‹ L'intuition bergsonienne [microform]Chapitre 32 sur 35 · Voir la note ci-dessus · texte numérisé non relu

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est irréconciliable avec la pensée intuitive, ce qui constituerait entre la pensée et le langage une opposition désespérée ? 11 semble donc qu'ici l'intuitive dialectique soit décidément inapte à saisir les deux termes d'une étreinte globale, et que la résistance des mots échappe au mouvement alternatif de l'intuition. Aussi, de quelle impuissance est frappé, dans son efiort pour révéler, au delà de tous symboles, le courant de la vie affective, le romancier habile et profond de l'âme ! Et combien se duperait elle-même, inventive de concepts fluides et de mots singuliers qui se modèlent sur l'originalité de ses propres états, une conscience brutalisée à nouveau par les termes nouveaux qu'elle invente ! Mais l'effort n'est pas vain du romancier de l'âme, qui nous invite à déchirer le voile des mots et à nous replonger dans le courant même, au delà de tous symboles ; et la mécanisation nouvelle par les termes nouveaux n'est point redoutable à la conscience qui use de svmboles pour incarner son effort de libération. Le mot solide et mobile est comme le véhicule matériel qui, triomphant de la solidité immobile de la matière, permet à la pensée de se rendre mobile ellemême ; et c'est par le sport du langage que l'homme, haussé par les sports multiples au-dessus de l'animalité routinière, achève de vaincre l'automatisme et de délivrer la conscience. Si donc l'intuition et l'intelligence se trouvent intuitivement unifiées, cette réduction n'est possible que par les complications verbales, sans lesquelles et l'élan intuitif manque-

rait à une intelligence immobile et la possibilité d'une inquiétude sans terme ferait défaut à une intuition close en son domaine fini. Si, dès lors, symbolique par ruse, la pensée intuitive est verbalement réalisée, la pensée verbale, en son inspiration spirituelle, est orientée intuitivement ; et la réduction de Tantithèse par le mouvement d'une intuitive dialectique assure l'unité radicale du langage et de la pen-

sée*.

Cette unité foncière, par laquelle, original en sa vie, le symbolisme verbal exorcise sa propre banalité, nous embarrasse, délivrés de l'antithèse qu'elle supprime, dans le piège d'une nouvelle et insoluble opposition. Car cette vie originale d'un symbolisme réellement pensé ne se développe que dans une âme individuelle, alors qu'elle abjure, artiste et inventive, les conventionnelles banalités de la vie sociale. Et que l'intuition, en son mouvement dialectique, ne puisse embrasser les deux termes de cette antinomie, laissant fuir, parce qu'elle-même est créatrice, une vie sociale figée, c'est donc bien que, trop distants cette fois de l'immédiation première, nous

I, Cotte réduction «le l'antithèse prouve, à notre sens, combien se trompent les jiclversiiires du berf^sonisme, nlors qu'ils interprètent la dénonciation du verbalisme comme une condamnation de la pensée verbale. Lue distinction «luit »'tre faite entre rintellectualisme Hgé, qui donne aux concepts et aux mois une valeur définitive de jetons inertes, et l'intellectualisme vivant, qui oriente les concepts et les mots par l'immanence d'une intuition. Et c'est pourquoi un lan^a^e qui ne .se lais.se point distraire de sa propre vie est bien véritablement une pensée.

