pharmacien dont les notes portent les détails suivants : pour juin 1880, 29 bouteilles de solution de 10 gTains chacune. Une de ces bouteilles ayant été cassée, la malade n'en prit que 28 soit 280 grains de morphine pour ce seul mois.
En 1881 essai de réduction. Aliss X... prit encore 700 grains de morphine pendant les dix mois qui précédèrent lemoment où elle
— Ul —
me fut amenée pour son affection utérine qu'on disait incurable. Ce n'est qu'incidemment qu'on me parla de la morphine comme faisant partie du traitement.
A un examen plus approfondi, je vis que c'était à elle cependant qu'il fallait attribuer les signes présentés par la malade. La constipation était telle que la malade était obligée d'extraire ellemême ses matières qui étaient plus dures que du bois. Tas de contractions péristaltiques ; pouvoir expulsif nul. Je nerelrcuvai pas de tra:es de l'alTection vésicale. L'urine était alcaline. La jambe gauche était un peu contracturée, de façon que le pied ne pouvait poser à plat sur le sol, signe probablement de nature hystérique. Pas de signe évident d'inflammation pelvienne ; ovaire gauche un peu plus bas et plus sensible que le droit; rien à l'examen vaginal. Sur chaque bras des traces d'habitudes morphiniqucs durant déjà depuis longtemps. La peau avait une teinte tannée particulière et était dure comme du cuir. On m"a raconté que l'aiguille de la seringue avait cassé trois fois dans la peau tellement celle-ci était dure.
Tra'Uement. J'essayai d'abord la suppression brusque. Mais la malade éprouva de telles douleurs et de tels vomissements qu'il fut impossible de la maintenir. Je donnai 1/6 de grain dans les vingt-quatre heures. En une semaine, je pus supprimer complètement la morphine, donnant seulement à la malade 15 grains de chloral le soir pour la faire dormir. Les fonctions intestinales furent rétablies par des pilules contenant 1 grain d'extrait de belladone et 1 gi-ain d'aloès.
La diarrhée succéda bientôt à la constipation et la malade rendit une grande quantité de bile. Un peu de bismuth suffit à arrêter la diarrhée. Au bout de trois semaines, la malade était convalescente; quatre mois après, cette jeune femme, qu'on avait amenée à Londres comme incurable, se promenait sur ses deux pieds. Les fonctions se rétablirent promptement et aujourd'hui elle est mieux porlante que jamais.
Oi5S. LI[ (Judson B. Andrews). — ùsage excessif de morplii e. .300 aiguilles retirées du corps d'une aliénée.
Femme de 30 ans, sans tare héréditaire, mais très nerveuse, très impressionnable; tantôt triste et abattue. Elle devint, vers 1 âge de vingt ans, sujette à des maux de tête courts mais violents et accompagnés de délire, paraissant se manifester aux époques menstruelles. A cet état se joignaient des vomissements qui se répétèrent pendant cinq semaines. On combattit ces accidents par la morphine; pendant une semaine la malade revint àla santé.
Deux ans après, inflammation des intestins, péritonite, puis fréquentes attaques de délire furieux. Son médecin comprend alors qu'elle se faisait depuis longtemps déjà des injections de morphine pour calmer ses douleurs et qu'elle employait actuellement une à deux drachmes de solution par semaine. Sur le corps on voyaitdes cicatrices et de nombreuses taches ecchymotiqucs. Lamalade avoua que depuis trois ans et demi elle se faisait chaque jour deux injections de morphine.
Elle enfonçait perpendiculairement l'aiguille quelquefois jusqu'à sa base.
Le chloral à hautes doses fit cesser les vomissements; elle reprit de l'embonpoint. Deux mois après, à l'époque des règles, le sein droit devint dur, volumineux et douloureux, surtout en un point. On incise ce point et on retire une aiguille cassée. A partir de ce moment et durant cinq mois on retira ainsi des fragments d'aiguilles de différentes parties du corps (sein gauche, abdomen, pénil,grandes lèvres, vagin) ; quelques-unes passèrent parl'uretère ; la miction était alors douloureuse et difficile, d'autres saillirent aux cuisses, aux jambes , au pourtour de l'anus, au dos, aux épaules.
Le plus grand nombre des aiguilles extraites en un seul jour fut de 12. Pendant les deux premiers mois, l'extraction des aiguilles est peu douloureuse. La peau, épaisse et sèche, est presque insensible à cause de l'usage prolongé des injections. Plus tardl'extraction devint douloureuse. Le sixième mois, anorexie, perte du sommeil, puis coma et mort.
Pendant la vie, on avait retiré 286 aiguilles : après l'autopsie, on en trouva encore 14. L'inspection du cadavre montre la face antérieure du corps parsemée de petites cicatrices. Deux abcès dans la paroi abdominable ; un abcès du sein droit contient une aiguille entière et quatre fragments. Le sein gauche renferme une aiguille entière et deux fragments.
Arachnoïde opaque et épaissie sur l'hémisphère droit. Sur l'hémisphère gauche, mince couche de pus dans l'espace sousarachnoïdien. Les plexus choroïdes renferment de nombreux petits kystes remplis de sérosité. La base du poumon gauche est hépatisée.
Il y a une aiguille dans la partie supérieure du lobe inférieur de ce poumon. L'estomac est normal.
La seule explication possible de la présence de ces aiguilles est qu'elles furent introduites dans la peau pendant les accès d'hystérie de la malade.
