‹ L'iode dans l'organisme: Ses origines, son rôle, son éliminationChapitre 17 sur 38 · PAU CITE · texte numérisé non relu

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les plantes de la famille des crucifères, mais par contre ce métalloïde existe, en règle générale dans toutes les plantes d'eaux douces. Parmi ces dernières celles qui vivent dans les eaux courantes sont plus riches en iode que celles des eaux stagnantes ; mais, dans les nappes d'eaux assez grandes pour être fortement agitées par les vents, les plantes qui y croissent se rapprochent, sous ce rapport, de celles qui vivent dans les eaux courantes.

Enfin M. Chatin ajoute que la proportion d’iode contenue dans les plantes est en général indépendante de leur nature et seulement subordonnée à leur habitat, je me permettrai d'émettre l’avis contraire, me basant sur une série d'expériences qui ont fait le sujet d’une note à l’Académie des sciences, note que je reproduit à la fin de ce chapitre.

Les résultats de M. Chatin ont été confirmés par un certain nombre de savants qui se sont occupés de la question et dont les recherches sont résumées dans le tableau suivant dans lequel je me suis efforcé de réunir toutes les espèces végétales d'eaux douces dans lesquel-

les la présence de l’iode a été signalée,

Nom de Ja plante Nom de l'auteur Nasturtium officinale . . . . . Muller, Bussy, Chatin Calthatpalustris mate isa AR Chatin

Carextpaludosast" Gin SR — Carexiemspitosé M1040-CUON, DU IE — Villarsia nymphoïdes. . , . À — Villarsia ? (de la Nouvelle Hollande). —

Nelumbiumiiteumite . 46, ,5534%en, 43 —

a NBA EE 0 DE PR TON CE ne Chatin Myriophyllum verticillatum . . Ceratophyllum submersum. ,. . . se Ceratophyllum demersum . . . . — Potamogeton crispum . .: . . . —

Potamogeton pectinatum. . . . . =

ND alDa as Et er. à = NAN EST ENTRER EA EEE — Phragmites COMMUNS «La PT De — SCIPDILSTILOUS CLS ce ML PET ia = Lhypitaneustiola=<;r2" "0. — NDS IAE HE ER Ge Ne HE Prtiore Ha laeustris. RM.) 0 +. . —

Famunculusluitans ut 0 —

Sagittaria-sapitiéfolia.;1}.0 "1 :. = Chariots OPEL: meule de — Gonfervancrispatass se ee let ve —-

BéTRMAINEETO NE MR UE END ce — Callhimeheaquaticass mnt L re = Élycéraluitansass it. leu. ee — He'osciadium nodiflorum. . . . . —

Rumex conglomeratus. . . . . . —

Sium augustifolium: :.;1:: . . . . — Epilobium tetragonum . . . . . — Carter ET EL. Et —

Fontinalis antipyretica . . . 4 .

Nasturtium amphibium ,. . . . . au Iris pseudo-acorus. . . . . . . Macadam, Chatin Cats Oo ar Chatin

Menyanthes trifoliata , . . . . . Macadam, Chatin

Alisma plantago.

Acorus calamus

Stratiotes aloïdes

Ænanthe Paellandrium

Scrophular a aquat'ca.

Ranunculus heterophyllus

Ranunculus flammula .

Ranunculus lingua

Sphærococeus helminthocaortos

Sphærococcus crispus.

Anabaïna thermalis

Oscillaria Gratelupi

Jungermania albicans

Myosotis palusiris.

Po'amogeton densus

Chara vulgaris .

Spongia oculata.

Ranunculus aquatilis

Sium latifolium .

Batrachospermum nigricans.

Ranunculus capillacus.

Scrophularia aquatica .

Valeriana dioïca.

Caltha palustris

Sisymbrium nasturtium.

Jungermania p'aquts.

Eponge ordinaire (1 g&. 0795 d’éponge

séche)2.. 45e.

