‹ L'intuition bergsonienneChapitre 14 sur 80 · Essai..., chap. n et ni · texte numérisé non relu

Essai..., chap. n et ni

lui-ci la prépondérance, l'irréductibilité des antithèses précédentes s'exprime par la résistance du terme social et le caractère irréductible de l'antithèse nouvelle1.

Proche des identités scientifiques et tournant le dos à l'art véritable2, la vie sociale est toute imprégnée de spatialisation ; et vers elle s'achemine, par les distinctions nettes qu'il institue entre les mots et entre les choses, l'être qui perçoit les choses découpées dans l'espace homogène et qui pense les concepts morcelés par l'expression verbale3. Aussi l'art musical, le plus spirituel de tous, est-il étranger aux morcellements du langage4; et c'est par l'intérieure continuité de la mélodie que s'exprimera de manière fidèle l'intérieur développement de la durée vivante0. C'est dire que, figée en concepts distincts par les mots qui la brutalisent, la pensée ingénue et progressive laisse fuir son ingénuité et perd son élan6. Accrochée, en quelque sorte, à l'objet extérieur que

i. Nous avons pleinement conscience que l'établissement de cette antithèse ne répond pas entièrement au sens du bergsonisme ; et nous montrerons plus loin que la vie n'est proprement ni individuelle ni sociale, et que la vie sociale est une méthode de libération. Mais le bergsonisine n'en met pas moins l'accent sur l'individu (Cf., outre V Essai..., Life and Consciousness) .

2. Le rire, chap. ni (M. Bergson y note le caractère social de la comédie, qui oppose celle-ci à l'art en quelque mesure).

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