‹ L'Introduction De La Langue Française En Béarn Et En RoussillonChapitre 5 sur 9 · Arch, B. Pyrénées, E · texte numérisé non relu

Arch, B. Pyrénées, E

vént le béarnais jusque vers 1640, et à Oloron, où les délibérations ‘ sont rédigées pour la première fois en français le 17 janvier 1656, et admettent çà et là le béarnais ultérieurement, Où, en 1677, une ordonnance sur les vendeuses de fruits est encore en franco-béarnais.

Dans les campagnes, aucune communauté ne tient compte

de l’édit royal : il est considéré comme nul et non avenu; le

français s’introduit, mais le béarnais y persiste jusqu'au XVIII siècle, parfois jusqu'aux abords de la Révolution.

Voici un relevé, par ordre alphabétique, de nos sondages.

1.— Communes qui renoncent au béarnais avant 1700.— ABÈRE, le registre de décès de 1599 est en français. — Ac- -COUS a un terrier du XVII° siècle, français ; les Re de l'état civil sont en béarnais jusqu’en 1682; le français s’introduit alors timidement, et il est généralisé à la fin de l’année. — AGXOS a un censier de 1703 en français. — AN- DOINS a un terrier français du XVII° siècle, les actes de baptême sont en français en 1659. — ANOYE a des délibéra: tions dépareillées (BB1) qui sont en béarnais en 1685; au XVIII" siècle, elles sont en français ; les comptes, également dépareillés, sont en béarnais jusque vers 1706 7, — ANGAIS a des fragments de délibérations (BB1) qui sont en béarnais encore en 1691 ; il y en a une, en français, de 1689, et plusieurs après 1697 ; des états cadastraux du XVII° siècle non datés (CCI CCz2) en béarnais; en 1736, 1756, les rôles de taille sont en français ; les autres séries comprennent des actes notariés divers, surtout des ventes et des sentences arbitrales depuis le XVI° siècle, qui sont toutes en béarnais

1 Areh-com. d'Oloron. BB:2, fol: 237 vo.

19 J] y a même aux archives d'Anoye, un acte de vente de 1715 eu béarnais.

50 Le rôle de 1736 a encore des annotations en béarnais,

jusqu’en 1690 “ ; le béarnais est très rare par la suite, mais apparait encore en 1759 pour une vente de glands faite par la communauté: la pièce la plus significative se trouve dans le registre BB1: c’est, en béarnais, un acte de syndicat entre les communes de Bénéjacq, Bordères, Lagos, Beuste, Angais, Boelh, Mirapeix (1680): ainsi en fin XVITI° siècle,, l’idiome local sert toujours dans les relations administratives entre gens du pays. — ARESSY a des registres d'état civil depuis 1652 en français (GG1). — ARUDY a des délibérations, en béarnais, encore en 1685, mais en 1691 elles sont en français. — À ASsox, les délibérations commencent, en 1680, en béarnais : le français apparaît pour la première fois le 8 août 1683, et jusqu’à la fin du registre, alterne avec l’idiome; pourtant, c’est toujours le même secrétaire qui tient la plume: Île registre BB2 qui commence le 27 septembre 1687 est entièrement français.Les comptes de gardes, de 1675 à 1704“, sont entièrement en béarnais, rôles de dépenses, ordres de paîments des jurats, quittances ; on ne trouve en français que des rôles de dépenses pour l’église, en 1683 et en 1704. Après lacune, les comptes reparaissent en 1717 en français (CC 28). Le registre de l’état civil commence, en août 1618, en français, au moment même où l’église est rendue au culte catholique (GG1). — A Bars, les délibérations conservées s'arrêtent en 1673, et sont en béarnaïis ; pourtant sur la première feuille, à la date de 1660, SN A ‘une annotation en français. L'état civil débute en 1639 en français (GG1); on trouve encore en français, des actes de notaires de 1632, 1650, etc... — A BERENX, les registres de l’état civil commencent en français, en 1639, et quelques actes antérieurs, retranscrits à cette date, laissent voir que le français était déjà employé en 1622. — A BE-