Obs. lui (Nankivel). Officier au colonial commissariat Department, 38 ans. — H y a enAaron cinq ans, ce malade fut pris d'un rhumatisme articulaire aigu, puis d'une douleur extrêmement A'ive dans l'os de la cuisse gauche, à deux doigts et demi environ audessus du genou.
Le traitement médical et la trépanation de l'os ne donnèrent aucun résultat. Resté pendant environ dix jours sans sommeil, le malade fit appeler un médecin qui pratiqua une injection de morphine. Depuis ce moment, le malade en continua l'usage en augmentant les doses et, pendant les huit derniers mois, il s'arrêta à 40 grains par jour. La solution contient un grain pour 12 minimes d'eau. 11 lui faut 33 minimes de solution à la fois pour produire l'effet désiré. Il a eu des périodes de constipation de quinze jours, il était toujours très gêné par les matières et la défécation lui causait de vives douleurs.
Peu de temps avant son admission, il s'est mis à boire de l'alcool et a supprimé sa morphine. Nankivel, non seulement supprima la morphine, mais encore l'alcool et fit entrer le malade à l'hôpital.
Deux jours après l'estomac rejetait tout aliment.
Au moment de son admission, maigreur extrême, teint jaune terreux, caractère sombre, profonde débilité nerveuse, épuisement physique considérable. Sur le front, les bras, les avant-bras, les cuisses et les jambes nombreuses macules cicatricielles, aussi larges que le creux de la main, dues aux piqûres répétées Pas de selles depuis cinq jours. Il crie et menace, et constamment implore une injection pour dormir ; il se plaint d'une sensation detroid dans la poitrine. Pouls : 34, température, 98° Farenhcit
Pas d'albumine dans l'urine.
Poudre de sous-nitrate de bismuth. \
pitoyable. A 7 heures du soir, la potion pour la nuit fut répétée;
21. — Environ 2 heures de sommeil vers le matin. Très bruyant et très agité la nuit. On me dit qu'il a bien mangé et n'a plus besoin de médicaments. Rien que des aliments pour ce jour ; trois vomissements. Les fèces reprennent leur couleur normale! A 7 heures, potion calmante.
22. — Bonne nuit. A partir de ce momeni , amélioration rapide; bon appétit, bon sommeil, avec l'aide d'opiacés qui furent rapidement supprimés.
11 quitta l'hôpital et retourna à son travail le 2G, promettant bien de ne plus prendre de morphine. On lui fit préventivement déposer tous ses appareils, comprenant quatre seringues et une boîte d'aiguilles.
Quatre mois après, il recommençait à boire et à se morphiniser. Il mourut l'année dernière à l'hôpital de Grahamstown.
Oiis. LIV (Hirschberg). — Femme, non mariée, âgée actuellement de 35 ans, à laquelle on fit sa première injection de morphine en 1862. M"" S... C, rachitique (scoliose), se présente pour la première fois à l'auteur avec une hémicranie très violente, offrant tous les caractères de la névralgie partielle du trijumeau. Le maximum de la douleur correspond à la région sus-orbitaire. Paroxysmes toutes les trois minutes. Le sulfate de quinine, les frictions, l'électricité pendant quelque temps, n'ont réussi qu'a porter à cinq minutes l'intervalle des accès douloureux. L'auteur se 'résout alors à faire dans la région sus-orbitaire une injection de morphine de 1 centigramme.
Immédiatement après la douleur devient atroce, mais elle se déplace et son maximum se trouve reporté à la région occipitale. Ce paroxysme dure deux heures au bout desquelles la malade s'endort et repose quelque temps^ ce qui ne lui était pas arrivé depuis plusieurs mois. Les accès semblent pourtant n'avoir pas cessé pendant le sommeil, car la malade a, toutes les cinq minutes^ des mouvements convulsifs delà face qui porlent à penser que les accès persistent.
Au réveil, tout se passe comme avant l'injection. Le lendemain, même traitement, même exagération de la douleur, puis sommeil avec les mêmes résultats que la veille.
On chloroforme la malade avant l'injection. Cette pratique réussitma). Des phénomènes d'asphyxie apparurent immédiatement après la piqûre ; on dut les combattre par la respiration artificielle, la titillation de la luette, les alTusions froides. La malade revint à elle au bout de douze heures.
Depuis lors on fit les injections de morphine sur la faco externe (lu bras. En 1862, la malade présenta des troubles gastriques : vomissements muqueux ou sanguinolents, dégoût prononcé pour les aliments; sensibilité exagérée de l'opigastre. On crut quelque temps à un ulcère simple.
En 1863, coloration bleue des paupières, puis hémorragies multiples, probablement dycrasiques. L'auteur ne croit pas devoir les nliribuer à la morphine, mais au régime essentiellement dcbihLintde la malade, qui ne prenait chaque jour que une ou deux lasses de lait et quelques gâteaux légers. Au mois de décembre, attaque de dyspnée avec sueurs et cyanose de la face telles qu'on pensa à un œdème aigu de la glotte ; l'examen laryngoscopique montra qu'il s'agissait d'une dyspnée nerveuse. Ces accès se répétèrent trois ou quati'c fois dans le courantde l'année.
Le traitement reconstituant, le Champagne, firent cesser la dyspnée et les hémorragies, mais la névralgie pci sislant toujours on dut continuer la morphine aux doses suivantes :
De 1862 à 1863 0 gr. 04 centigrammes par jour
1865 à 1868 0 gr 05 -
1868 à 1872 0 gr 09 —
1872 à 1876 0 gr. 10 —
Bien que l'alimentation ait toujours laissé à désirer, les forces ' se sont conservées et l'intelligence est restée intacte. Les piqûres ont produit, outre les hémorragies, de petits abcès qui depuis deux ansn ont pas reparu.