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sommes livrés à une contradiction sans remède. Et il est vrai, sans doute, que les exigences sociales spatialisent et matérialisent notre devenir dépouillé par cette résistance et cette routine de sa souplesse créatrice. Il est vrai aussi que la victoire spirituelle, par où l'exigence foncière de création décidément aboutit, consiste en une réalisation définitive de la personnalité. Mais que cette stigmatisation d'une raideur sociale mécanisée et cette apothéose des

transcendances personnelles entraînent une proscription de la vie sociale agissante, c'est là ce qu'une intuition vivante et apte à se dilater nous défend de prétendre. Car, si l'intuition de notre libre élan nous permet de reconnaître pour libres les actes qui portent le signe de notre personne, cette tension et cette torsion de notre vouloir propre nous font saisir à nous-mêmes comme orientés par la tension d'un vouloir universel. Et si la vie consciente est une personnelle mélodie, il faut voir en elle, union indivise de mille virtualités, comme une vie sociale naissante. Mais que Thomme se hausse, par l'inquiétude spirituelle, au-dessus de la routine animale, c'est au niveau social qui désormais le porte que l'individu est redevable d'une possibilité toujours nouvelle d'invention. Et, si la mort est vaincue par la vie spirituelle progressive, c'est donc l'armée humaine qui franchira l'obstacle. Et comment discernerait-on les deux vies avec rigueur, si, dans sa dialectique alternante, l'intuition personnelle, dilatée vers les durées autres, qu'une intellectuelle sympathie lui

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rend intérieures et présentes, devine sans fin les nuances complémentaires de sa propre coloration, et achève de conquérir sa puissance créatrice par un acte de libre transcendance qui la dépasse sans l'aliéner ? C'est pourquoi la vie spirituelle véritable, qui ranime les intuitions éparses et leur assure une réelle continuité, ne permet qu'à l'intime fusion des consciences personnelles l'accès du principe où ellemême se fonde ; et c'est l'acte social de l'humanité intuitive qui seul achève et transcende l'humanité.

Que, d'ailleurs, sans abjurer la vie personnelle et la joie de création qui lui est inhérente, l'intuitive dialectique établisse entre elle et la vie sociale une communion intime, n'est-ce point que par là se détermine, inaccessible aux conciliations intuitives, une opposition vraiment hostile, et sans possible arbitrage, entre les joies spirituelles de la fusion des pensées et l'individuelle et indépendante mélodie de la vie esthétique pure et irrévocablement originale ? Et puisque science et métaphysique, ennemies apparentes, sont unes intuitivement, cette antithèse constituée de la sorte oppose donc l'un à l'autre, et décidément, l'art individuel et la science universelle. Mais l'antinomie qui parla s'exprime n'aurait de sens véritable que si l'un des termes qu'elle oppose se dérobait à l'intuition ; et c'est à la réduction même qui la déterminait qu'elle doit la nécessité de sa réduction propre. Car, métaphysiquement fondée et approfondie, la science, intuitive en son intellectualisme, si elle se formule par un morcellement et

semble procéder d'une résistance à l'acte d'invention, est réellement inspirée et intérieure au devenir et fidèle à l'inquiétude de l'âme, puisque c'est par elle que la matière est connue et la résistance vaincue et la personnalité affermie et la transcendance possible. Et l'art, œuvre et joie de création, s'il bannit tout morcellement conceptuel et s'efforce dans le sens même de l'invention vitale, est donc, lui aussi, intérieur au devenir et interprète de l'inquiétude spirituelle ; et c'est l'œuvre esthétique, limitée par une intuition close, qu'achève, intellectualisé et universalisable, l'acte métaphysique de l'intuition vitale ouverte et dilatable et illimitée. Si donc l'antithèse entre l'intelligence et l'intuition impliquait, pour être réduite, la réduction de l'implicite antithèse entre la pensée et le langage ; et si cette opposition nouvelle abolie ne pouvait l'être que par la réduction d'une antinomie qu'elle supposait entre la vie sociale et la vie personnelle; cette antinomie, à son tour, n'est surmontable que par l'abolition de l'antithèse qu'elle enferme entre l'art et la science ^ Mais l'évanouissement de cette dernière opposition n'est, sous une autre forme, que l'évanouissement de l'op-

I. M Wilbois il (l<^noncé avec raison, et voici lonijtemps, les snobs de l'esthétisine qui ont cm trouver dans la pensée berg- S(mienne la négation de la science; et M. Bergson a priUcsté |)ubliquenient contre une méprise de ce genre (Bulletin de la soc. franc, de philos., janv. 1908). Mais il convient d'ajouter, conformément à l'idée même de M. Bergson (et c'est bien \h aussi rinlcr|>rétation de M. Wilbois), que l'unité intuitive de l'art et de la science se réalise par la préd<nninance de l'art, inspirateur de la science.