81 Voir CC 3 ét DD 2. Arch. com. d’'Angais, OGC EeCES7 Arch. com. d’'Asson,

AT

THARAM “, le français paraît précoce: des statuts de 1632,

des actes notariés et des quittances entre 1634 et 1658, des comptes de 1647, sont en français. — À BIELLE, le cadastre

de 1682 est en français, les registres de l’état civil sont en

béarnais jusqu’en 1668, et français ensuite. — A BizAxos, les délibérations sont en français à la fin du XVI[° siècle. —-

À BRUGES, la première délibération du registre BBr (9 no-

vembre 1672) ‘", est en français ainsi que les suivantes: ce

registre contient pourtant une mise aux enchères, et un

censier en béarnais. Les comptes des gardes depuis 1598

jusqu’en 1693 sont en béarnais ®; après lacune, ils repa-

raissent en français en 1718. Les comptes des marguilliers

rédigés par le scribe communal sont en béarnais jusqu’en 1694, en français à partir de 1696; il est probable que la

substitution a dû se faire simultanément à La mairie et à la

fabrique. On a conservé dans cette commune une suite de

quittances émanant des régents: en 1509, 1600, 1604, 1608,

1615, elles sont en béarnaïs ; en 1613, en 1618, en 1621, elles

Sont en français; et, toujours par la suite, des suppliques adressées aux jurats, pour la fête locale, pour une pasto-

rale, etc., qui semblent écrites par les régents, sont en français : il est curieux que les administrés semblent préférer le français bien avant les organes municipaux. Les registres de l’état civil débutent (GG1) en 1624, ils sont en français *. — À DENGUNN, à Escos, à GAw, les registres d’état civil sont en français dès le milieu du XVIT° siècle. — A GARROS, les délibérations de 1615 à 1662 sont en béarnais; le registre

88 D'UBARAT, Doc. sur PBetharam.

54 Sur des feuilles éparses non classées, on trouve des fragments de délibérations de 1668 ct 1671 déjà en français.

Arch; Pruges. CC4et:CC)0.

86 Les renseignements concernant Bruges et Asson ont été complé. tés grâce à la complaisance d’un érudit local M. l’abbé Laborde,

suivant (BB 3) est rédigé sans ordre ni suite et il est commencé des deux côtés. Des indications relatives aux taxes sont en béarnais jusqu’en 1689, en français ensuite. Les délibérations proprement dites sont rares; une de 1706 est en béarnais lequel disparait ensuite complètement. Dans la comptabilité le béarnais est employé tout le long du siècle, très corrompu vers la fin. Le premier texte français paraît être un rôle de capitation (1704), à la suite duquel le béarnais disparaît complètement. Toutes ces écritures sont mal tenues, et les textes enregistrés sont pèle-mêle, mais, au XVIII: siècle, le français y est d'emploi général. — GELOS a un terrier français de 1674. -- À LEMBEYE, les délibérations commencent (BB1) en 1675 avec une rédaction française : une fois, le béarnais reparaît le 24 août 1679. Le au a du être employé encore plus tôt: un cahier qui semble être un recueil fait en vue d’une procédure (sans date) contient une note en français de 1654 signée par les jurats. L'état civil catholique est en français au milieu du XVIT° siècle. — À LESCAR, le censier de 1643 est en béarnais, mais les annotations de l’année 1672 sont en français: les délibérations conservées au dépôt départemental remontent à 1770 et sont en français. Les actes de l’état civil commencent en 1610 (GG1) en béarnais, le cahier de 1618-1619 est en français, ainsi que les suivants : seul celui de 1627-1628 est en latin.— Luco-ARMOU possède un censier de 1653 (CC:1) qui est en français. La comptabilité de l’église, de 1616 à 1645 (CC. 6, CC7) est en béarnais: on y a ajouté un récolement de comptes (1660) qui est en français. — À MorLaAs, le français apparaît dans les délibérations vers 1639, mais beaucoup plus tard dans les comptes et registres de la taille ; entre 1655 et 1660 dans les actes de l’état civil. — MONTANER a un terrier français de 1661. — A CLaRAG-NaY ‘7, (AAï) un

