AR À RE
Il y a quelques années, Brocq et Gueullette n'avaient trouvé que deux clichés intéressants sur plus de cent malades atteints d’invagination chronique; ils disarent, en effet, que &'était bien peu si l’on songeait à l’appui que de telles images pouvaient apporter à un diagnostic hésitant.
: A l’heure actuelle, comme en font foi trois de nos observations, nous pouvons dire que la radiologie a pris une place de tout premier plan dans le diagnostic de l’invagination chronique et que peut-être, plus souvent appliquée selon les techniques que nous venons de donner, elle rendrait l’invagination plus commune.
Suivant les époques, divers traitements de l’invagination intestinale ont été institués. [l vient en premier lieu :
1° LES INSUFFLATIONS ET LES INJECTIONS FORCÉES. — Nous dirons simplement que ce sont des manœuvres dangereuses et inutiles.
2° LA DÉSINVAGINATION. — Après laparotomie et en présence d'une invagination que l’on aura judicieusement reconnue à l'intervention si le diagnostic clinique n’a pas été fait, on tente la désinvagination. Pour ce faire, il faut savoir quel est le siège exact de cette invagination et, si la tumeur est postérieure, pratiquer le décollement colo-pariétal (Abadie, Georgescu); ensuite, bien repérer la disposition souvent complexe des divers segments intestinaux qui sont turgescents et distendus. |
La désinvagination consistera alors à refouler par des malaxations la tête du boudin invaginé. C’est aussi ce qu’on appelle le déroulement par expression. Nous insisterons sur un point très important : il ne faut pas tirer sur les deux extrémités de l’invagination, sinon on produit des lésions très graves de l'intestin.
En somme, la désinvagination doit être une manœuvre de douceur et de patience.
Quand la désinvagination a été pratiquée, il faut avoir soin de bien examiner l’état de l’anse désinvaginée; si on trouve à son niveau des lésions indiquant que la nécrose a commencé, faire la résection de cette anse. Il faut aussi rechercher quelle est la cause de l’invagination qui peut être soit un
RTE TER
polype, un rétrécissement d’origine néoplasique, des lésions tuberculeuses, la mobilité anormale du côlon, l’inversion de l’appendice ou du diverticule de Meckel, toutes causes qui ont été étudiées dans l’étiologie de l’invagination. Si on ne trouve rien d’anormal, on referme la paroi abdominale non sans avoir par quelques points fixé le côlon à la paroi postérieure, ce qui permet d'éviter la récidive de l’invagination.
3° L’ANUS CONTRE NATURE. — Avant que le procédé de Barquer fût connu, c'était la seule ‘ressource de traitement à opposer à l’iléus.
On faisait soit l’entérostomie de Nélaton au-dessus du collet, soit l’anus après résection et abouchement des deux bouts à la peau, soit encore l’anus au-dessus du collet après extériorisation de l’anse invaginée.
C'était une opération palliative, car l’anus ne combat que l’obstruction intestinale, mais le péril persiste toujours au niveau de la gaine et du collet; seul l’état du malade pourrait commander son indication.
4° L'EXCLUSION DE L’ANSE INVAGINÉE. — MM. Terrier et Gosset, Le Dentu, Drucbert, Hartmann, Delore et Patel-Lance. > On peut employer ce procédé quand la résection de l’anse est impossible. Il ne faut pas oublier que si dans l’invagination aiguë les lésions sont les plus marquées au niveau du collet, dans l’invagination chronique c’est à la gaine qu’elles sont les plus apparentes. En empêchant l’afflux des matières fécales dans cette portion de l’anse, on détruit du même coup un des facteurs les plus importants de l’ulcération : l'infection. Maïs nous devons ajouter que les causes de la gangrène ne sont pas toutes éliminées; de ce fait, cette opération ne peut être que palliative.
Hochenegg avait ajouté à ce procédé l’abouchement double de l'intestin, chose qui permet de faire des lavages fréquents de l’anse exclue .
Le procédé du tout-à-l’égout, du tout à l'intestin, de Montprofit, est l'exclusion de l’anse invaginée avec abouchement
à la peau.