SCÈNE VIII
GUSTAVE , GRIf’FARD.
Eh bien! monsieur Gustave ?
GUSTAVE
Eh bien !
GRIFFARD.
La déclaration?
GUfiTAVE.
Ah ! oui , la déclaration.
GRIFFARD.
Vous n’y êtes pas encore ? Je venais vous dire qu’en causant avec un bon enfuit qui travaille dans la manufacture, j’ai tout découvert. Ces mystères , ces cachoteries , qui vous ont cfTrayé , c’est pour une fête qu’on prépare à M. Bonneval. Il n’y a pas d’amour.
GUSTAVE
Eh non ! de par tous les diables , il n’y en avait pas; il y en a maintenant , et les voilà réellement amoureux, par suite de mes questions au valet et à la servante.
Ah diable ! c’est fâcheux ; mais au moins vous avez déclaré votre passion au valet et à la servante. C’est quelque chose.
GUSTAVE
Pas du tout ; je les ai trouvés tous les deux pleins de zèle et de tendresse pour mon rival.
L’IMRIGANT MALADROIT,
• GRIFFARD.
Quoi ! les valets eux-mèmes ne sont pas encore dans votre conCdence ! Mais savez-vous, monsieur , que vous reculez, au lieu d’avancer.
GUSTAVE
Crois-tu que cela me décourage , que cela me déconcerte Non , morbleu ! Ah ! ce vieux radoteur de Bertrand , et cette petite sotte de Fanchette , veulent tout confier aux parens. Allons , < ’est un devoir pour moi d’empêcher une pareille mésalliance. Oui, l’honneur de la famille , l’intérêt même de cette jeune fille ,
me prescrivent un mariage qui serait réellement
très-faclieux pour eux, pour moi, pour mes créanciers : de l’adresse , de l’éloquence ; mais qu’en est-il besoin ? I.eur intérêt , leur orgueil , leur ambition , me répondent (ju’ils vont tonner contre ce ridicule amour, et chasser l’impertinent jeune homme !....
GRIFFARD.
Le chasser ! ah ! ce serait dommage.
GUSTAVE
Ah ! il faut qu’on se conduise bien avec lui , qu’on le place ailleurs 5 je serais fâché que ce petit amant , qui , après tout , est assez inféressant , se trouvât malheureux, abandonné. Moi-môme , je ferai tout pour lui. Voici le père : laisse-moi.
GRIFFARD.
. Allons, le voilà encore qui me rassure.
C li sort. )