87 Rappelons que le registre (GG) de l’état ciwil catholique commence en 1612 en français.

SU RP Pts RO 2 ONE CORRE

Cartulaire du XVI siècle, un recueil de privilèges et d’or-

donnances de police (AA3) qui va jusqu’en 1620, sont en

béarnais. Les délibérations sont très clairsemées, quelques extraits, 1635, 1644, 1684, sont inclus dans des dossiers et

en béarnais (FF1); d’autres, réunies en recueil, sont du

XVIII° siècle, et en français. Les autres séries renferment des documents variés, en béarnais, en particulier des registres de notaires de la fin du XVI° siècle (1580-1585,— FF 7), et des pièces de procédures (série FF). Ultérieurement le français devient usuel dans les documents de cet ordre: pourtant en 1671 un acte fait à la réquisition des marguilliers de Nay (DD 10) est en béarnais, ainsi qu’une enquête’ non datée sur les landes environnantes (XVIT® s.) : à la suite de celle-ci (FF4) quelqu'un a recopié d’une écriture soignée des vers français. Une quinzaine d’inventaires, sur les titres, sur le mobilier de l’église et de la commune, entre 1620 et 1666 sont en béarnais, on en trouve ensuite en français, de 1672 et 1676 (II 64). Enfin une série de mandats et acquits pour l’église (DDro) de Pannée 1683, est en français: ici la substitution de langue paraît accomplie dans les textes écrits après 1670. — A NAVARRENX, les actes de l’état civil commencent en 1627 en français, et le français apparaît de même, au milieu du XVII siècle, dans le Livre Vert. — A Poxsox-DÉssus, la série la plus riche (CC) comprend des censiers : le premier, (CC1) non daté, (fin XVIT°) est en pur béarnais ; une copie (CC 2) en existe traduite en français. Un autre de 1705 (CC 3) est en français, sauf quelques articles, et les mentions marginales « pagat ». Les rôles de la taille (CC 5 et suivants), 1711, sont en français. Le recueil (CC4) comprend des actes en majorité béarnais: quelques reçus de Jeanne de Gassion sont en français. Les séries DD et FF, prouvent la persistance du béarnais jusque vers 1680. — À PoEy, les actes de baptême sont en français en 1630.

— À PoxraCo, les délibérations sont en béarnais jusqu’à fa révocation du secrétaire Sansarroy, 4 mars 1668; le béarnais reparaît momentanément en 1670 pour disparaître tôt après. — SALIES a une portion de ses habitants assez tôt francisée puisque l’état civil des protestants commence en 1572 en français, et le béarnais qu’on emploie est déjà contaminé vers 1587 (règlement de la Fontaine); à SAUVETERRE de même, les comptes conservent le béarnais jusqu’au milieu du XVII siècle, mais les infiltrations françaises sont très sensibles dès la fin du XVI°. — SEMÉAC et SEVIGNAC ont des registres d'état civil depuis le milieu du XVII* siècle en français.