L'usage de la morphine pendant quatorze ans n'a donc pas produit d accidents graves. L'interruption des piqûres était chaque OIS suivie de 1 exacerbation des phénomènes dominants : dyspnée hémorragies douleur. L'auteur attribue cette tolérance au soin qu 11 a pris de donner la même dose très longtemps, do sorte au'il a pu, en augmentant progressivement, ne pas dépasser 0 gr. 10.
Obs LV (Weinlechner). - Un médecin, 42 ans, se faisait des
deux nVr^'r p^^'-'^^^^^*^ ^^-t le
deux ans, 0,60 centigrammes ne donnaient plus de sommeil mais .mplement le soulagement de la douleur. Au bout de quatre an la dose journalière atteignait 2 gr. 40. A celte époque, Lai^'isse: nient extrême, membres décharnés, peau si épaiss e par suile des r qûres qu'on n'y peut produire de plis. Les jambes son pHées ' angle droit, par suite de rétraction des néchisseurs. On su pend les injections, on donne la morphine à l'intérieur par petites doses (0,06 centigr. d'abord, puisO gr. 03) et du cidorofoiw nol cal ïnerl insomnie, La disparition des douleurs des membîes inlt
rieurs fut obtenue par l'iodure de potassium, bien que le malade niât tout antécédent syphilitique. Il sortit bientôt complètement guéri.
Obs. LVI (Lewinstein). — Ancien officier, 32 ans, constitution solide, se sert de morphine depuis dix ans contre des douleurs rhumatismales. Pendant les cinq dernières années, il consommait chaque jour 1 gramme d'acétate de morphine.
A son entrée, sommeil perdu. Excitabilité réllexe augmentée et pervertie. Névralgies, spasmes musculaires et sécheresse de la langue. Pas de constipation ; pupille dilatée. Couleur rouge, remarquablement foncée de la face. Transpiration au plus léger exercice et même au repos. Dégoût de toul, hébétude, épuisement ; le patient se sent malade. Mémoire et jugement conservés. Suppression brusque de la morphine.
i"joii)\ — Haut degré d'irritabilité, frissons, accès douloureux de toux.
^^jour. — Dépression et faiblesse. Dans la nuit, diarrhée qui dura quatorze jours.
Pendant les premiers jours, congestions vers la tête, vomissements de temps en temps. Désespoir. Le malade réclame de la morphine avec insistance. Malgré 3 grammes de chloral, pas de sommeil les trois premières nuits.
Pendant les jours suivants, sensibilité encore plus exagérée, hyperesthésie du cuir chevelu. Vertiges. A la fm du 6'= jour, le malade commence à manger et se sent plus à l'aise. — Le jour, le sommeil reparaît sans chloral, mais interrompu par de l'agitation et de la dépression.
Au bout de la 2" semaine, cessation de l'effet psychique et somatique de la morphine. La sensibilité est encore exagérée. En quatre semaines, le malade gagna en poids 2.300 grammes.
Obs. LVII (Lewinstein). — Femme de l'officier ci-dessus, 30 ans, prit des injections de morphine pour calmer des coliques hépatiques. — Pendant la guerre de 1870-71, elle en continua l'usage pour calmer les inquiétudes que lui causaient le sort des siens, partis à l'armée. Pendant les cinq dernières années, elle était arrivée à la dose quotidienne de 0 gr. 80. Règles supprimées, face gris de plomb, appétit faible surtout pour la viande, Mémoire et jugement bien conservés.
Diminution quotidienne des doses de morphine amenant la suppression totale le U' jour.
Au commencement, augmentation de l'excitabilité réflexe, son-
sation de malaise extrême, pertes des forces. Insomnie, sensation de chute quand la malade est étendue dans son lit. Mouvements convulsifs desmembres. Névralgies des organes génitaux et de la vessie. Au lit, contractures douloureuses crampes dans les bras, qui lui faisaient éviter de se coucher.
Quand la dose fut réduite à 0 gr. 03, diarrhée modérée qui dura huit jours, accompagnée d'anxiété, de vertiges, de palpitations et de rougeur de la face.
Dès les premiers jours delà suppression, la malade, bien qu'intelligente et instruite, se lamente et pleure comme une enfant- Excitation très prononcée. Sans cesse elle réclame de la morphine.
Au bout de trois jours, la rougeur de la face disparaît. Grande faiblesse des jambes, douleur dans la région de l'estomac et dans le foie. Deux jours après la suppression de la morphine, réapparition des règles.
Au bout d'un mois de traitement, la malade quittait l'établissement^ heureuse et gaie, ne prenant plus de morphine et avec une augmentation de poids de 2 kilogrammes.
Obs. LYII(Lewinstein).— Homme, 32 ans.vigoureux. Peau pâle^ jaunâtre, yeux caves; pupilles dilatées, pas de constipation. Puissance virile perdue depuis six mois. Perte du sommeil et de l'appétit. Vomissements très abondants tous les matins. Depuis un mois et demi,le malades'injecte quotidiennement plusde 1 gramme de morphine.
Suppression brusque. Douze heures après dépression, faiblesse, mélancolie et convulsions cloniques. Le lendemain, diarrhée qui dura neuf jours et vomissements violents pendant huit jours. Pendant quinze jours, insomnie absolue ; hallucinations de la vue. Le quatrième jour, tremblement des muscles de la face, de la langue et des membres, parole difficile, spasmes convulsifs des membres.