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position première entre la science et la métaphysique.

D'où il résulte, puisque les termes unifiés de cette opposition à double forme traduisent, de façon diverse, l'acte libre d'une intuitive création, que l'effacement de leur foncière différence, s'il met en pleine valeur la liberté spirituelle et novatrice, la déclare par là môme intuitivement irréconciliable avec la nécessité qu'elle refoule ainsi diversement. Et bien que la victoire de la vie sur l'automatisme soit due à une inventive complication de l'automatisme parla vie, le fait même que la vie doit vaincre l'automatisme exprime une impuissance ori^^inelle et nécessaire de la vie spirituelle et libre. Mais, si la vie spirituelle s'affirme précisément par le mouvement dialectique d'une intuition qui nous dilate, l'intérieure divination de la résistance mécanisante n'est autre chose que l'airirmation implicite d'une contingence; moins robuste et d'une spiritualité moins efficace. Et, sans doute, cette moindre vigueur et cette moindre efficacité seraient bien les sit^nes d'une irréductible impuissance, si l'intuition ne se mouvait aussi, en son inquiétude de transcendance, vers la réalité supraconsciente d'une liberté pleinement vigoureuse et d'une éternelle spiritualité. C'est donc par l'ascension qui s'efforce vers la puissance créatrice que l'on saisit intérieurement la signification de la chute vers la résistance nécessaire ; et la nécessité qui nous abaisse est une contingence qui se hausse, si la nécessité artificielle qui nous élève est comme l'œuvre

gracieuse d'une liberté qui s'abaisse pour se hausser en nous élevant*. Et cette intérieure et intuitive conciliation, qui réduit ainsi l'antithèse entre le libre et le nécessaire, conditionne, dès lors, la réduction déjà formulée de l'antithèse entre la nécessité qui semble définir la science et la liberté par où l'art, véritablement, se définit.

Or, si la nécessité apparente monte ainsi vers la liberté spirituelle, c'est qu'entre les réactions qui s'offrent un discernement est possible ; et ce choix est d'autant plus large qu'il procède d'une mémoire plus fidèle et plus lointaine. Aussi la réduction foncière de la nécessité semble-t-elle le principe d'une opposition entre cette mémoire spirituelle, qui discerne les réactions désirables, et le système sensorimoteur, incapable par lui-même d'aucun discernement. Et si l'intuition nous dilate à travers les durées multiples, c'est donc toujours une mémoire agissante qu'elle nous révèle ; mais le corps, système instantané de réactions sans autonomie, lui échappe. Même

I. Nous rroyons pouvoir iiiter|n«^ter uiiisi la suj^f^estion i^lè^nrique du « geste qui se drfait ». Et il est visible que l;i pensée aristotélicienne et plotinienne de M. Ravaisson se retrouve dans le herjrsonisine interprété de la sorte. Cette attinniee « gracieuse « ne suppose point, d'ailleurs, une éternité immobile ou un dessein préconçu. Et le haussement de notre vie qui se transcende n'est que le degré le plus li;iut, jusqu'à présent, du haussement inquiet de toute coullngence, c'esl-à-dire de toute durée, c'cst-à-dirc enfin de tout ce qui devient : donc de tout, puisque l'espace pur, qni seul ne devient p:is, n'est que le terme extrême du mouvement de l'intuition, qui se dilate en intelligence pour accentuer la libération du devenir dont elles pressent l'inquiétude.