2° — Communes qui conservent le béarnais après 1700.— AB0OS: Les délibérations en feuilles de 1736 sont en béarnais ; en 1738, elles sont en français : un retour du béarnais se constate en 1749; mais, après 1751, celui-ci disparaît. Les comptes du X VIT siècle, de 1643 à 1745, sont écrits dans un béarnais parfois assez pur, souvent contaminé (CC3 à CC). Les quittances annexées sont pour la plupart en français: ainsi la population aurait de cette langue une connaissance plus répandue que la rédaction des comptes ne le laisserait croire. Le registre CC6 commence en 1746, dans le même style, et on trouve pour l’année 1760 des reçus encore béarnais. En 1771, le livre de dépenses est en français, et aussi les suivants. Les séries DD et FF contiennent des actes notariés nombreux du XVII siècle, avec des attestations et des certificats en béarnais jusqu’après 1690 *. La série GG contient des actes divers relatifs à la cure, du XVII siècle,

88 FFr, Une copie d’acte ancien en béarnaïs, est accompagné d’une attestation notariée de 1693 encore en béarnais. « Extregt de la grosse éscriute en pargamy signade de Lanne per my pierre de la borde notary public de labastide... l’anneye presente mille sieys cens nonantc et tres a talles fins exhibide et retirade per M. Arnaud Guillem de la fargue de la bastide.. » On voit que les notaires n’ont pas encore, à cette date, renoncé au béarnais.

en français. — ARROS à une série de pièces comptables et cadastrales assez complète: un registre de comptes-rendus par les « gardes » (CC1) qui s'achève en 1682, est béarnais ; deux registres cadastraux, avec des mentions, et des actes comptables, qui s’échelonnent entre 1662 et 1726, sont en béarnais **. Plusieurs rôles de tailles (CCS), 1701, 1736 ces sont en béarnais ; les suivants, 1752, 1754, 1770 sont en français. Les registres de la paroisse commencent en 1603 et sont en français. — À ARTIGUELOUVE les délibérations sont rédigées en dialecte jusqu’en 1733: après une lacune, elles reparaissent en français en 1779. — ARTHEZ conserve des délibérations depuis 1386 en béarnais (BB1), et la première en français est du 25 février 1688. Dès 1652, la langue est fortement francisée : « lo trente de may aneye sus dite en la maison commune segon la resolution prise lo jour de ier de Soy troubar assemblatz » (BB3s fol. 370). C’est le plaisir de ne pas parler français ! Des prospectus imprimés en béarnais et envoyés de Pau y sont insérés : ce sont des ordres à payer la part des tailles (1658, 1077) émanant peut-être des Etats ”. D'autre part en 1677 (BBS8) une lettre du seigneur de Lons et la réponse des jurats sont en français. Ainsi s’affirme, malgré la possibilité d'employer le français, l’attachement à la langue du pays. Le registre BBr6 est toujours béarnais, mais le français gagne ; après 1688, il apparaît çà et là, mais ne devient courant qu’à partir du 16 juillet 1696. Toutefois les ordonnances de police, et surtout le procès-

89 « Libre de la perche de las terras contengudes au terradour d’Arros et bourdalat », — commencé en 1662 — (CC3).

0 « Rolle de la taille deu Rey ct charges extraordinaris de l’anade 1736 feit per nous jurats deputats et guardos d’Arros, coutisade et regalisade... » (CC 5).

‘1 Aucune indication relative à l'expéditeur.

* sont encore en béarnais et cela jusqu’en 1730. (BB 11). Le livre terrier de 1726 est en béarnais ; un autre non daté, de quelques années postérieur, semble-t-il, est en français (CC 1, CC 2): = A AYDIUS, en LS pleine montagne,les délibérations sont en béarnais au XVII°