3" jour, parole encore plus difficile ; malaise et hallu^ cmations plus prononcés la nuit. Voix rauque, discordante hésitante, aflaisscment très grand. Cinquième nuit, collapsus
6° jour, une demi-heure de sommeil. 7-= jour, une heure et demie. Jusqu'au huitième jour le malade vomit tous ses aliments. A partir du huitième jour, les vomissements cessent, 1 appétit revient. Le neuvième jour, amélioration. Le malade ne sent plus le besoin de la morphine.
L'examen des urines, presque journalier dans les trois cas montra, dans les deux premiers, à partir du deuxième iour de la suppression, une déviation à gauche du plan de polarisation- Le
réactil deTrommcr donna pendant quatre semaines la réduction de l'oxyde de cuivre.
Dans le troisième cas, pas de déviation du polarimètre,mais réduction du réactif de Trommer. Cette réduction ne pouvait être due au chloral, les deux premiers malades en ayant pris fort pou et le troisième pas du tout.
Obs. LIX (Laehr). — FemmeH...,28 ans, d'une famille d'ouvriers, très maladive dans son enfance, très gâtée par sa mère restée veuve depuis longtemps. Douée de grandes dispositions intellectuelles, elle se développa rapidement, devint très bonnemusicienne et plut en société aussi bien par sa grande beauté que par son caractère aimable. Elle eut plusieurs liaisons peu durables, puis s'attacha à un homme supérieur mais jaloux qui l'emmena loin du monde, bien que leur ménage durât déjà depuis quatre ans. En ISûl, ils se marièrent. Le premier enfant naquit mort-né et l'accouchement fut ;très difficile. Un an après, la malade accoucha d'une fille qu'elle nourrit elle-même aussi longtemps que ses forces le lui permirent. En 1863, ils changèrent de résidence et en 1807 un dernier enfant naquit. Mais Taccouchement fut difficile et il se produisit une déchirure du périnée. En août 1867, la malade vint se faire opérer par un chirurgien. Au bout de six semaines, on s'aperçut que l'opération était manquée.on larehtet la malade dùl rester assez longtemps dans une position très incommode. Aussi, pour la lui rendre plus supportable, on fit à la malade des injections de morphine, sans la prévenir de la nature de la substance qu'on employait. Bientôt elle s'en fit elle-même y trouvant du plaisir. Le chirurgien assura à la mère et au mari, accourus à cette nouvelle à l'Etablissement, que c'était seulement un. remède énergique, mais qu'on pouvait l'employer sans crainte comme cahnant. Le mari découvrit le mensonge du chirurgien en demandant au pharmacien quel médicament portait l'ordonnance. La malade retourna chez elle guérie de sa déchirure du périnée, mais soufirant de douleurs beaucoup plus intenses Chez elle, elle continua les injections. Un premier essai de suppressionn'aboutitpas, la malade prenant de la morphine en cachette.
Sentant que sa santé physique et morale s'écroulait, elle fit une nouvelle tentative par les bains de mer. Aucun résultat. Pendant l'automne de 1868, elle suivit chez sa mère un traitement médical. Au commencement elle était toute pi-êtc, toute disposée à se conformer aux ordonnances du médecin qui chercha tout d'abord à supprimer le besoin de morphine par le vin vieux et le cognac. Mais bientôt la malade devint agitée, impatiente, le délire apparut.
On trouve dans les notes du médecin relatives à cette époque : « mensonge, tromperie, caresses, larmes, sanglots, cris, malédictions et promesses se succèdent d'une manière extravagante. » Il conseilla de l'envoyer dans un établissement où elle alla du reste de son plein gré. C'est là qu'elle avoua qu'elle se servait en ' cachette de morphine et indiqua comment elle s'en procurait. De ce moment date une longue période de soufTrancespourla malade et pour sa famille. Cachant à son mari ses habitudes morphiniques, elle empruntait pour payer ses solutions, de l'argent à ses domestiques, vendait ses hardes et envoyait tantôt chez un pharmacien, tantôt chez l'autre. Une indiscrétion apprit tout au mari qui la fit voir à divers médecins. La malade n'était bien physiquement et moralement qu'après ses injections ; sans elles, elle se trouvait épuisée et alors apparaissaient les symptômes les plus alarmants. Plusieurs fois le médicament fut supprimé à l'improviste, mais aussitôt apparaissaient des phénomènes qui renversaient tous les projets: manque d'appétit, nausées, vomissements, diarrhée, frémissements intérieurs, mouvements subits dans les membres, douleurs dans la face, violentes angoisses. La malade fut enfin amenée à l'hôpital Schwciyerhof.
Taille moyenne, constitution faible, maintien flasque, pas de dilTormité de la tête, teint pâle, joues tombantes, nez effilé, lèvres et conjonctives très pâles, yeux enfoncés, pupilles égales et réagissant bien, expression douloureuse du visage, i-egard doux, convulsions légères des muscles, peau molle, pouls petit, 9 6. Rien dans la poitrine ; appétit peu considérable. Alternatives de constipation et de diarrhée ; l'ègles suppiimées depuis plusieurs mois. La malade demande des soins avec insistance. Ses douleurs la prennent matin et soir. Le corps, surtout au niveau de la poitrine et des jambes, est couvertd'innombrables cicatrices de piqûres, dont un grand nombre ont abouti à la suppuration. Elle-même avoue que très souvent et en cachette, lorsqu'elle sentait venir son malaise, elle sefaisait desinjections demorphinc. D'après im calcul approximatif, elle devait consommer environ 8 grains par jour. La tranquillité delà malade, passable à son entrée, ne fut pas de longue durée. Dès la suppression, l'angoisse recommença, la malade importunait son entourage, criait sans cesse. Vomissements de matières analogues à du chocolat, sellos liquides, visage cyanosé ; les yeux sont enfoncés dans leurs orbites, les mains sont froides; la malade se plaint de frissons, ds douleurs dans les os, le pouls est à peine sensible. Dès qu'on fait une injection à la malade, sa physionomie change : la cyanose
disparaît, les couleurs reviennent, les convulsions s'arrêtent 1 esprit reprend de la netteté, l'appétit renaît, les vomissements et la diarrhée cessent, la température pendant cette période oscillait entre 37 et 38,1e pouls était devenu tricrote. On donna d abord à la malade 1/4 de grain de morphine par jour, puis la dose fut graduellement abaissée. La malade présenta encore de l'agitation; la nuit elle maltraitait sa garde, elle tenta de s'ouvrir les veines du bras avec un canif contenu dans son plumier Le ehloral ne lui procura pas de sommeil et lui occasionna des vomissements.
