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Des résultats analytiques qui précèdent découlent des
conclusions assezinattendues. C’est ainsi qu'on voit, à de
rares exceptions près, toutes les matières alimentaires végétales contenir de l’iode en quantités variables.
[ne m'est pas possible de définir les causes probable-
ment très nombreuses qui font varier cette teneur, n'ayant pas cherché à élucider cette question qui ne rentrait d’ailleurs pas dans les limites du travail que je me suis imposé. Pourtant je puis citer les quelques faits suivants acquis par l'expérience : la teneur en iode des matières alimentaires végétales varie : avec l’espèce végétale et avec la variété même de cette espèce ainsi que je l’ai démontré dans le chapitre précédent ; en outre, la nature du sol a une très réelle influence sur le titre en iode du végétal qui y croît. C’est ainsi que deux individus d’une même espèce, cultivés sur deux terrains différents voient leur titre en iode se différencier : le titre le plus élevé correspondant à la plante qui s’est développée sur le terrain le plus iodé. On pourrait mettre à profit cette observation pour augmenter la teneur en iode de certaines matières alimentaires végétales, iodées naturellement, et qui pourraient ainsi devenir des agents thérapeutiques efficaces.
Abstraction faite de toute considération botanique on peut classer les matières alimentaires végétales suivant leurs teneurs en iode relatives. D’une façon générale il semble qu’on peut dire que les fruits d’arbres et les matières très fortement amylacées ne contiennent pas ou du moins très peu d’iode ; les fruits des arbustes ou des arbrisseaux davantage. Enfin sont les plus riches en iode les espèces qui fournissent à l'alimentation des racines, des pivots, des tubercules non amylacés, ou bien encore leurs feuilles ou leurs tiges herbacées. Un coup d’œil rapide jeté sur les tableaux qui précèdent permet-
tra de voir que les fruits : châtaignes, grenades, oran-
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ges, nèfles, prunes, poires et pommes ; et les matières alimentaires fortement amylacées ; pommes de terre, topinambours, fèves et haricots secs contiennent très peu d’iode. Au contraire, les olives, les pêches, les groseilles fruits d’arbustes et d’arbrisseaux en contiennent davantage.
Enfin on verra que les teneurs élevées en iode se trouvent dans les asperges, les carottes, les côtes de bette, l'ail, le navet, le poireau et l’oignon, et ces simples constatations permettront d’accepter, je l’espère, la division quelque peu arbitraire que je donne pour classer les aliments d’après leur teneur en iode.
Parmi les aliments d’origine végétale on doit naturellement classer les vins. Si dans le tableau qui précède on se reporte au mot Raisins on s’aperçoit que certains cépages contiennent de l’iode quand ils ont poussé dans un terrainiodé et qu’ils en sonttotalement dépourvus, quand le sol qui les a nourris n’en contenait pas. Il m’a semblé intéressant de voir quels sont les vins qui contiennent de l’iode et mes essais on porté sur une cinquantaine d’échantillons de différents crûs exclusivement français. Suivant leurs teneurs respectives en iode on peut dire sans se tromper sur quel terrain a végété la vigne qui les a fournis, les vins les plus iodés provenant des terrains les plus iodés et inversement. Les vins français peuvent se classer suivant leurs teneurs décroissantes en iode : les vins du Mâconnais, du Beaujolais, des Pyrénées Orientales et de l’Aude tiendraient la tête, puis les vins de Champagne des environs de Tonnerre. Vien-
draient ensuite les vins de la Gironde ayant poussé dans
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le tertiaire, (qui sont moins riches que les vins de Bordeaux provenant de la bande de craie verte qui s’étend de Cahors à la Rochelle) et les vins provenant des terrains Jurassiques fortement ferrugineux.
Enfin la liste serait close par les vins dits de Champagne qui en règle générale ne contiennent pas trace d’iode.
Quant aux eaux-de-vie les plus diverses provenant soit des marcs, soit des vins (Armagnacs, Fines-Champagne, Cognac, Marcs de Bourgogne, Eaux-de-Vie les plus diverses provenant du raisin) il m’a été impossible d'y trouver une trace d’iode dans quatorze analyses,
Au contraire dans les alcools provenant de fruits ou de graines fermentées on peut trouver de l’iode. C’est ainsi que j'ai rencontré ce métalloïde dans le génépi, dans l’alcool de graines de sureau, quelques eaux-de-vie de pommes et de prunelles. Mais c’est là l'exception et on peut dire que l’alcool de bouche ne contient généralement pas d’iode et qu’il en est de même pour les alcools industriels
de betteraves ou de graines.