CHA
4, Chien terre -neuve,
MÉUSR 1072.307 DIX 6.87 1.06 0.06
« Il était important de savoir dans quelle partie du sang se trouve l’iode.
« Dans une première expérience, nous avons laissé se coazaler spontanément 1000 cc de sang, provenant d’un chien adulte de.35 kg ; on a obtenu 240 cc. de séram (rosé) et
825 gr.de caillot ; il na été trouvé d'iode que dans le sérum,
qui en contenait 0 mgr,06. La glande thyroïde de cet animal pesait (poids sec) 1 gr. 0491 et contenait 0 mgr. 46 d’iode.
« Dans une autre expér'ence, le sang, recueilli sur un caniche blanc déjà âgé, mais très vigoureux, du poids de 22 kg, a été mis, aussitôt après la saignée, à centrifuger ; dans ces conditions, comme l’a montré L. Camus (1), on obtient toujours un sérum parfaitement clair. Les 800 cc de sang que l’on avait pris ont donné 450 gr de caillot qui ne renfermait point d’iode. Le sérum a été soumis à une dialyse de cinquante heures. dans l’appareil de M. A. Gautier. Le liquide dialysé ne contenait point d’iode, Le liquide intérieur (resté dans les dialyseurs) en contenait 0 mgr. 06.
« Une autre expérience, faite avec du plasma, a donné un résultat analogue. Une ‘saignée, pratiquée sur un chien adulte de 26 kg, fournit 800 cc de sang, que l’on reçoit dans une éprouvette contenant 2 gr d’oxalate de potasse, pour empêcher la coagulation. On centrifuge ; le plasma décanté est soumis à la dialyse pendant quarante-deux heures. Ni la bouillie globulaire, ni le liquide dialysé ne contiennent d’iode ; dans le liquide resté sur les dialyseurs on en a trouvé 0 mgr. 09. Quant à la glande thyroïde de cet animal, elle était malade ; le lobe gauche était de la grosseur d’un œuf de poule et kystique ; à son extrémité supérieure cependant, il restait un peu de tissu en apparence sain ; les deux parathyroïdes paraissaient normales ; ce lobe, qui pesait 28 gr. 292, ne contenait que 0 mgr. 1 d’iode, Le lobe gauche, un peu hypertrophié aussi, pesait 2 gr. 729 ct en con-
tenait 0 mgr. 23.
1. L. Cauus, Procédé pour obtenir le sérum sanguin (Comptes-rendus de la Soc. de Biol., t, LIT, p. 401 ; 28 avril 4900).
ol
« Ces expériences prouvent que l’iode du sang se trouve dans la partie liquide du sang et combiné aux matières protéiques. Il existe donc sous une fornie analogue à celle sous laquelle se trouve Piode thyroïdien (iode nucléinique, d’après le professeur A. Gautier).
« Résumons ces résultats comme précédemment :
Quantité Iode
Poids Poids d’iode Quantité dusérum Iode
de dela de la de ou p. 1006
Animaux l'animal glande thyroïde glande sang du plasma de sang
kq gr mr ce mr nigr 5. Chien bâtardé,
adulte. . . : 35 1.049 (poids sec) 0.46 1000 0.06 0.060
6. Caniche, âgé. 22 2.09 0.26 800 0.06 0.075 7. Chien bâtardé,
adulte. . . . 26 31.020 (goitre) 0.33 800 0.09 (dans 0.112
le plasma)
« Si l’on compare ces chiffres à ceux du Tableau précédent, on remarque que la teneur du sang en iode est très variable, oscillant de 0 mgr. 013 à 0 mgr. 112 par litre, soit de 1 à 10.
« On sait que la quantité d’iode contenue dans la glande thyroïde est semblablement très variable. Faisons observer que tous les animaux sur lesquels nous avons opéré venaient de la fourrière ; leur régime alimentaire ne nous est donc pas connu. |
« Il serait évidemment intéressant de suivre les variations de l’iode thyroïdien et de l’iode du sang suivant une alimentation déterminée. Il ne le serait pas moins de rechercher ce que devient l’iode du sang, s’il augmente
ou s’il disparaît après la thyroïdectomie. On jugerait peut-
— JR
être ainsi la question de la provenance de cet iode, que nos recherches permettent de considérer dès maintenant comme un élément normal du sang. »
Des divers résultats indiqués jusqu'ici il semblait découler que les parties comestibles des animaux devaient contenir de l'iode: l'expérience est venue confirmer cette prévision.
J’ai fait environ une centaine de dosages d’iode dans des matières alimentaires d’origine animale, je ne les citerai pas toutes, leur énumération serait fastidieuse et lonque: je ne donnerai que les résultats les plus intéressants.
La viande de boucherie ne contient que très peu d’iode, le maximum d’iode trouvé par kilog est de 0 mgr. 034 dans du filet de cheval, mais c'est là une exception. La viande de boucherie la plus iodée semble être celle de porc, puis viendraïent les viandes de mouton, de bœuf, de cheval, de veau et d’âne.
La charcuterie, à poids égal contient ‘encore :moins d’iode que la viande de boucherie; elle en contient d’autant moins qu’il entre davantage de graisse dans sa fabrication: le lard, le saindoux et la graisse ne contiennent en effet que des traces infimes d’iode.
Les conserves contiennent à peu près autant d'iode que les parties prises à l’état frais dont elles proviennent.
Les salaisons semblent être toujours très légèrement plus riches en iode que les parties prises à Pétat frais dont elles proviennent.
Le gibier d’eau est de beaucoup plus riche en iode que
la volaille de basse-cour. Les plus iodés des oiseaux
= 99 — comestibles sont le canard, le vanneau, la sarcelle et le pluvier. Quant au lapin de garenne, de clapier ou le lièvre iln’y a aucune différence entre eux au point de vue de leur teneur eniode qui est identique et assez élevée.
Mais il est deux matières alimentaires d’origine animale sur lesquelles je m'étendrai davantage étant donnée
leur importance : je veux parler des œufs et du lait.
bé présence de l’iode dans les œufs avait été déjà signalée par M. CnariN, puis par Lonmeyer et NabLer, voici textuellement le passage du mémoire de M. Cuarin à PAcadémie dés sciences. « Les œufs (non la coquille) sont très iodés. Un œuf de poule (pesant 50 grammes)est plus ioduré qu'un litre de lait de vache, il l’est autantque deux litres de vin ou de bonne eau, celle de la Seine à Paris par exemple ».
Je ne cite évidemment cette phrase que pour mémoire, elle contient sans doute une exagération. En effet on a vu (p. 44) que un litre d’eau de Seine contient 0, mgr 005 d’iode, un œuf en contiendrait le double soit 0, mgr 010 par 50 grammes et 0, mgr 20 par kilog. Ce chiffre, se rapportant à la teneur en. iode de l’eau de la Seine indiqué par M. le Professeur Gaurier serait encore acceptable. Mais si on prend le chiffre d'inde de la Seine indiqué par M. CnaTiN ou par Bussy on arriverait à ce résultat fantastique que un kilog d’œufs contiendraient 5 milligrammes diode au minimum : ce serait une véritable mine d’iode
J’ai repris les travaux de mes devanciers et d’une dizaine d'analyses d’œufs de diverses provenances voici les
conclusions que je crois pouvoir tirer :