‹ L'iode dans l'organisme: Ses origines, son rôle, son éliminationChapitre 18 sur 38 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

De la présence de l’iode dans les plantes terrestres

ne servant pas à l’alimentation de l’homme.

Les terrains contenant de l’iode en quantités très va-

riables il était à prévoir que les plantes terrestres en con-

tiendraient aussi. D’ailleurs les résultats de plusieurs sa-

vants confirment cette précision. M. Cnarix, dont le nom

revient sans cesse lorsqu'il s’agit de cette question de

l’iode organique, a trouvé ce métalloïde dans les espèces

terrestres suivantes :

Capsella bursa pastoris.

Cochlearia officinalis.

Draba verna.

Hesperis matronalis.

Brassica nigra

Iberis sempervirens.

Osmunda regalis.

Potentilla anserina.

Symphitum officinale, Valeriana dioïca. Ranunculus acris.

Ranuneulus repens.

Arabis alpina.

Alyssum saxatile.

Sisymbrium officinale.

Sinapis alba.

Diplotaxis tenuifolia.

Gratiola officinalis.

Rumex memorosus.

Potentilla supina.

Inula helenium.

Valeriana officinalis.

Ranunculus bulbosus.

Cardamine pratensis.

On remarquera que dans cette liste figurent un

assez

se grand nombre d’espèces qui servent à l'alimentation du bétail.

J’ai fait moi-même des recherches dans le but de déterminer si les plantes fourragères qui forment le fonds des prairies aruificielles contenaient de l’iode. Mes expériences ont porté sur une trentaine d’espèces différentes et voici les résultats auxquels je suis arrivé, Les graminées des prairies naturelles contiennent en règle générale de l’iode, surtout quand elles ont poussé dans des terrains bien irrigués et suffisamment humides ; au contraire l'i9de disparaît à peu près complètement des graminées appartenant à des prairies sèches et insuffisamment irriguées. Quand aux léqumineuses dont on fait les fourrages artificiels, l’iode y est assez inconstant ; il n’est guère que la luzerne qui contienne de l’iode d’une façon assez réqulière et celà s'explique quand on considère l’énorme développement de la racine de cette plante qui lui permet d’assimiler l’iode contenue dans une couche de terre d’une assez grande hauteur.

Dicxis à signalé la présence de l’iode dans le Zichen confinis ; Fyre, Dire et Sarpnari dans le P/antago marina et le Nrcotiana tabacum (1); YnxesrRA dans une Sa/sola et dans une Agave de Mexico.

Enfin il n'est pas que les plantes herbacées qui contien-

neut de l’iode ; les arbres en contiennent aussi, et Mar-

1. La présence de l’iode dans le tabac avait été signalée par M. Chatin, Si on s'adresse au tabac manufacturé pour y rechercher l’iode on s’aperçoit, en preuaut des cigares, par exemple, que qu:iques-uns en coatiennent une quantité appréciable, d’autres point du tout. Ces différences proviennent

soit du crû de tabac, soit de l'engrais qu'il a reçu.

chand en a trouvé dans le bois d’orme, de pin, de sapin, de hêtre, de bouleau, de coudrier et de marronnier. Mais il est à remarquer que les arbres contiennent fort peu d’iode et que si dans certains cas on peut le décéler dans une centaine de grammes de bois, dans d’autres cas on est obligé, pour arriver au même résultat, de recourir aux cendres provenant de plusieurs kilogs de bois.

On peut, de tout ce qui précède, tirer cette conclusion, que l’iode se rencontre dans les plantes terrestres en plus ou moins grande quantité. À quoi tiennent les différences dans les teneurs en iode remarquées dans les diverses espèces végétales dans lesquelles on recherche ce métalloïde ? Est-ce comme le croyait M. Caari à l’habitat de la plante, ou bien est-ce à l'espèce ?

Dans le premier cas, une série d’espèces végétales, cultivées sur des terrains à teneurs en iode différentes, l'absorberaient au prorata de cette teneur ; dans lesecond cas une série d'espèces végétales cultivées sur un terrain à teneur en iode unique et connue n’en absorberaient pas toutes la même quantité, et les diverses quantités absorbées dépendraient de la nature de la plante: c’est Ià un point que j'ai cherché à éclaircir.

Les plantes semblent, suivant leur espèce, jouir d’une sorte d’affinité spéciale pour certains métalloïdes ou métaux, et diverses espèces végétales enlèvent au sol sur lequel on les cultive des quantités très différentes des différents métaux qui peuvent s’y trouver. — Bunsen a signalé, par exemple, ce fait curieux que certaines plantes localisent dans leurs tissus des quantités appréciables

de rubidium, lorsqu’elles croissent dans des terrains où

ce métal est tellement disséminé que l'analyse spectrale ne permet pas de le découvrir; M. Granpeau a fait la même observation à propos du cæsium et du lithium; c’est un fait bien connu qu’une espèce du genre Vro/a, la Violette calaminaire, ne croît que dans les terrains où se trouve du zinc, et, descendant dans la série végétale, on voit l’Aspergillus, qui ne se cultive b'en sur le liquide de RauLziN qu'autant que ce liquide contient lui aussi une trace de zinc. On pourrait multiplier ces exemples: un grand nombre de faits semblables ont été signalé, et tous semblent prouver que certains végétaux doivent absorber, dans le sol ou dans les eaux, des traces de métalloïdes ou de métaux nécessaires à la structure de leurs protoplasmas et peut-être à laccomplissement de fonctions spéciales.

Pour déterminer sil en était de même pour liode voici l'expérience que j'ai faite :

Plusieurs mètres cubes de terre furent bien pelletés, et ce mélange rendu homogène par des tamisages successifs. Cinq échantillons pris au hasard dans la masse parfaitement brassée, firent trouver une teneur moyenne en iode de O milligr. 83 par 100 kilogrammes. Cette terre fut - disposée en plates-bandes sur lesquelles on sema un certain nombre de graines. Les végétaux furent récoltés au fur et à mesure de leur maturité et l’iode dosé. Voici les

résultats auxquels je suis arrivé :

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