‹ L'intuition bergsonienneChapitre 10 sur 80 · Op. cit., chap. il et ni. — Cf. Le rire · texte numérisé non relu

Op. cit., chap. il et ni. — Cf. Le rire

3. Matière et mémoire, chap. m. — Evolution créatrice, chap i.

tion efficace1. Et si Ton songe que nulle perception consciente n'est instantanée2, on voit donc que l'identification précédente s'affirme mieux encore entre la vie, la durée et la mémoire ; et, puisque la mémoire, prise en elle-même, est indépendante du cerveau et du corps, nul parallélisme psycho-physiologique ne peut être formulé sinon de manière sophistique 3. Bref, une opposition se constitue entre le corps, système sensori-moteur et instrument actuel de réactions, et Y esprit, mémoire indéfiniment grossissante et créatrice4. Mais si la réalité appartient surtout à cette mémoire vivante, le corps, indispensable pour en lester l'action, subsiste; et cette résistance assure l'irréductibilité de cette nouvelle antithèse.

Au cours même de cette opposition inévitable une autre s'est révélée, explicative de celle-là même qui nous la révélait. La conscience introduit dans la perception matérielle et équilibrée l'indétermination et le choix ; la mémoire, en éclairant ce choix, accentue cette indétermination. Le corps vivant est comme une zone, et même un centre, de réactions contingentes ; et la complication croissante du corps, et spécialement du cerveau, mesure et symbolise la

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