‹ L'intuition bergsonienne [microform]Chapitre 30 sur 35 · Nous comprenons niai que, dans son très beau livre sur La · texte numérisé non relu

Nous comprenons niai que, dans son très beau livre sur La

L'UNITÉ RADICALE DU DEVENIR

Et cette intuition, qui nous révèle ainsi, par une méthode intérieure, les multiples réalisations du devenir, instinct élargi et curieux qui ne limite plus la forme vivante à ses intérêts spécifiques, ne nous donne-t-elle point sur la contingence et l'évolution, sur la création et la résistance, sur l'esprit et la matière, des lumières précieuses? Ce n'est plus l'apparence d'une création aveugle que nous découvrons dans les jaillissements d'être, mais plutôt, dans la tension souveraine d'une supraconscience spirituelle, l'immédiate et réelle quasi-présence d'une Vie, qui se possède pleinement, sans se prévoir ni se répéter, par le rythme sans paresse de son acte créateur. Ce n'est plus l'apparence d'une résistance aveugle que nous découvrons dans les spatiales inerties, mais plutôt, dans la tension infime d'une infraconscience matérielle, la quasi-absence à soi-même d'une vie éparse, si lente qu'elle se prévoit et se répète, par le rythme paresseux de son acte naissant. Et de ce devenir parfait, qui est la Vie éternelle, à ce devenir sommeillant, qui est la matière pure, n'est-ce point la mémoire vivante qui révèle le passage, puisque les mille degrés de tension qu'elle réalise ne sont autre chose que les

pensée et les nouvelles écoles antl-in telle ctualis tes, M. Fouillée s'attaque à ceUe expérience intérieure des réalités multiples et condamne l'intuitive connaissance au solipsisme conceptuel. N'est-ce point là supposer dialectiquement une distinction spatiale entre les expériences diverses, alors que lui-même admet ailleurs une sorte de compénétration des consciences ?

mille durées aux rythmes divers, dont chacune, selon son rythme propre, sans reproduire les autres, les possède, les pressent ou les imite? Ainsi la supraconscience créatrice, élan de conquête intérieur à tout devenir, transcendance souveraine qui dépasse tous les rythmes et les résume en son rythme, liberté radicale dont les contingences alourdies imitent plus ou moins fidèlement la génialité, évolution radicale dont les devenirs ralentis imitent le jaillissement avec des souplesses plus ou moins fluides, Vie spirituelle dont les vies étagées se souviennent diversement en leur spiritualité qui s'abaisse, la divine supraconscience, qui se dépasse elle-même indéfiniment [)uisqu'elle se réalise elle-même à tous les degrés, nous est révélée intuitivement dans la dilatation indéfinie et inquiète de notre vie personnelle *.

I. Noire inlerpr«Mjitlon, (l:ins celte lecheiclie inluilive de l'unité radicale et du devenir absolu, consiste essentiellement à rapprocher des vues psycliologiiiues sur les diverses tensions de la mémoire et des vues métaphysiques sur les diverses tensions de l'être, que renferme Matière rt mcmoirc, les vues sur les degrés de l'intuition et sur les durées multiples, que formule V Introduction ù la nié to physique. Mais on reconnaît aussi, dans cette tentative, les vues éparses de VÉooliition créatrice, en particulier l'histoire des métaphysiques que déroule le dernier chapitre. Et l'on ne saurait manquer d'y apercevoir la pensée leihnilzienne de Viinitation et iivs jaiUissenienls cré»teurs, si vivante, nous semhle-l-il, dans l'inspiration berjjsonienne.

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