ACTE 111; SCÈNE XI
de son départ : mais ne lui prêtons pas des motifs injurieux ; les siens «ont nobles, purs, honorables. Bertrand , eh vite ! mon cabriolet 5 qu’on selle deux chevaux : il faut aller sur plusieurs routes.
M””. BONNEVAt,.
Oui , pars, pars, mon ami. Mais quels peuvent être ses motifs ? '
BONNEVAL
Sa lettre est claire , positive , et ne dément pas son caractère éprouvé depuis son enfance. Parce qu’il est sans fortune , il ne se croit pas digue de ma fille ^ il se reproche la passion dont il est atteint pour elle il craint d’abuser de notre amitié pour lui. Soit que cela vienne de son propre mouvement, soit qu’il ait été entraîné par des insinuations étrangères , c’est une délicatesse exagérée, mal entendue, qui le force à s’éloigner.
GUSTAVE, ■ luri.
Rien ne leur échappe. Voilé un départ qui ne le rend que plus intéressant» ‘
' M“'. BONNEVAL
Tu croirais....
BONNEVAL
J’en suis sûr. Ernest, mon cher Ernest ! qui me fuit, qui m’abandonne ! Ma femme , ma chère enfant , voilà un incident qui me décide. Il est impossible que nous ne le retrouvions pas. Tu me pressais d’accomplir nos projets : je résistais ; je voulais attendre. Nous n’atten- • drons pas : et pour qu’il ne nous échappe plus , jç le marie sur-le-champ à Cécile.
GUSTAVE, i part.
11 est écrit que je n’imaginerai rien qui ne tourne à son avantage.
BONNEVA L.
Oui , oui , mon enfant , nous savons tout. Tu peux te dispenser de laire ta confidence à ta mère. Tu l’aimes. C’est par amour , par reconnaissance qu’il nous fuit. Je l’en estime encore plus , et je vous marie.
M”*. BON NE VAL
Ce sera très-bien fait. .
CÉCILE, '
Quoi? mon père... '
GUSTAVE, i part.
Heureusement la calèche a de l’avance sur le ca-
briolet. , .
CÉCILE
Mais il est déjà loin.