ACTE I , SCÈNE I
distingue, prôné, recherché , considéré comme un savant en mécanique et en chimie.
^ ' GRIFFARD.
Ils disent', dans le pays , que c’est un homme tout simple , et qui n’aime que le travail et l’obsciirité.,
&ÜSTAVE.
Madame Bonneval , sa chère épouse , est à la tète du magasin et des ateliers. C’est tme de ces commerçantes, de CCS femmes de ménage , actives , entendues , qui mènent leur mari , et 'sont toujours bien aises qu'on reconnaisse en elles la maîtresse de la maison.
; s, Griffard. . - •
C’est juste. '■
GUSTAVE
Elle est fort avide,, fort intéressée , cl cherche , par tous les moyens possibles , à augmcnter'encore sa fortune.
* GRIFFARD.
Ils disent que c’est une bonne femme , sévère pour les paresseux , excellente pour les bons sujets : fort généreuse , mais avec discernement. ‘
GUSTAVE
Quant à la petite fille , j’en suis épris; oh ! mais véritablement épris, comme U convient à un homme d’esprit de se passionner pour une riche héritière qui est jolie. Mais je ne suis pas mal , je crois. C’est bien jeune , bien naïf ; seulement , j’ai vu tout de suite qu’elle était un tant sqi^peu encline à la coquetterie ; qu’elle avait un goût jj^Bé pour les plaisirs et la dissipation , et que par côBIqucnt elle serait enchantée de venir s’établir à Paris. • >
8 L’INTRIGANT maladroit,
Eh bien ! je l’aurais cru modér^ dans ses goûte , fort laborieuse , aimant à s’instruire , etne voulant pas quitter ses parens , niéme en prenant un mari.
GUSTAVF.
Il y a un ami ihtime de la maison , en qui tout le monde paraît avoir confiance , le jnge de paix du lieu , monsieur Boür ville. ’i '
• GRIFFARD.- ^
Oh ! c’est un homme de mérite , le parrain de la fîlie. On. le dit juste , humain , un peu goguenard. C’est un ange. consolateur pour.les honnêtes gens dans la peine ; c’est un diable acharné contre les vagabonds , les vauriens , les fainéaus; il me fait, peur. El il doit s’y connaître 5 c’esi nn ancien avoué de la ville voisine.
• GUSTAVE
Il n’est pas riche ; donc il aspire à le devenir. Du reste, homme fort ordinaire. Un avpué qui n’a pas fait fortime est un sot. ‘ .
. GRIFFARD.
Et que dites-vous de M. Ernest?
GUSTAVE. '
Qu’est-çe que c’est que M. Ernest ?