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ne doit-on pas dire que l'essentiel de l'opposition surmontée se déguise sous l'îmtithèse qui maintenant s'impose, puisque cette instantanéité de réactions dépourvues d'initiative n'est autre chose que la résistance à toute innovation, et donc la nécessité radicale ? Sans doute, l'antithèse demeurerait inviolable, si le corps vraiment échappait à la durée et à la mémoire, étranger dès lors à ce qui est action, et si la durée et la mémoire, continuité d'ima^res mouvantes, dilïeraient pas essence m^me de l'image mobile qui est notre corps. Mais l'intuition qui, vigoureusement, développe et choisit notre acte, cueillant par la mémoire certaines images qu'elle favorise, ne détermine notre corps parmi ces images qu'en arrêtant [)Our agir le déroulement do notre durée. Si donc le corps n'est point discernement libre et mémoire, c'est qu'il est le terme (juasi-instantané de la mémoire et comme l'actualisation du libre discernement ; et si le corps diflere de l'esprit, c'est que, actuelle réalisation de la durée spirituelle condensée en mémoire agissante, il est situé vraiment, par son rôle, sur le chemin de la spiritualisation progressive. Ainsi l'intuitive dialectique, par laquelle, selon des rythmes divers, nous nous installons dans les diverses durées, nous permettra, étant une dialectique de l'action, de saisir dans l'acte du corps le prolongement de l'acte spirituel, et comme la détermination sans durée, dans un automatisme sans mémoire, d'une libre mémoire qui, de toute détermination exempte, développe dans la durée, étrangère à l'automatisme,

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ses créations réelles. Et, par cette réduction de l'antinomie apparente entre l'esprit et le corps, s'achève décidément la réduction de la précédente antinomie entre le nécessaire et le libre.

Seulement, si le corps est sur le prolongement de l'esprit, l'action corporelle, avec les réactions conscientes et chargées de mémoire qui la constituent, ne s'en opposera que mieux, indéterminée désormais et faite de discernement, aux actions et réactions, vraiment instantanées et déterminées et sans discernement interne ni mémoire, qui s'échangent entre les images matérielles. Et, puisque le discernement des réactions utiles est l'œuvre vraiment spirituelle du corps vivant, c'est donc bien une opposition entre la vie et la matière qui résulte de la spiritualisation du corps. Comment, si l'intuition qui se meut et se dilate est durée et mémoire, pourrait-elle comprendre jamais ce qui est sans mémoire ni durée ? Mais comment, d'autre part, ce qui est réactions motrices, c'est-à-dire le corps, pourrait-il différer radicalement de ce qui est équivalence d'actions et réactions motrices, c'est-à-dire la matière ? En sorte que l'abolition de la dernière antithèse demeure menacée par l'opposition qu'elle engendre. Cette menace serait, d'ailleurs, inévitable si la matière n'était point continuité d'images, ainsi que la durée vivante et la mémoire, et si le prolongement de la perception consciente qui, par le corps, discerne les réactions désirables, ne menait point à la perception pure, installée dans les équivalences matérielles, une

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intuition qui, dialectiquemcnt, se meut vers le ralentissement de la durée. Or, cette dialectique agissante, bien qu'en s'éloignant de la pure mémoire elle renonce graduellement aux raccourcis pittoresques de ses visions qualitatives, emporte avec elle, dans la matière qu'elle perçoit matériellement, comme un instantané de mémoire qui est une promesse de contingence. Mais, déjà spirilualisée par cette annonce de création, la matière qui se souvient ne s'oppose plus irréductiblement à la vie ; elle est vie elle-même, puisqu'elle est déjà durée et comme inquiétude d'un dépassement de soi. Et cette réduction de la matière à la vie assure la réduction sans menace du corps à l'esprit que leur opposition menaçait.

