‹ L'intuition bergsonienne [microform]Chapitre 14 sur 35 · II. Op. cit.. cliap. 1 et Conclusion · texte numérisé non relu

II. Op. cit.. cliap. 1 et Conclusion

LES ANTITHÈSES DU BERGSONISME

créatrice, mémoire agissante et durée qualitative, réalise comme un efîort libre « pour obtenir de la nécessité matérielle quelque chose que la matière lui refuse » ; et cet efîort aboutit, à travers la complication des formes vivantes essayées, a la libération illimitée que la forme humaine réalise\ Une opposition s'alFirme donc bien entre la nécessité matérielle et la liberté spirituelle ; et c'est la liberté qui définit le terme décisif, puisqu'elle « passe à travers les mailles de la nécessité- ». Mais, dès h>rs, l'accentuation même de ce terme suppose encore la résistance du terme adverse et l'irréductibilité foncière de l'antithèse ainsi partiellement résolue.

Créateur de formes, l'élan vital, en son ramassement de la durée pure qui s'achemine à l'éclosion géniale des nouveautés libres, est analogue, par le recueillement et le jaillissement de son œuvre originale, à l'inspiration créatrice qui, ramassée et jaillissante, évolue en œuvre d'arts De celle-ci, pas plus que de celle-là, malgré l'évolution acquise et les œuvres passées, malgré la mémoire qui concentre l'élan et fait confluer les matériaux, personne, non pas même le créateur de l'œuvre ncmvelle, ne saurait définir h l'avance la forme actuelle et la nouveauté \ Et, si l'on objecte k ce rapprochement que l'œuvre d'art échappe, par la fixation de la forme qui la dé-

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