Pendant trois semaines, ces accidents graves persistèrent, plusieurs fois elle tenta de se jeter par la fenêtre. Puis l'agitation cessa, la réflexion reprit de l'autorité, les douleurs et les crises nerveuses s'affaiblirent. Les forces corporelles revenaient. Bientôt la malade reprit sa place dans la société, put faire de la musique et retrouver son amabilité et son caractère agréable. La tendance au mensonge disparut. Elle commença à engraisser.
Obs. LX. — Morphino-cocaïnisme.
X.., employé, 33 ans. Pas d'antécédents morbides. Il avait été d'abord officier. Obligé de quitter cette carrière en 1877 à cause de douleurs rhumatismales, il se mit à l'étude du droit et se plaça ensuite comme employé. Morphinomane depuis 1877, il était arrivé à s'injecter par jour 1 gr. 50 de morphine. Ayant essayé un traitement parla substitution de la cocaïne, il était arrivé à continuer la morphine et à faire en même temps une injection de 1 gramme de cocaïne par jour.
En mai 1886, il alla dans une station thermale et fit une nou-
die tentative d'abstinence. La cocaïne fut brusquement supprimée, la morphine progressivement en six jours.
Pendant cette abstinence, il fut pris d'accidents de delirium tremens morplunique qui durèrent jusqu'au 22 mai.
De retour à Berlin au mois de juin, il reprit ses injections de morphine et de cocaïne et y ajouta 3 grammes de ehloral.
Bientôt il devint très exalté et si agressif qu'on dut le transporter à l'hôpital de la Charité. 11 s'y présente dans l'état suivant : Constitution robuste, pas de malformations. Pupilles non dilatées réagissant bien, réflexes rotuliens normaux, parole hésitante, tremblement. Obnubilation intellectuelle. Troubles de la parole, le malade emploie des mots les uns pour les autres, ajoute ou retranche des lettres ou des syllabes entières, ce qui rend ses discours presque inintelligibles. Quand on lui donne une lettre j\ lire, les troubles de la parole sont les mêmes. Il ne peut pas
— loi —
écrire. Le 28 juin, les symptômes s'aggravent. Le malade a de la fièvre et peut à peine tenir sur ses jambes. 11 est hors d état d'articuler ou de comprendre une phrase intelligible. Le 29, l'embarras de la parole est moindre ; le malade conserve
un faciès stupide. .
Le 3 juillet, le délire et les troubles de la parole n ont pas
changé*
Le 10; ils commencent à diminuer ; la parole est beaucoup plus distincte et peu à peu le malade reprend l'usage de ses facultés
lïl 6 H t cLI. G S
11 sort complètement guéri le 16 juillet. La mémoire, le jugement, l'intelligence sont complètement revenus ; il se souvient de son séjour à Berlin, de sa maladie; cependant la mémoire des détails de son délire est incomplète.
En septembre 1880, le malade n'avait plus aucun goût pour la cocaïne, mais il luttait difficilement contre l'appétit de morphine à cause d'insomnies rebelles qu'il combattait en buvant de labière.
11 reconnaissait cependant son bon état physique et mental et l'accroissement de ses forces.
Obs. LXl. — D. J., philologue, 27 ans, a des membi^es de sa famille qui ont présenté des maladies mentales. Lui-même est un peu excentrique et a eu à lutter avec de grosses difficultés.
Bien portant jusqu'en 1880, il fut pris à cette époque d'hémoptysies, de battements de cœur et d'une grande excitation qui furent traités parles injections de morphine. Bientôt le médecin laissait au malade le soin de pratiquer lui-même ses injections ; il ne tarda pas à devenir morphinomane et arriva à prendre des doses de 0 gr. 03 par jour. Ses tentatives d'abstinence échouèrent complètement. Ayant lu dans un ouvrage l'éloge des effets de la cocaïne dans ces circonstances, il employa cette substance ; mais bientôt il s'y habitua et l'eiîet lui devint agréable, sauf quand il prenait de fortes doses. Ces dernières lui causaient de l'angoisse et des battements de cœur.
