ACTE II, SCÈNE II
FANCHETTE
M. Ernest n’y pense pas 5 il n’y a jamais pensé ; il n’y pensera jamais.
GUSTAVE
Je le conçois 5 quand on aime , i^ faut avoir quelqu’espérance.
FANCHETTE
Et lui ! quelle serait la sienne? N’ayant rien , et mademoiselle étant si riche.... Ce n’est pas qu’excepté la fortune , il ne réunisse toutes les qualités...
BERTRAND
C’est un garçon très-estimable.
FANCHETTE
Bon, sincère, doux , affable pour tout le monde.
BERTRAND
Monsieur a beaucoup de cohfiance en lui.
FANCHETTE
Madame l’aime de tout son cœur.
GUSTAVE, « part.
Vous allez voir qu’ils vont en faire un parti excellent.
BERTRAND
Mademoiselle Fancbette, ce n’est peut-être pas une si mauvaise idée qui est venue à monsieur. Si elle allait nous conduire.... M. Bonneval ne cesse de me répéter que , quand il a épousé madame , il n’avait rien, absolument rien.
FANCHETTE
En vérité ! Elt ! mais alors . • • • . Ob ! c’est égal ,
4o L'INTRIGANT MALADROIT,
monsieur Bertrand , un simple commis oser prétendre à la demoiselle de la maison !
Cela s’est vu. , \
GUSTAVE
Oui, quand le,^eune homme a un mérite..,.
BEBTRAND.
El certainement ici le mérite ne manque pas au jeune homme.
FANCHETTE
Ah! n’importe, ce serait une folie. '
GUSTAVE
Oui , une véritable folie.
BERTRAND
Pas tant folie , peut-être qu’on pourrait le croire , parce qu'enGn les mœurs , la probité , l’honneur....
'GtrSTAVE.
C'est cc qu’il y a de plus important sans doute.
BERTRAND
Vous voyez j monsieur pense comme moi.
GUSTAVE
Moi ? pas du tout. Je ne dis pas que , sans les préjugés , les convenances... paît.) Parbleu , j’ai jail un beau chef - d’œuvre en mettant ces bonnes gens de domestiques sur la voie.