‹ L'intuition bergsonienneChapitre 18 sur 80 · Evolution créatrice, chap. ni · texte numérisé non relu

Evolution créatrice, chap. ni

Segond. — Intuit. 3

en vue des réactions utiles, découpait pratiquement ces corps dans la matière continue, en braquant sur cette continuité indivise les organes de l'action l, La pensée intellectuelle, qui prolonge la perception utilitaire, a donc pour office de permettre au vivant de circuler au milieu des corps ainsi découpés; et c'est aux mêmes tendances agissantes que répond, dans Tune comme dans l'autre, la mise en œuvre de l'espace arbitrairement divisible 2. A cette origine pratique et technique se rattachent les déterminations des signes conceptuels, distincts, maniables, arbitraires ; et ces signes d'efficace deviennent les stigmates d'une impuissance, si l'intelligence claire des solides ne peut avoir accès dans ces réalités fluides, le changement, la pensée et la vie3. Au contraire, l'intuition qui se détache des besoins pratiques s'insère dans la mobilité de la vie et réalise la connaissance pure de la durée vraie. Sur le plan de l'art et, en quelque façon encore, sur le plan du rêve, l'intelligence conceptuelle, n'étant plus éveillée par les appels pratiques de la matière, cède la place à l'immédiate et intérieure vision du devenir4. Dans un élan qui les compénètre, les idées s'orientent; et leur développement est comme la dilatation d'un effort spirituel5. A l'étroite limitation des souvenirs

i. Matière et mémoire, chap. i. — Evolution créatrice, chap. i.

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