verbal solennel du 1* janvier

siècle, mais il y a des lacunes jusqu’en 1763 où elles sont en français *. Les comptes sont en béarnais assez pur jusque vérs 1738; à ce moment le français intervient souvent ; il élimine l’idiome local en 1762. Un livre des Biens des habitants d’Aydius de 1774 est en franco-béarnais *. Enfin un registre sans côte renferme des piècès diverses, prises encharge, extraits de délibérations, résumés de comptes, en béarnais jusqu’en 1750, en français après cette date *. — A Boumourr, les délibérations et les comptes mêlés dans la série CC, sont en béarnais jusqu’en 1725; à partir du 28 mars, ils sont toujours en français. Le registre CCr est une sorte de matrice cadastrale de la fin du XVIT° siècle en béarnais, dont les annotations marginales se prolongent, toujours en béarnais, jusqu’en 1737; le registre CC2 est un document du même ordre, en 1747, en français *. — A . CauBios ”, la série CC contient des actes notariés écrits en béarnais jusqu’à la fin du XVII° siècle, mais des reçus y épinglés sont en français ; le registre CC 3 (1716-1785) con- DC Comparer le procédé inverse Gé nous avons signalé en Provence: au milieu du XVIe siècle, à Saint-Michel de Forcalquier, à

Rians (Var), on abandonne le provençal pour le français dans le procès-verbal de la séance inaugurale de l’année.

** Je n'ai trouvé que les registres BBr et BB3; le BB2 doit existér quelque part; je ne l’ai pas trouvé: ce.serait le plus intéressant.

% Non coté. — Extrait: « Item une pesse de terre ou la mediche lanne aperade camlong estimade la somme de trente francs »,

te Les registres de l’état civil (GG1) ne commencent qu'en 1753 êt sont en français.

5 Les registres de l’état civil (1736) sont en français (GGr et sqqs).

°7 Les délibérations ne commencent qu’en 1793, en français.

tient des comptes, des états de ventes de bois, dont le titre est français, et le texte béarnais. Les procès-verbaux des comptes rendus par les trésoriers sont en béarnais * jusqu’en 1781, ensuite en français. Les séries DD et FF contiennent des actes béarnais du XVII et, dans une procédure, on relève encore une déclaration béarnaise de 1711 *. Les registres d’état civil (GG) débutent le 7 janvier 1692 en français. — À JURANÇON, les délibérations sont en béarnais jusque vers 1580 ; de là, à 1687, les deux langues alternent, puis

le français triomphe définitivement. Le censier de 1704 est

encore en béarnais, mais l’état civil du X VIT siècle est français. — A LAMAYOU, on trouve une transaction du 13 avril 1678 entre les communautés béarnaises et celle de Vic-Bigorre au sujet de pacages: l’acte, dressé par un notaire de Vic, a l'instrument en latin et les clauses en béarnais (DD). Une sentence arbitrale du Sénéchal de Bigorre entre les communes de Peyraube, Samonzet, Mongaston et Lamayou etc…, d’une part, et. le fermier du péage de Vic-Bigorre d’autre part, 1597, est en français (FF2). Une transaction de 1630 entre Vic-Bigorre et quelques-unes des susdites communes (DD 2) est aussi en français. La nécessité de régler des affaires avec des voisins de Bigorre francisés a donc pu provoquer, à la limite du Béarn et des terres royales, l’introduction du français. En fait, cette infiltration paraît précaire et,comme partout,le béarnais reste longtemps la langue municipale, jusque vers 1682, semble-t-il, dans les

58 En l’année 1781, an rendut lous comptes de goardes..., etc.

% FF 2. Nous, Arnaut de aribere et Jean de daisse de Soubaignon declaram ce que pierre de Laplassette de Soubaignon nous a dit que ses transportat en la maison de. (?) de Uzein per es estimat las (?) la deminussion de las ouilles de Cassou et Moulié de Caubios qui eren estades preses per la comunautat d’Uzein ab Pardies de Los et abem estimat la dete deminuisiou la somme de doutze liures et abem signat,