Barille (Los remerilos)

Macadam, Chatn

Chatin

Straub, Happ Sarphati Meyrac der Mack

Macadam

Von

Macadam Chatin

Marchand

Marchand

Personne

Croockewit

Yniestra

ne

M. le Professeur A. Gaurier a fait quelques dosages d’iode dans des alques d'eaux douces, des champignons et des lichens. Il a trouvé, par exemple :

Dans l'Ulothrix dissecta (chlorophycées) 2 mgr. 400 d’iode pour 100 gramm?s d’alqu: sèche.

Cladophora fracta (chlorophycées) 0 mgr. 984 diode pour 100 qgrammes d’alque sèche.

Nostoc fragilis (Oyanophycées) 0 mgr. 423 d'iode pour 100 grammes d’alque sèche.

Rivulariaindét.(Cyanophycées)0 mgr. 252 d’iode pour 100 grammes d’alque sèche.

Protococcus pluvialis(Chlorophycée :)2 mgr. 06 d’iode pour 100 grammes d’alque sèche.

Batrachosperuum indét. (Floridées) 1 mgr. 19 d’iode, pour 100 grammes d’alque sèche.

Beggqt'atoa (Glairine et Barégine de Luchon)36 mgr. 00 d'iode pour 100 grammes d’algue sèche.

Bien que les bactériacées ne rentrent pas dans la catégorie des plantes d’eaux douces étudiées dans ce chapitre, je citerai les résultats de la recherche de l’iode, qui, à ma connaissance, n’a été effectuée que dans le bacille de la diphtérie et du tétanos.

Bacille de la diphtérie. fode pour 100 grammes de sec : O0 mgr. 00. A. GauTIER.

Bacille de la diphtérie. Ilode pour 100 grammes de sec : O0 mgr. 00. P. Bourcer.

Bacille du tétanos. lode pour 100 grammes de sec : 0 mgr. 00. A. Gautier.

Ces résultats semblent montrer que la vie des microorganismes est incompatible avec la présence de l’iode.

Bourcet 4

Enfin moi-même j'ai tenu à reprendre les travaux de mes devanciers. Quelques plantes d'eaux douces prises au hasard dans la liste qui précède et analysées m'ont

donné les résultats suivants :

Nom de la plante lode par kilog. Quantité analysée mer.

Conferva glomerata. . . 1,02 500 grammes Fontinalis antipyretica. . 0,91 D00 = Conferva crispata . . . 1,05 500 == Cara EIRE DS 500 — Scirpus lacustris. .: : . (0,48 500 — Ceratophyllumsubmersum 0,65 125 — Potamogeton pectinalum 5 OS 200 — Nupharluteun EM ne Cr 500 — Phragmites communis. . 0,96 500 —

Cesdivers chiffres m'ont prouvé que les végétaux d’eaux douces contenaient en règle générale de l’iode et que les résultats publiés dans ce sens devaient être considérés comme exacts.

À propos de la présence de l’iode dans les végétaux d’eaux douces, qu’il me soit permis de signaler ici un fait très curieux, qu’il ne m’a pas été donné de vérifier. Suivant Neyrac (de Dax), cité par MarcnaxD dans son mémoire sur l’iode, certaines plantes et en particulier l'Anabaïna thermalis (Bory), absorbent l’iode avec une si grande énergie, que ce métalloïde disparaît presque instantanément de la constitution du liquide qui le tenait en dissolution.

L’absorption de l’iode des eaux douces par les végétaux qui y croissent doit avoir des conséquences intéressantes au point de vue pratique. Je me suis assuré par exemple que l’eau qui contient de l’iode en amont d’une cressonnnière, comme il en existe tant aux environs de Paris, n’en contient presque plus, parfois même plus du tout, lorsqu'on l’analyse en aval. Si, comme tout porte à le croire, ta présence de l’iode dans l’eau est un fait nécessaire à la santé des êtres qui en boivent, il serait extrêmement intéressant de savoir si, avec létablissement de cressonnières, n’a pas coïncidé l'arrivée de certaines maladies endémiques dans les localités où l’industrie du cressona été introduite à un: époque assez peu éloignée. Il suffirait, pour se convaincre, de faire une statistique médicale remontant à cinquante ans à peine : je nai pas eu le temps de la faire moi-même, espérant que quelque

chercheur s’en chargera.

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