Au commencement de juillet, habitant en garni à Berlin, il fut pris, à la suite de l'injection d'une forte dose de cocaïne, d'une hallucination auditive. Il lui sembla que son voisin^ qu'il ne connaissait pas, le regardait par le trou de la serrure et lui criait ces mots : « Cocaïniste, morphiniste. » 11 écrivit à la suite de cette hallucination une lettre à un de ses oncles, l'informant que ses voisins le persécutaient et qu'il allait requérir la' police pour se débarrasser d'eux. Il fit en efl'et une telle scène chez le commis-
z:7::î'^;!iTi:t:^:^r "-^'^i»-
A son entrée le malade était Iranrmillp ^'nripni-.if kdemeurait convaincu de la réalité ieTchose? S aco'n\Tii certain moment, se croyant en présence de ses persécuteu'' s il " ê n.U à cner et à les invectiver. C'est un homme maigre cachectique avec des signes évidents de phtisie pulmonaire au Commet sacl: clie La VOIX est légèrement nasonnée, un peu tremblanteMo^ pupilles moyennement dilatées, égales, réagissant bien à la umiere ; rellexes normaux. Aux cuisses, nombreux petits abcès occasionnes par les piqûres. Cocaïne cessée brusquement Diminution progressive de la morphine. Les symptômes d'abstinence l uren peu marqués : le malade n accusa que quelques douleurs dans les jambes, des battements de cœur, des maux de tète et des sueurs nocturnes. Trois jours après la suppression complète des injections est survenu un érythème étendu de la face et de la partie supérieure du corps, accompagné de dyspnée. Ces accidents disparurent au bout d'un jour.
Le 18 août, le malade se plaignit de nouveau d'entendre les voix de ses persécuteurs. Il dit cependant n'avoirpas prisde morphine On lui donna sa sortie.
Il revint quatre semaines après. Il avait mauvaise mine, avait craché du sang et entendait, surtout le soir, des voix comme auparavant. 11 disait ne prendre plus ni morphine ni cocaïne.
^ Très fatigué, il désirait faire une station d'eaux minérales. Ou n'en a plus entendu parler depuis.
Obs.LXII. — D'-. P..., médecin praticien, âgé de 40 ans, descend d'une famille absolument saine ; il a fait ses études et pratiqué la médecine d'abord en Allemagne puis en Amérique. Il a fait plusieurs maladies, notamment un érysipèle et une otite moyenne, au cours de laquelle il eut l'occasion d'user de la morphine. Eu 1882, il est devenu morphinomane Diverses tentatives de suppression furent suivies de succès, i)uis de récidives et depuis 1885 les doses de morphine vont croissant jusqu'à 1 gr.
Depuis le mois de novembre 1885, le malade a cherché à substituer la cocaïne à la morphine. Mais tout en s'injectant des doses moindres de morphine, il prenait en même temps 1 gr. 50 de cocaïne par jour. En mars 1886, des chagrins de famille le poussèrent à augmenter ses doses de cocaïne.
En mai il tomba tout à coup dans le délire avec agitation ; hallucinations. Le malade voyait des miroirs, des rétlecleurs qu'on projetait d'en haut pour l'observer; il lui semblait reconnaître
dans tous les dessins du papier de sa chambre, des images de lanterne magique. Croyant absolument à la réalité d'existence des objets qu'il voyait, il entrait en fureur dès qu'on essayait de le contredire.
11 n'entendait pas de voix à proprement parler ; mais des bruits indéfinis parvenaient à son oreille.
L'excitation augmenta bientôt jusqu'à la fureur. Le malade s'emportait contre sa femme, qu'il accusait de le vouloir empoisonner. Il voulait se jeter par la fenêtre et criait jour et nuit qu'on lui vînt en aide. Son transfert à la Charité fut la conséquence de ces désordres. Peu de temps avant, il avait adressé à la police une demande de protection contre les miroirs et \apluie électrique.
A son entrée le 11 juillet, le malade devint plus tranquille. Il -raconte, non sans quelques réserves, les perséciUions d'en havlavec les jyj/lecleurs et l' électricité, m^xs il reconnaît de suite qu'il a pu se tromper. Il ne peut donner la raison d'être de ces persécutions.
Dès son premier jour à l'hôpital, il raconte qu'il a eu l'esprit très malade, que les hallucinations lui sont venues par l'abus de la cocaïne et qu'il en est à présent tout à fait débarrassé. Il ne veut pas reconnaître les relations de sa maladie mentale avec les habitudes de morphine. Les premiers jours le malade reçut de la morpliine et moins de cocaïne. Symptômes d'abstinence peu marqués.
Le 18 juillet, il sortit pour affaires, malheureusement pour lui, car le 22 son état empirant, il fut de nouveau interné sur l'ordre de la police.
D'après le récit de sa femme (cocaïnomane aussi), il s'était trouvé bien tout le jour qui suivit sa sortie. Mais bientôt il s'était injecté de la morphine et de la cocaïne et n'avait pas tardé à présenter des signes de dyspnée, un sentiment de poids sur lalête. Il avait alors fait son testament. Le 20, il avait, comme par le passé, revu les images et subi les mêmes persécutions dans lesquelles cette fois sa femme jouait un grand rôle. Profitant de ce qu'elle était sortie pour chercher de l'aide, il s'enferma dans sa chambre, coupa les meubles en morceaux, brisa tout ce qui lui tomba sous la main et s'arma d'un revolver.
A sa nouvelle entrée à la Charité, il est très excité, il prétend que sa femme est la cause de son agitation, que c'est sur ses pro- AO dations et SCS réponses qu'il a brisé les meubles, parfaitement conscient de ce qu'il faisait, pour apprendre à sa femme ce qui arrive quand on l'enferme dans sa chambre. Elle doit d'ailleurs, ajoutait-il, avoir l'esprit malade, car si la cocaïne me fait du mal elle s'en injecte encore plus que moi.