Le

délibérations *”*, jusqu’au XVIII siècle, dans le terrier de la « vesiau » ” tions ou des notes marginales en béarnais : dans les comptes, 11 y a des comptes rendus béarnais en 1736 (CC 2)eten 1752 (CC4); on trouve le français ensuite. Les rôles d’impôts au milieu du XVIII! siècle sont français. La série de l’état civil commence en 1648 en français ?. — A LARUNS, les recueils de la série AA et de la série BB renferment des délibérations toutes en béarnais au XVII siècle, et dans les deux premiers tiers du XVIII°. À partir de 1769, quelquesunes sont en français; après 1770, le français se multiplie, mais il n’évince le béarnais que dans le registre de 1789 (BBo). Les pièces de comptabilité très importantes, avec des rôles de tailles, qui sont conservées jusqu’en 1769 (CC 145), sont rédigées exclusivement en béarnais. Les registres de baptêmes (GG1), qui commencent en 1678, sont écrits en béarnais jusqu’en 1682 : ensuite le français apparait quelquefois : il y a deux rédacteurs, le curé Tristan, qui préfère le français, et le prêtre Fourcade qui préfère le béarnais ‘": cette alternance n'existe pas dans les actes de mariage. Le

second registre GG2 (1686) ne connaît plus que le français.

La part du français est nettement circonscrite aux rapports avec le pouvoir et à la procédure, comme il apparaît aux pièces innombrables des dossiers formant la série FF: là

100 Tes délibérations et les comptes sont conservés en fragments dépareillés, et en désordre: de plus, la communauté était constituée de plusieurs agglomérations, dont les principales étaient Lamayou et Mongaston. Une délibération de 1772 dit: habitans desdits lieu de peiraube, samonzet, Lamajou et mongaston composant la meilleure partie de la communauté... BBr. Les archives sont mêlées.

101 Titre exact: « Terrier de la vesiau de Mongaston ». 102 Sauf le titre GG7: « Registre des Baptizats ».

193 Mais chacun d’eux use à l’occasion de l’autre langue.

", (CC1), qui, encore en 1786, porte des addi-

l’emploi du béarnais ne dépasse guère 1620 *. En contraste, la masse des documents relatifs aux Bains d'Eaux- Chaudes, devis, dépenses, réparations, qui vont jusque vers 1770, et dont la majorité concerne les années 1730-1770, prouve d’une manière incontestable, que, dans les relations locales, l’idiome béarnais n’a rien perdu de ses prérogatives jusqu'aux approches de la Révolution ‘*.— A LEEs- ATHAS, les délibérations sont en français, à partir de 1764, tandis que le français est employé dès 1662 dans les actes d’état-civil. — À MouMouR, les délibérations ne commencent qu’en 1780: elles sont en français ; les comptes conservés de 1668 à 1703 sont en béarnais, une quittance de 1733 est encore en béarnais (CCI). — A MoxTSÉGUR, les délibérations ne sont conservées que depuis 1772, elles sont en français. Un censier du XVI siècle, avec des annotations ultérieures (CC 1) est béarnais. Les comptes (CC 3 et CC 4) sont béarnais au XVITI® siècle; le premier cahier où l’écrivain essaye de rédiger en français est de 1725; ultérieurement, c’est le français qui est employé. —- À Osse, les délibérations et les comptes sont en béarnais jusqu’au milieu du XVIII siècle. — A Parpies **, les délibérations ‘‘? apparaissent en béarnais en 1721, en français en 1722, en béarnais, fin 1722 et en 1723, de là à 1730, plutôt en béarnais, mais quelquefois en français. Après 1730, elles sont en français. Les comptes, au XVII siècle, sont en français, et aussi pendant une partie du XVIII, sans qu’on puisse, vu le

LOS MR MERS ONDES are lonme trouve ques du français (XVIIe et XVIIIe siècles).

NE Voir de GG8 à GG16; mais c’est surtout dans la série DD (DD 7 à DD 23) qu'on trouve des pièces portant Sur le milieu du

XVIIIe siècle. Dans DDz21, on trouvera même pour cette époque, un traité en béarnais, avec uac vallée du Haut-Aragon.

