‹ L'intrigant maladroit, comedie en trois actes et en prose, representee sur le second TheatreFrancais le 27 decembre 1820;Chapitre 41 sur 81 · GUSTAVE, BONNEVAL · texte numérisé non relu

GUSTAVE, BONNEVAL

BONNE VAL

Ail ! c’est vous , mon cousin ? Eli bien ! voilà l’heure où l’on se réunit. Où est donc tout le monde ?

GÜST.AVE.

Je n’ai encore vu personne.

BONNEVAL

Qu’est-ce ? Vous avez l’air rêveur .i*

GUSTAVE

Et peut-être vous-même allez -vous avoir sujet de rêver ^ mon cher cousin , quand vous saurez ce qui m’occupe.

BONNEVAL

Vous m’alarmez! ^

GUSTAVE

Il est des devoirs pénibles à remplir ; ils ont quelquefois une couleu/^i'odieuse ; mais l’intérêt qu’on porte à ses amis , à sa famille , exige impéneusement qu’on surmonte sa répugnance. Que pensez-vous de ce jéune Ernest, que vous avez pris pour votre commis?

BONNEVAL

Tout le bien qu’on peut penser de quelqu’un. Il est aussi habile, aussi intelligent , que zélé, dévoué, reconnaissant.

GUSTAVE

Il le dit, et il le paraît 5 mais ses mœurs , sa conduite ?

BONNEVAL

Il est rangé , délicat, animé des meilleurs sentimens.

GUSTAVE. '

Et vous le voyez sans crainte habitant la même maison que votre fille ? Et vous n’avez jamais pensé qu’il pourrait aimer votre demoiselle ?

boSneval.

Âimer ma fille ? Ernest ? Oh ! non.

GUSTAVE. ’

Moi, qui ne suisicj que d’hier soir, j’ai vu tout de suite ce que vous n’aviez pas vu. ,

BONNEVAL.'

Comment ? '

GUSTAVE

Quand à quelque esprit naturel, on joint l’expérience et la connaissance du monde

BONNEVAL

Enfin, qu’avez-vous découvert ?

GUSTAVE

Qu’Ernest est passionnément amoureux de mademoiselle vôtre fille.

BONNEVAL

Allons donc.

' GUSTAVE

11 l’avoue lui même.

Il l’avoue ?

BONNEVAL

GUSTAVE

Entraîné par une conversation que nous avions ensemble , il n’a pu me cacher

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