Ramener la matière à la vie, n'est-ce point ramener à la durée qui change et grossit l'apparente et parfaite équivalence des pures instantanéités spatiales ? Mais cette conversion de l'espace en durée, qui assimile à une conscience l'univers matériel, n'entraînet-elle point une opposition d'autant plus complète entre la durée changeante et l'espace homogène ? Et l'on ne saurait concevoir, quel que soit l'efTort dialectique de l'intuition vivante, qu'elle puisse renoncera la durée pour saisir en lui-même l'espace immobile. Mais cette opposition n'est-elle point périlleuse pour la réduction eirectuée de la matière à la vie, puisque, mémoire sans doute et changement déjà, la matière n'en est pas moins une quasi-instantanéité, et que, nuancée, il est vrai, et intérieurement

continue, elle n'en porte pas moins en elle comme une tendance nécessaire vers l'homogénéité parfaite et la divisibilité sans fin ? Et, certes, une telle incompatibilité serait décisive, si le mouvement dialectique par lequel l'intuition s'élargit ne constituait pas une dialectique de l'action, et si rintelligence qui assure l'intuition de la matière n'était point spatiale, et si le corps mécanisé n'était point l'actualisation quasispatiale de l'invention spirituelle. Mais puisque, dans la durée créatrice, c'est le travail de l'intelligence qui assure l'œuvre de l'intuition et c'est l'automatisme du corps qui assure la libération de l'esprit, cette dialectique agissante ne peut manquer sans doute de comprendre cette pure homogénéité, qui assure et le travail de l'intelligence et l'automatisme du corps. La durée n'est-elle pas une tension variable, et la détente de la durée n'est-elle pas comme une ébauche d'espace homogène ? La matière réelle n'est-elle pas une extension nuancée, et l'effacement des nuances n'est-il pas comme une ébauche de la pure étendue ? Ici encore, dans le double mouvement de l'intuition, c'est l'ascension vers l'esprit qui donne une signification à la descente vers la spatialité pure ; et celle-ci apparaît, dès lors, comme spirituelle, puisqu'elle est, au service de l'intelligence intuitive, un instrument de création et comme une méthode d'inquiète transcendance.

Si la réduction de l'antithèse entre la durée et l'espace permet de réduire sans restriction l'antithèse entre la vie et la matière, ne s'achève-t-elle pas à

Second. — Intuit. 8

son tour par une réduction de l'antithèse dernière entre la qualité et la quantité? Car la qualité, vivante et inventive, résume en elle tous les termes qui, dans les oppositions successives, désignaient l'immanence du principe créateur. Et la quantité, inerte et identique, résume en elle tous les termes qui, dans les oppositions successives, désignaient un principe immanentde résistance. Cette antinomie dernière n'est donc qu'une forme nouvelle de l'antinomie fondamentale entre la radicale résistance et la radicale contingence; et, résolue comme elle en principe, par la conception de l'unité radicale du devenir et de la dialectique intuitive, elle l'estde façon complète, comme elle encore, par l'application de cette dialectique intuitive à la série complète des antithèses que toutes deux résument.

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ductible qui engendre toutes les autres, nous avons pu enfin, grâce à l'inspiration intuitive de cette dialectique, et nous éloignant par degrés de la conciliation première et globale, réduire à une simple apparence les antithèses dialectiquement, mais non intuitivement, développées. Mais comme, en parcourant ce cycle, nous avons dû interpréter la pensée bergsonienne, nous avons rencontré de cette pensée difFérentes significations possibles. Il nous reste donc maintenant, en nous plaçant toujours au point de vue central de l'intuition vivante, à confronter le bergsonisme, pour en découvrir la signification exacte, avec les diverses doctrines.

Ainsi avons-nous achevé, sous des formes diverses, l'enquête que nous avions formulée d abord sur les contradictions et les crises latentes du bergsonisme. Si nous avions développé, problématiquement, a cette fin, selon une dialectique qui se déguisait en intuition, la série des antithèses apparentes, nous avons trouvé dans l'intuition sincère un principe de conciliation réelle ; et, réduisant, par un recours a la dialectique sincère selon laquelle cette intuition se réalise, Topposition foncière et d'apparence irré-

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