LE CHEVAL DU COSAQUE SI
aujourd'hui disparu dans te cadavre; et les ventsde la nuit sifflent ; et la neige, tombant sans relâche, enveloppe d'une humide mousseline de rêve, les pèlerins sous son doux et froid suaire ; et les rares étoiles suivissent et transparaissent comme des clous p&les sur le ddme obscur ; et la nuit coule sans heurt, sans retards, sans efforts, lente, longue, monotone, indifférente, inéluctable... rien ne trouble les deux dormeurs ni leur paisible compagnon m&chant sa pitance de blé noir: Marco roulé, sombré, englouti dans- le repos absolu, sans réveil, l'oubli final que donne la mort; la vieille femme, envahie par un sommeil précurseur de ce calme promis que plus rien jamais n'interrompt.
C'est ainsique le Cosaque et sa mère attendent l'heure de l'ensevelissement.
A l'aube, le pope ensommeillé, maugréant d'être trop tôt debout, expédie cette corvée, hâtivement, sans respect, semblant craindre d'en faire trop pour les quatre pauvres kopelfs que, si humblement, lui tend la main de la
paysanne, cette main frémissante et pareille à la feuille morte qu'une tige vieillie ne rattache plus qu'à peine au tremble entièrement dénudé.