GUSTAVE, BONNEVAL
BONNE VAL
Ail ! c’est vous , mon cousin ? Eli bien ! voilà l’heure où l’on se réunit. Où est donc tout le monde ?
GÜST.AVE.
Je n’ai encore vu personne.
BONNEVAL
Qu’est-ce ? Vous avez l’air rêveur .i*
GUSTAVE
Et peut-être vous-même allez -vous avoir sujet de rêver ^ mon cher cousin , quand vous saurez ce qui m’occupe.
BONNEVAL
Vous m’alarmez! ^
GUSTAVE
Il est des devoirs pénibles à remplir ; ils ont quelquefois une couleu/^i'odieuse ; mais l’intérêt qu’on porte à ses amis , à sa famille , exige impéneusement qu’on surmonte sa répugnance. Que pensez-vous de ce jéune Ernest, que vous avez pris pour votre commis?
BONNEVAL
Tout le bien qu’on peut penser de quelqu’un. Il est aussi habile, aussi intelligent , que zélé, dévoué, reconnaissant.
GUSTAVE
Il le dit, et il le paraît 5 mais ses mœurs , sa conduite ?
BONNEVAL
Il est rangé , délicat, animé des meilleurs sentimens.
GUSTAVE. '
Et vous le voyez sans crainte habitant la même maison que votre fille ? Et vous n’avez jamais pensé qu’il pourrait aimer votre demoiselle ?
boSneval.
Âimer ma fille ? Ernest ? Oh ! non.
GUSTAVE. ’
Moi, qui ne suisicj que d’hier soir, j’ai vu tout de suite ce que vous n’aviez pas vu. ,
BONNEVAL.'
Comment ? '
GUSTAVE
Quand à quelque esprit naturel, on joint l’expérience et la connaissance du monde
BONNEVAL
Enfin, qu’avez-vous découvert ?
GUSTAVE
Qu’Ernest est passionnément amoureux de mademoiselle vôtre fille.
BONNEVAL
Allons donc.
' GUSTAVE
11 l’avoue lui même.
Il l’avoue ?
BONNEVAL
GUSTAVE
Entraîné par une conversation que nous avions ensemble , il n’a pu me cacher