‹ L'intuition bergsonienne [microform]Chapitre 27 sur 35 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

L'UNITÉ RADICALE DU DEVENIR

L'intuition qui, nous révélant et constituant en nous notre liberté, nous révèle par là, tendue en elle-même et nous tendant nous-mêmes, l'impulsion créatrice, nous montre, vraiment contractée par notre acte sur elle et durant selon notre mode de durée, la matière qui, étirée en soi, échappait à notre durée et s'opposait à notre acte ; et elle nous montre parla, contractée d'abord par l'acte créateur et rythmée par lui selon tous les modes de durée, cette matière qui, primitivement éparse, échappait à toute durée et s'opposait, inerte, à toute action. Se libérant donc par cette information rythmique de la matière qui leur résiste, notre vie, qui est ainsi notre création, et la vie, qui est la création, se distinguent, libres, de la matière qui, s'opposant à toute création libre, est pure nécessité. Mais qu'une intuition qui se dilate elle-même de la sorte

les termes disparates ou contradictoires, à nier la réalité foncière, sinon la formule, des contradictions et des crises qui nous étaient d'abord apparues comme irréductibles.

Cependant, si la vie individuelle et la vie sociale, si la vie du corps et la vie de l'esprit, si l'intelligence et l'intuition, si la liberté et la nécessité, si enfin peut-être l'action et la connaissance, nous apparaissent à présent comme réconciliables dans l'intuition même de la durée créatrice ; notre enquête nous a conduits à cette antithèse, non pas nouvelle, mais analytiquement dernière, entre la création qui définit l'élan spirituel et la résistance à la création qui définit désormais pour nous la matière et la quantité pure. Nous voici donc obligés, pour sonder cette opposition menaçante, de soumettre à un examen scrupuleux et nouveau cette idée de la création, et par suite celle de l'unité radicale du devenir.

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