La diminution progressive des doses fut commencée le 23 et con
tinuee sans symptômes appréciables d'abstinence jusqu'au i»-- août Le malade lut alors envoyé dans un établissement thermal en baxe. Au bout de quinze jours, il était complètement guéri et ne présentait plus d'hallucinations. Mais il est resté hypocondriaque et querelleur. 11 a pu cependant reprendre la pratique de sa nro- Icssion. '
Obs. LXIII. — M. Y..., pharmacien, âgé de 27 ans. Le malade a eu un oncle maternel paralytique. Lui-même jouissait d'une bonne santé, mais il était syphilitique. A partir du commencement de 1886, il commence à souflrir de violents maux de dents, pour lesquels il se fit des injections de morphine. De ce moment date la morphinomanie qui alla croissant; au mois d'août 188G,il prenait Ogr. 20 de morphine par jour. Au mois d'octobre, il quitta sa place d'aide-pharmacien et h l'aide de la cocaïne, dont l'emploi était devenu populaire, il tenta lui-même une cure d'abstinence. 11 parvint à abaisser sa dose journalière de morphine, mais la cocaïne commencée à 0 gr. 10 était arrivée à 0 gr. 20. D'après les dires de sa maîtresse, il a commencé dès le mois d'octobre à avoir des hallucinations.
Il se figurait que la maison qu'il habitait était une maison de passe et qu'il entendait dans une chambre voisine deux femmes S'amuser ensemble. Bientôt après il se plaignit que les enfants des rues lui criaient des injures: « Le pharmacien Y... est un cochon. » Il crut ensuite que sa maîtresse le trompait avec un certain « Arthur » que tous deux avaient ourdi contre lui un complot : dans le but de le chasser de ce monde, ils l'empoisonneraient avec de la morphine.
Vers le commencement de décembre, il devient plus excité. Insomnie absolue. Il se sentait piqué par des épingles, influencé par l'électricité. Depuis le commencement d'octobre, il était devenu à peu près impuissant. Un jour, il s'en prit aux meubles de sa chambre, brisa son poêle pour découvrir ses persécuteurs et devint si insupportable que son frère le fit examiner et transférer à la Charité.
A son entrée, le 10 décembre 1886 dans la soirée, le malade présente un degré moyen d'excitation; il dort sans morphine, se rend encore assez exactement compte des objets qui reiilourent, mais reste convaincu de la réalité objective de ses hallucinations.
11 raconte que dans sa maison s'est établie unebande de noceurs à laquelle s'est jointe^sa maîtresse. Cette bande a comploté contre lui. Ils veulent le tuer, mettre sa mort sur le compte de la mor-
phine et s'emparer de sa fortune. Il dit aussi qu'on lui fait des images sur le corps avec des timbres, il voit, surtout le matin, des lettres imprimées sur sa peau, sans pouvoir reconnaître quelles sont ces lettres. Il ne se rappelait pas avoir brisé ses meubles et démoli son poêle. Olga, Tune des femmes de la bande, est, suivant ses récits, une sorte de « femme qui lit la pensée v c està-dire qu'elle connaît toutes les pensées du malade et à chaque instant elle répète : « il a pensé ça et ça. »
Pendant les premiers temps de son séjour, le malade continua à présenter ces symptômes. Puis il devint plus raisonnable et manifesta l'intention de rester longtemps à l'établissement. Physiquement, c'est un homme maigre, dont les bras et les cuisses présentent de nombreuses cicatrices d'injections. Les pupilles sont moyennement dilatées, inégales, réagissant bien à la lumière. L'examen de la poitrine révèle des symptômes de catarrhe du sommet droit.
Suppression totale de la cocaïne, suppression progressive de la morphine terminée le 25 décembre. Les symptômes d'abstinence sont très peu marqués. Le poids du corps augmente rapidement; l'appétit revient. Le 21 décembre, sommeil agité, pollution nocturne. Le 3 janvier le malade est transféré dans un établissement privé pour continuer quelque temps le traitement commencé.
Obs. LXIV (Comanos). — Ery thème conséculif à Vhijection de morpliine.
Injection de 0 gr. 02 de morphine pour une sciatique gauche. Dès le lendemain, rougeur scaiiatiniforme très prurigineuse et fébrile sur la tête, le cou, la poitrine, le dos et le membre inférieur gauche. Desquammation au bout de quatre jours.
Comme contre-épreuve, on fait prendre au malade à son insu une pilule contenant 0 gr. 02 de morphine. Vingt-quatre heures après, apparition d'un exanthème, identique au premier, qui ne dura que deux jours et fut suivi d'une desquammation de plusieurs, jours.
Trois semaines plus tard, la douleur ayant reparu, la morphine fut prescrite en pommade. Le cinquième jour, après emploi de 0 gr. 50 de morphine en friction, il se développa sur la jambe malade une rongeur, au sein de laquelle pointèrent des pustulettes et des vésicules analogues à celles de l'eczéma mercuriel. En même temps trois furoncles se développèrent sur la cuisse. L'éry- Ihème gagnale dos et s'accompagna delà formation d'un anthrax.
Obs. LXV (Mœbius). — Une phtisique recevait quotidiennement
une injection de morphine de 0 er 0^ cm,= i» r^n ,i Régulièrement, au bout de dix mim Irin nences ortiées' dont iL plus la " f
d'une nièce de i fmnr. ^.f ■ ^^'^P^ssaient les dimensions aune pièce de 1 franc et qui persistaient plusieurs heures.
