‹ L'Intoxication FongiqueChapitre 17 sur 54 · GROUPE MUSCARINIEN · texte numérisé non relu

GROUPE MUSCARINIEN

Dans ce groupe, nous étudierons trois espèces. Tous ces champignons sont à lames et à volve, et de la famille des Agaricinées.

Fi. 3. — La Lépiote brune.

19 LÉPIOTE (1) BRUNATRE (L. helveola Bres.) [Fic. 3]

Taille . . . . 7 cm. environ. Petite espèce.

Chapeau . . . D’abord arrondi, puis plat. Diamètre : 2 à 3 cm.

Couleur. . . . Brunâtre, mamelonné au centre, couvert d’écailles rouge-brique, disposées en cercles concentriques.

Lames.. . . . Serrées au début puis écartées, blanches et lilas.

Spores . . . . Blanches, ovoides, 7 à 11 p.

(1) Ce genre diffère du genre Amanite par l'absence de la volve.

INTOX. FONGIQUE

Re Anneau . . . Blanc fugace.

Pied . . . . . De la couleur du chapeau. Cylindrique, tomenteux. Chair. . . . .. Couleur blanche devenant rosée à l’air. Saveur acide. Odeur nulle.

Saison . . . . Été, automne : pelouses de l'Ouest de la France.

Particularités . Provoque des empoisonnements, car peut être con-

fondu avec :

Lépiote élevée, encore appelée Grisotte coulemelle (Lepiota procera Scop.). comestible excellent; mais cette espèce est plus haute, 22 à 30 cm. L’anneau, qui est plus ou moins rapproché du chapeau, est constant. |

La Lépiote brune n’a que 5 à 6 cm. de hauteur et ‘son anneau fibrilleux disparaît de bonne heure.

20 AMANITE (1) PANTHÈRE (PL. I, Fic. 2) Amantila pañtherina D C.

Noms vulgaires : Fausse Golmotte, Crapaudin gris, Fausse Golmelle, Fausse Missie.

Taille . . . . Espèce de taille moyenne, ne mesurant guère que 10 à 12 cm.

Chapeau . . . Forme un peu bombée.

Diamètre : 6 à 10 em.

Couleur : Le plus souvent brun, parsemé de verrues blanchâtres. Bord : souvent strié. Sec au toucher.

Lames . . . . Blanches, inégales.

Spores . . . . Blanches.

Pied . . . . . Cylindrique, blanc, devenant creux quand il vieillit.

Base renflée en bulbe, surmonté d’une double crête écailleuse oblique, représentant la tracé de l’insertion de la volve (Voir Tabl. 4, fig. 6).

Volve . . . . Reste en grande partie sur le chapeau sous forme de flocons farineux plus ou moins nombreux.

Annéau. . . . Oblique, blanc, situé tantôt au-dessus, tantôt au-

dessous du milieu du pied. Souvent, il existe au-dessous de cet anneau un second bracelet, qui tend à se confondre avec le premier bourrelet écailleux de la base.

(1) Le genre Amanite est essentiellement caractérisé par la présence d’une volve. Le mot Amanite vient du grec Amanos, en souvenir de la montagne de Cilicie, PAmanos, où l’on récoltait abondamment ces espèces de champignons.

TaBLeau 4. — Différents aspects de la volve des Amanites et des Volvaires.

F1c. 4. Champignon de couche, pied renflé sans volve. — Fr6. 2. Amanite phalloïde. — F1. 3. A. printanière. — Fic. 4. À. citrine. — Fic. 5. A. tue-mouche. — Fic. 6. A. panthère. — F1G. 7. Volvaire gluante.

LP D ONSER

Chair. . . . . Odeur : d’abord nulle, devient vireuse. Couleur : blanche; reste blanche à l'air.

Insipide.

Récolte. . . . Assez commune en automne dans les bois et les plateaux ombragés.

Confusion. . . On peut la confondre avec :

19 La Golmotte vraie (Amanita rubescens Fr.), que l’on consomme en grande quantité en Lorraine à la fin de l’été et en automne. Mais cette dernière ” possède un chapeau et un pied rouge-vineux sur lequel tranche la couleur blanc-jaunâtre de l'anneau unique; la chair brunit à l'air, les débris de la volve sur le chapeau sont peu marqués.

20 [’Amanite vaginée (Amanita vaginata B.), qui pousse dans les terrains sablonneux du Midi: c’est un champignon comestible excellent. Il se différencie de l'A. panthère par l’absence du collier et la présence de sa longue volve en étui.

