MONOGRAPHIES GRÉGORIENNES
1" Triple notation de l'Introït In medio (i).
Cette triple notation se trouve au Tableau I hors page.
t. — Première ligne. Notatioti vaticane absolument exacte.
2. — Deuxième ligne. Notation neumatique sangallienne. Les signes mélodiques et rythmiques ci-transcrits sont le résultat, la somme des travaux comparatifs faits sur l'ensemble des manuscrits complets de l'Ecole de Saint-Gall qui sont ici à notre disposition.
3. — Troisième ligne. Notation solesinienne. Elle reproduit les notes et les groupes de l'édition vaticane; mais, en vue du commentaire qui suit, elle se rapproche le plus possible de la notation modèle de Saint-Gall. Cependant, lorsque le texte officiel s'écarte mélodiquement de ce modèle, la transcription des codices sangalliens est reportée au bas de la page.
2" Notes sur le texte littéraire.
4. — In medio Ecclesiœ... iiAu vnlieu de l'Eglise^ le Seignet/r lui a oui'ert la bouche et Va rempli de F esprit de sagesse et d'' intelligence ; il l'a revêtu d'un manteau de gloire. y)
C'est l'application faite à l'Apôtre et Évangéliste S. Jean d'abord, puis aux Docteurs de l'Église, d'un passage du livre de V Ecclésiastique, XV, 5 : Et in medio ecclesiae aperiet os ejus, et adimplebit illum spiritu sapientiae et intellectus, et stola gloriae vestiet illum.
La place habituelle de l'introït I/i tnedio, dans les anciens monuments liturgiques, est au 27 décembre, à la seconde messe de S. Jean.
Le texte est constant dans les manuscrits grégoriens, sauf la variante stola pour stolam que l'on trouve dans certains, variante qui n'a produit aucun changement dans la mélodie.
(l) Une étude plus développée a été publiée sur ce même introït dans la Paléographie musicale, t. X. La présente Monographie en est un abrégé.
MONOGRAPHIES GREGORIENNES.
3° Notes sur le texte mélodique.
5. — La mélodie de \ In medio se trouve dans les plus anciens manuscrits — IX^-X'' s. — et toujours la même.
Celle du double Allèlma pour le Temps Pascal est empruntée à l'introït Quasi modo. Nous ne dirons rien de la psalmodie; un travail spécial lui sera consacré.
4" Notes sur quelques groupes neumatiques.
6. — Strophicus 2, 8, 10, 38, 53. La notation solesmienne, en guise de commentaire, rétablit la forme en usage à Saint-Gall. Ainsi il n'est plus possible de confondre les strophicus avec les pressais, les hivirgas ou les oriscus. ce qui arrive sans cesse.
7. — Clivis 39, 54. Un espace blanc a été ménagé, dans notre notation, entre la distropha et la clivis, à cause de la répercussion qui s'impose toujours sur la première note de ces deux clivis.
8. — Oriscus 19. La forme spéciale que nous lui donnons, et qui se rapproche de la forme sangallienne, renseigne de suite sur la nature et la valeur de cette note qui est légère.
9. — Saliciis 30, 35. Dans ces groupes, l'appui rythmique se pose sur la seconde notey^z, et non sur la première mi. Un épisème horizontal prévient qu'il faut, en outre, lui donner un peu d'ampleur. La modalité et le rythme sont donc intéressés au maintien du salicus.
10. — Bivirgas 45, 47, 56. Il est pratiquement intéressant de savoir que les deux notes carrées, placées sous ces numéros, ne sont pas des distrophas, mais des bivirgas. La bivirga "a une signification de force et d'ampleur qui la distinguent du strophicus. On remarquera le / = tenete qui surmonte le groupe 45.
11. — Cephalicus 22. Le punctum 22 de l'édition vaticane est un cephalicus dans tous les manuscrits sangalliens. — Voir note i du Tableau I. — Cette version est fort gracieuse et très coulante : il semble que l'analogie avec d'autres passages du même genre aurait pu la faire préférer.
12. — Epiphomis 50. 'Lt punctum 50 de l'édition vaticane est un epiphonus dans une quantité de codices de toute provenance; et aussi dans l'édition officielle à l'introït Quasi modo. — Voir note 2 du Tableau I.
5° Notes sur les lettres et signes rythmiques.
13- — Voici la liste des dix-sept lettres et signes rythmiques employés par les notateurs sangalliens dans l'introït In medio :
A — Adjonctions épisématiques.
1° 6 clivis avec épisème horizontal /! : 13, 21, 39, 43, 44, 51.;
2" 2 bivirgas avec épisème horizontal J] '. 45, 56; 3" \ punctian planuvi avec épisème vertical ■< : 18
B — Modifications.
4° 2 torcuhis longs J" : 14, 48; 5" 2 pes quadratus J : 23, 26;
6" 2 salicus "^ : 30, 35.
C — Adjonctions de lettres.
7' I cHvis avec c = celeriter /U : 54;
8° I clivis double ou porrectus fîexus avec c. /\/\ : 36.
En tout dix-sept lettres ou signes sangalliens.
Le / = tenete de la hivirga 45 fait double emploi avec les épisèmes de ce groupe.
La transcription sur lignes reproduit tous les signes des deux premières séries A et B, soit quinze, et tous au moyen de l'épisème horizontal.
14. — Il y -a une exception pour la clivis lata 39 qui, à cause de sa position à
la fin d'un important membre de phrase, est plus longue et doit être à peu près doublée. Le point après chaque note est le signe de cet allongement.
15. — Restent les deux c = celeriter, 36 et 54; ils sont à leur place dans notre transcription.
Voilà donc dix-sept signes de la notation rythmique solesmienne qui ont leurs correspondants exacts dans la notation sangallienne et en traduisent la signification.
16. — Quelques brèves explications sur plusieurs de ces signes :
a) Clivis 43. — Ne pas s'étonner de la clivis longue sur une pénultième faible : la musique est ici maîtresse; le fait se présente assez souvent.
b) Pes quadratus 23, 26. — La première note demande une exécution plus ferme, plus ample que pour le podatus rotundus J . C'est une nuance que nous avons négligé dans nos éditions de Tournai, toujours pour ne pas multiplier les signes adjoints.
Ici nous ajoutons l'épisème horizontal, afin qu'on puisse en tenir compte pratiquement, si on le désire.
c) Lettre c 36, 54. — Le r = cito, celeriter, indique la légèreté; dans le cas présent, sa signification est plutôt négative : c'est-à-dire qu'il prévient un ralentissement intempestif.
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Dans le codex de Laon 239, le c est remplacé par \n = naturaliter^ ce qui paraît plus exact.
6 Analyse rythmique et exécution.
17. — Tout ce que nous avons à dire sur ce sujet ne sera que le commentaire et l'explication du Tableau II.
Nous employons cette fois la notation moderne, parce que son développement graphique donne plus de facilité pour l'indication des accents mélodiques et de la dynamie.
A. — Les Divisions.
1° Les grandes divisions ou grands membres.
18. — L'analyse attentive de notre introït nous amène à le considérer comme une seule phrase musicale divisée en trois grands membres.
Grand membre I : In médio os ejus :
Grand membre II : et implévit intelléctus :
Grand membre III : stolam eum.
2° Les membres secondaires.
19. — Chacun de ces membres principaux se divise en membres secondaires.
Le membre I se divise en 2 membres secondaires A, B; — II - 3 - - C, D, E;