‹ L'Intoxication FongiqueChapitre 49 sur 54 · ETES · texte numérisé non relu

ETES

nisés (20 gouttes de laudanum) et des cataplasmes de farine de lin fréquemment renouvelés sur l'abdomen.

Les douleurs sont parfois tellement vives qu’on peut recourir à la morphine (quoique ce traitement paraisse irrationnel).

On combattra les vomissements par de l’eau de Seltz, l’eau chloroformée, par l’eau oxygénée diluée et par l’absorption de petits morceaux de glace; le vin, l’alcool, l’éther, doivent être proscrits, car, ingérés par la bouche, ces produits peuvent favoriser l'absorption du poison.

Si l’'empoisonnement est dû aux champignons dangereux (Fausse Oronge, Amanite panthère, Lepiote brunâtre), on favorisera les évacuations dont nous avons parlé; on pra-

tiquera des injections de caféine, parfois une saignée de 200 à 300 grammes. En cas d’excitation cérébrale, on administrera du chloral ou une potion bromurée.

Le Dantec a montré que, dans les cas d'intoxication muüscarinienne, l'injection hypodermique de sérum physiologique était contre-indiquée, alors que l’injection du même sérum dans les veines était «une indication formelle ». On peut adrénaliser ce sérum.

Enfin, dans les cas d'intoxication par les champignons mortels, on utilisera les évacuants, la caféine, la saignée, le sérum de Hayem, l’éther; rappelons aussi que Künisdürfer aurait obtenu des résultats merveilleux par les injections sous-cutanées de 1 milligramme de strychnine, dans les cas de stupeur très prononcée.

MM. Paul Claisse (1898), Pellegrini, de Pise (1899), ont entrepris des recherches sur la sérothérapie de l’empoisonnement par les champignons.

Les auteurs sont arrivés à provoquer une véritable mithridatisation chez des animaux : lapins et cobayes (1).

(1) Les animaux de choix pour l’expérimentation dans l’intoxication fongique sont le chat et le chien.

INTOX. FONGIQUE 5

Re

«Le sérum des animaux ainsi traités, dit Pellegrini, acquiert un pouvoir antitoxique capable de développer, dans certaines limites, une action curative dans l’empoisonnement expérimental. » Ces travaux n’ont pas été suivis d’applications à la pratique.

D'autre part, Le Dantec (de Bordeaux) a montré (1898) que le « sérum des animaux réfractaires à l’empoisonnement fongique, comme le mouton, le porc, etc., ne possède aucune qualité antitoxique vis-à-vis de l’intoxication par les champignons ».

La phalline et la muscarine ont été comparées aux venins des serpents. « Les champignons, dit Trabut, d’Alger, produisent des poisons, phalline, muscarine, comme les serpents secrètent des venins, et ces poisons leur servent, peutêtre, également de moyens de défense. »

Il est curieux de rapprocher ces idées des expériences de Phisalix, dont nous avons parlé plus haut; cet auteur, en effet, a proposé d'employer le suc de champignons en injection contre le venin des vipères.

Page 1