Obs. L.XVI (Mœbius). - Dame de 33 ans. hystérique avant „ris dans une journée trois suppositoires de 0 gr. Oo d'extràiîd'ôni vit apparaître un exanthème formé de taches érythémaleus [ d elevures ortiées. accompagné de vives démangeaLon^L'é tion persista une quinzaine de jours. Elle était g^énéraîfsée n is plus confluente sur les bras et les jambes ^^^diisee, m.us
Malgré la suppression de l'c^pium, il se produisit encore de nouvelles poussées d'urticaire. c luil ut
Uneinjection de morphine de 0 gr. 03 produisit des accidenls semblables. Précédemment trois gouttes de laudanum avaient donne lieu a de la rougeur avec gonfiement de la face et des bras qui ne disparurent que le cinquième jour.
Obs LXVll. - C..., 18 an^, entre en juin 1884 à l'hôpital du la Xharite pour une fausse couche de quatre mois. Aucun accident nerveux antérieur. Pelvipéritonite puerpérale dont les doulcui« motivent la première injection de morphine.
Dès les premiers jours, la douleur est calmée, mais l'injection ne provoque pas le sommeil. Sensation de bien-être physique cl intellectuel avec quelques hallucinations de l'ouïe. Pendant huit jours.une seule piqûre est faite dans les vingt-quatre heures. Puis on en fait deux de G gr. 01 pendant quinze jours et la malade sort de l'hôpital. Elle continue quelque temps l'usage des piqûres. Puis on lui conseille de les cesser. Suppression brusque. Sensation de besoin, tremblement, constriction épigastrique, idées de suicide. La malade se procure alors de la morphine et ne tarde pas à en abuser. Elle se fait chaque jour de trois à dix injections de 0 gr. 01 jusqu'au mois de février 1885.
A cette époque, à la suite d'un refroidissement, frisson, fièvre, dyspnée.
La malade entre à l'hôpital de La Pitié, dans le service de M. le professeur Cornil. Bronchopneumonie avec symptômes typhoïdes intenses, qui font craindre l'invasion d'une tuberculoie aiguë. Plusieurs foyers de grangène pulmonaire. La malaile sort au mois d'août. L'état local est satisfaisant, sauf en unpoini du sommet gauche nu niveau duquel on entend de la résonance exagérée de la toux.
La malade s'est totalement déshabituée de la morphine pendant
son séjour à l'hôpital, sans présenter de symptômes d'abstinence notables. Elle n'éprouve quand elle sort, aucun besoin de ce nudicament. L'étal général redevient bon. Pendant l'hiver la malade tousse un peu, mais pendant tout l'été de 1885 la santé est excellente.
An mois de septembre de cette même année, à la suite de chagrins,elle se remet à l'usage de la morphine, qu'elle porte rapidement et maintient à 0 gr. 30 par jour.
Au mois de novembre, frisson, dypsnée ; la malade entre à La Pitié, service de M. le professeur Brouardel, avec une congestion pulmonaire intense des deux côtés avec prédominance aux deux soni mets. Cette congestion se dissipe au bout de huit jours de séjour à l'hôpital, sans laisser de signes sthétoscopiques. Mais Ja malade continue l'usage de la morphine qu'elle prend, tantôt en sirop à la dose de 30 à 60 grammes, tantôt en injections. Elle tousse tout l'hiver. La sonorité se maintient aux sommets de la puili'ine, l'inspiration est normale; un peu d'exagération de la réso lance de la voix et de la toux.
An mois de juinl88G la malade reprend l'usage régulier des pi(|:u'es. Au mois de juillet, accès de fièvre violent, avec douleurs de ti'le intenses, faisant craindre l'invasion d'une méningite tubei'culcuse. Ces phénomènes disparaissent à la suite de l'ingestion de fortes doses d'antipyrine et de bromure de potassium. La malade reprend irrégulièrement l'usage des piqûres et du sirop de morpliine. Au mois de septembre, accès de sufTocation avec augmentation de volume du corps thyroïde, saillie oculaire, palpitations cardiaques douloureuses, suivies de perte de connaissance de |)lusieurs heures.
Bientôt ces accès se répètent, augmentantd'intensité et de durée, Plusieurs fois ils mettent en danger la vie de la malade.
Laissés à eux-mêmes ils durent de une à. deux heures. Ils disparaissent rapidement lorsqu'on fait inhaler du chloroforme à la malade. Mais le chloroforme provoquant des vomissements. on lu sul>3Litue l'élher. Les accès reviennent régulièrement trois fois par jour à dix heures, trois heures et onze heures du soir et nécessi'enl l'éthérisation complète. La morphine est sans action sur ces accès. La malade continue à se faire trois piqûres par jour sans qu'aucun changement survienne. Tous les soirs la températurc, très élevée, oscille entre 39° et A0°,
Los accès disparaissent à la fin d'octobre. Les signes demorphinisnic chronique sont assez prononcés. Il y a de l'inappétence^ de la constipation, de l'amaigrissement, de l'anorexie. La fièvre persiste.
L'état de besoin est aujourd'hui nettement caractérisé lU.t mpossible de diminuer le nombre des piqt^res, ar^Sai'on aba.ssela dose de morphine, la malade est pHse de embWnt et de lipothymies alternant avec un délire violent, qui obS toujours à revenir à la morphine. oongcnt J'^'^°';i.P".l"^0"aire a augmenté. Il y a matité aux deux somnaets avec diminution delà respiration. La zone ganglionnaire antérieure est complètement mate. De temps à autre Se, e lltlSd^elL™ bâtiments d^cceurlt
seinrt'dp!Vn'''°"P'''^°^^ de rapides progrès, le ramollissement des sommets s'accentue, les bacilles caractéristiques pullulent dans 1 expectoration. Des cavernes se forment
Douleurs abdominales vives. Constipation opiniâtre nuis marasme dans lequel la malade succomba le 22 février 1889
L autopsie n'a pu être faite.