‹ L'intuition bergsonienne [microform]Chapitre 15 sur 35 · Op. cit., chap. I et II · texte numérisé non relu

Op. cit., chap. I et II

Cf. Life and Consciousness .

termine, à l'inquiétude mobile inhérente encore aux œuvres de la vie et aux actes libres, on peut répondre que la forme par quoi se constitue l'œuvre d'art est comme la fixation d'une inquiétude vitale, puisqu'elle se ramène à la détermination figée d'un mouvement et d'un élan'. Ce que l'on doit apercevoir dans l'œuvre, comme inspiratrice de la forme, c'est moins les lignes visibles que la courbe invisible exprimée par ces lignes, et le point spirituel où, en quelque façon, se ramasse, pour un jaillissement génial, l'origine de cette courbe onduleuse et le geste qui l'entrendre-. A vrai dire, la durée libre et l'élan vital ne sont pas analogues simplement au geste de l'art; si la vie ne se laissait pas distraire d'elle-même et si la tension de l'acte libre ne se relâchait point, nul automatisme ne les figeant alors en répétitions mécaniques, l'élan vital et libre coïnciderait avec l'évolution recueillie et créatrice d'une conscience artiste et ingénue''. N'est-ce point dire que, les distractions de la vie et les dispersions spatiales, qui définissent la matérialité, se confondant avec les déterminations nécessaires et identiques par quoi se définit l'objet de la science, l'antithèse précédente entre le nécessaire et le libre en implique une nouvelle entre la

I. 0[). cit., chap. m. Cf., sur cette inquiétude y'xtîilc ^ Introduction à la métaphysique.

3. Cf. la Notice sur la vie et les œuvres de M. Ravaisson-Mollien, où M. Bergson tléfinit de la sorte, avec l'estliétique de M. Ravaisson, celle de Léonard de Viuci.

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