106 Près Monein.

107 BBr.,

désordre des liasses, fixer une date . Des liasses de man- ‘dats (CC 4) sont en béarnais et même encore en 1760. Des « Rolles de Taille » de 1727 et 1728 sont en béarnais; en 1720, il y en a un français. Un livre de raison (CC7) où sont incluses des pièces très diverses (listes de livraisons de vin, 1678, des actes notariés, un rôle de foin vendu, 1715, des états de journées payées à des ouvriers, 1721, des comptes, etc.), qui semblent se référer au château de Pardies, est rédigé en béarnais. Dans les autres séries, à côté de requêtes en français (XVII® siècle), on trouve une.procédure faite à Pau en 1650 par devant M. d’Amade, conseiller du roi, qui est en béarnais (FF2). En 1763 encore, un compromis passé par la communauté à propos de la boucherie (FF3) est en béarnais. Les archives ecclésiastiques conservent des actes relatifs à l’église, quelques-uns notariés (1684- 1707) en béarnais. L'état civil ne commence qu’en 1773, en français. — À PEYRELONGUE, les archives ne conservent que des pièces éparses, elles sont en béarnais au XVII siècle, même l’état civil dont le seul registre survivant est de 1637- 1646. Peu de documents pour le XVIII* siècle: un rôle d’impôt de 1706 est encore béarnais (FF1).

Les vallées béarnaises de Baretous et d’Ossau formaient chacune un syndicat, c’est-à-dire une association de commu nes qui s’administraient collectivement : le béarnais est la langue officielle de ces syndicats.

Celui de Baretous comprend Aramitz, Arette, Issor, Lannes, Ance, Feas. C’est en béarnais que sont rédigés les règlements généraux de la vallée, en 1645, et aussi le « casernet de la court des jurats de Baretous (1655), registre des

1% J'ajoute que les documents municipaux provenant de ce village sont mélangés, confondus. m'a-t-1l semblé, avec ceux d’un village homonyme Pardies, près Nay. Comme les liasses n’ont ni couvertures, ni indications d'aucune sorte, je mé suis trouvé très embarrassé pour opérer un classement.

arrêts judiciaires émis par la jurade (FF 1). En 1733 encore

__un acte commun à Arette, Aramitz et Issor est en béar-

naïs °°. La comptabilité, (recettes, dépenses, acquits, rôle de fournitures, ordonnancements, etc.) est toute en béar-

nais, au moins jusqu’en 1743, époque où s'arrête la série

(CC 1 à CC 3). On voit quel est l’usage officiel de la vallée. Pourtant le français est connu auparavant. Une délibération d'Aramitz ” (BB 1) de 1701 est en français; les registres d'état civil d’Issor (1633), de Feas (1692), de Lannes et de Feas (au XVII siècle) sont en français (GG1).

Dans la vallée d'Ossau, les-actes et cartulaires forment une Collection magnifique de textes béarnais jusqu'au XVII° siècle”. À partir de 1620, les requêtes adressées à Pau sont en français, mais l'usage du béarnais persiste pour les affaires de la vallée. Les délibérations des assemblées ossaloises qui se tiennent à Bielle sont toujours en béarnais jusqu’en 1712: à part quelques pièces disparates (1693, installation du maire de la vallée) le français n'apparaît dans les procès-verbaux que le 12 septembre 1712 (BB 4). Le béarnais revient l’année suivante ; le 19 novembre 1714, retour du français ; d'avril 1715, jusqu’au 30 mai 1766, le béarnais est à peu près exclusivement employé. Dès lors, nouvelle période de flottement, avec prépondérance du béarnais de 1769 à 1771, puis du français pendant l’année 1772. Le registre BB7, qui commence le 29 décembre 1772, est entièrement français, ainsi que les suivants. Dans la comptabilité ‘”’, le béarnais règne jusqu’en 1768, souvent contaminé: c’est la langue des comptables en fonction; mais le public sait et souvent préfère le français. En marge des rubriques dépenses, il y a des acquits et des annotations des

199 Arch. d'Aramitz (DD MÉSÉTes AA SCC CCS: 0;

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