39 AMANITE TÜE-MOUCHE (Pi. Il, Fic. 3)

Amantita muscaria L.

Noms populaires : Fausse Oronge, Faux Jaseran, Crapaudin roux, Faux Cocon, Rouge, Champignon des fous.

C’est un des plus beaux champignons de nos régions.

Pal =4 7% . 15 à 20 cm.

Chapeau . . . Vaste, d’abord globuleux, s’élargit ec s’aplatit en vieillissant.

Diamètre : 12 à 20 cm.

Couleur : rouge-vermillon, carmin.

Parsemé de nombreux flocons blanes, débris de la

vVoive.

Lames . . . . Blanches inégales.

Anneau. . . . Ample, blanc.

Spores . . . . Blanches.

Pied . . . . . Bulbeux, blanc, surmonté d’un rebord écailleux, fragmenté, qui est un reste de la volve (Tabl. 4, fig. 5).

Volve . . . . Débris sur le chapeau et le bulbe.

ART Chair. . . . . Blanche, rouge-jaunâtre près de l’épiderme du chapeau.

Récolte. . . . Fréquente en automne dans les bois et les taillis de bouleaux.

Confusion. .-. Il faut bien se garder de confondre cette Amanite avec lPOronge vraie (Amanita Cæsarea Scop.), comestibie exquis.

L'Amanite des Césars présente un chapeau orangé dépourvu de verrues; des lames, un anneau et un pied de coultur Jaune; à la base du pied, la volve reste sous la forme d’un étui blanc. Il est donc facile, dans les cas typiques, de distinguer les deux espèces. Malheureusement, la Fausse Oronge présente des variétés qu'il faut bien connaître et qui rendent la différenciation plus laborieuse :

10 A la suite des pluies, le chapeau peut perdre ses flocons blancs et sa couleur carmin (le colorant étant soluble dans l’eau). On observe assez rarement cette variété:

20 La variété aureola K.; ou couleur d’or, présente un chapeau complètement jaune sans écailles; le pied est orêle et pourvu d’une volve, l’anneau est persistant;

30 La variété puella Pers. est caractérisée par sa forme gracile;

40 La variété gemmata K., ou à pierreries, n’a pas de collier; le chapeau est jaune. On peut, dans ce cas, lorsque l’anneau a disparu, confondre cette variété avec l’A. à étui, mais le chapeau de cette dernière n’est jamais jaune ;

59 On a enfin décrit une belle variété, formosa Pers., dont les écailles et le pied sont jaune doré, ainsi que le collier, dont les bords sont ornés de dentelures.

La Fausse Oronge était employée autrefois pour tuer les mouches, d’où son nom. Les mouches qui sucent l’eau sucrée dans laquelle on a mis macérer des morceaux de

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champignon meurent rapidement. Certains auteurs pensent que cette toxine agit surtout en produisant des effets narcotiques intenses. Il se passe, en effet, peut-être là quelque chose d’analogue à ce que Sumstine a observé à propos de l’Amanita solitaria B. : des mouches, qui s'étaient posées sur des échantillons de ce dernier champignon, tombèrent comme mortes, mais Sumstine les vit, au bout de deux ou trois heures, se réveiller et s'envoler.

Nous avons vu que l’A. tue-mouche était dangereuse à cause de sa ressemblance avec l’Amanite des Césars, ainsi appelée parce que l’empereur Claude avait pour ce dernier champignon une prédilection marquée. Tacite raconte qu'Agrippine, aidée de la trop célèbre Locuste, mit à profit la passion de Claude pour l’empoisonner en lui faisant servir des Oronges dans lesquelles on avait mis du poison (ou simplement une Amanite mortelle).

Pline et Suétone rapportent que l’empereur serait mort empoisonné, toujours à l’instigation d’Agrippine, à la suite d’un repas où il avait consommé des Morilles farcies de poison (Boleti medicati). Les Morilles figuraient, en effet, avec honneur sur la table des grands :

Vilibus ancipites fungi, ponantur amicis Boletus domino (Juvéxar, Sat. V).

Néron appelait ce genre de nourriture le ragoût, ou mets des dieux (cibus Deorum), parce que Claude, dont il fut le successeur, empoisonné par des Morilles, fut mis au rang des dieux. Les Romains, beaucoup plus voluptueux que nous, faisaient leurs délices des Morilles; ce n’était peut-être pas tant à cause de leur sapidité que de leur réputation d’ «exciter à l’acte vénérien et de disposer efficacement ceux

qui en mangent à le satisfaire» (VaLMON DE BOMARE, 1775). |

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