LA
L'expression celui de, suivie d'un nom, ainsi que la proposition subordonnée introduite par ço que, celui que, sont traitées, au point de vue de l'ordre des mots, comme les noms définis (v. Chapitre Il) et tendent, par conséquent, à précéder le verbe.
1541. Celui qu'i gist m ameine o tel.
8221. Cil de Logres font la disaine O Aïaus le pro quis meine.
8312. Ceus de Miceines conduiseit.
L'inversion est également norrnale quand la proposition
gt | a
subordonnée fait fonction de sujet, alors que F complément 5
direct comporte un accent émotionnel.
7901. Merveille esguarde qui ço veit.
13967. Merveille veit, merveilles mire Qui le jor veit si fait empire.
Dans aucun exemple les expressions celui de, celui que ne comportent d’accent logique grave.
La mise en tête des propositions introduites par ce que... s’observe dans tous les textes français du Moyen-Age RER Ce qu'Amors vueut doi je amer. \ (a (Chevalier au Lion, v. 1453.) De même en latin : quod potui-feci. j Elle peut aussi avoir lieu en anglais (sans répétition du régime sous forme de pronom) : D F What in me is dark Illumine; what 1s low, raise and support.
{Milton : Paradise Lost.)
(« Ce qui est obscur en moi, éclaire-le..…., ce qui est bas, élèvele
et soutiens- le ».)
Dane le Roman de Troie, on a un exemple d’ a . | cachée où le pronom résume une proposition introduite par
ceux qui.
7432. Se lors ne fust Palémedés È Ceus qui en la mer ne neiassent,
Li Troïen les decopassent.
Aujourd” hui, cette construction est de rigueur : Qui se fail brebis, Le loup le none (Proverbe)
(CF. it. Chi s'aiuta Dio l'aiuta.) Lip On trouve des exemples de ces inversions dès-le xvr° siècle : *
Mais ce que nous sentons pour le$ autres, c'est par certain jugement et par discours de raison que nous le sentons. (Montaigne : La mort de La Boëtie.) |
Ce que pe eut le caprice, oses-le.
(Corneille : Horace acte It, sc. 4.)
Î] faut faire une place à part aux phrases contenant les
ue , “at Qi me expressions (« tel... que », (tant... que » ou « s1.., que », le \ : ; terme à sens démonsiratif de ces formules comportant toujours un accent logique grave.
Si le complément direct est accompagné de l' dent tel
où tant qui annonce une proposition, on a généralement l'in- =. version.
1508. Tant en ai fait qu'or m'en repent.
1945. Tel angoisse a, quant il l’atoche,
>. Que le sarc rent par mi la boche.
22944, Ha! tante dame ai mise en duel, Dont lor seignor e lor ami Sont ja par mei enseveli.
Cette observation peut s'appliquer à tous les anciens textes fran- A Çaisr is = FE - Si grant duel out que mais ne pout ester. ; (Chanson de Roland, v. 2219.) Tel peor a ne se puet sostenir. ‘| (Raoul de Cambrai, v. 3009.) On a des traces de cette construction jusqu au xvH® Ge Tant à de droit sur nous,+smalheure Ux que nous sommes, Cet amour, non amour, mais ennenx des hommes.
(Rotrou : Venceslas, acte IV, sc. 2) .
L'ordre direct est exceptionnel
re 8385. Le cheval meinent tel freor, ET = Tote la terre crolle entor.
L'ordre direct, avec ou sans conjonction, est beaucoup plus rare :
17411. Une chierté i ot si grant Que uns pains valeit un besant, La char d’un buef dous mars o trois.
Cependant il est pr esque de règle dans les vers introduits par ii ou là, tels q ve le sui vant : FRE
9051. La veisseiz un estor el Onc nus hom ne vit si cruel.
an. —
Si la phrase contient l'expression adverbiale si... que, ou $ tant... que, le complément direct cède d'habitude la place initiale au complément circonstanciel et se met après le
verbe.
8 36. — Phrase contenant un mot signifiant « autre ». 2
Si le complément direct est accompagné du mot autre ou du mot el et que celui-ci comporte un accent logique grave, toute l'expression se place toujours avant le verbe, lors même - que ce verbe est à l'impératif. e rie 8370. Autre viande porchaceiz ;
Ja de cesti ne mangereiz. re E : 8905. El li trencha que le bliaut, see Ço fu del sanc e de la char. | 9260. El i lairont que la despueille, C'iert des plus chiers membres qu'ils ont.
14195. Autre seignor avra senz faille :
Ainz que seit fin de la bataille. .,
22085. EI m'i laira que le mantel, Ço iert del sanc e de la pel.
24615. Devers nos est fraite la guerre, Autre conseil nos covient querre :
C’est de pais faire, n'en sai plus.
Tous ces vers peuvent être traduits à l’aide de la formule «c'est... que »; par exemple « c'est un autre parti qu'il faut prendre » (v. 24616). On a donc là un accent logique grave bien net. Îl convient de faire remarquer que l'impératif ne se laisse pas traduire ici par un impératif du français moderne, précisément parce-que le complément direct qu'il régit est partout un mot baryion et que les inversions cachées de première espèce ne se construisent jamais avec un impératif. FE