‹ L'iode dans l'organisme: Ses origines, son rôle, son éliminationChapitre 5 sur 38 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

Historique de la question.

De puis la découverte de llode, en 1811, par le salpêtrier Courrors, jusqu’au premier travail de M. Cars, en 1850, ce corps simple n’avait été signalé que dans un petit nombre de produits naturels minéraux ou organiques. É

‘Ce fut d’abord Davy qui en démontra la présence dans plusieurs plantes marines du genre Fucus; plus tard, Coin et GauLTIER DE CLAUBRY ayant fait connaître l’action que l’iode libre exerce sur l’amidon, la sensibilité de cette réaction permit de constater plus facilement l’existence de ce métalloïde et d'étendre les recherches qui touchaient à ce sujet.

ANGELINI et CANTU signalèrent l'iode dans un certain nombre d’eaux minérales et sulfureuses, ce dernier chimiste put le retrouver dans la sueur, la salive et l’urine de malades soumis au traitement iodé ; BazarD l’indiqua dans divers polypiers et mollusques marins ; VAUQUELIN dans un minerai d'argent du Mexique ; DEL Rio dans l’argent corné de Tomeroso; YNiesTRA et BUSTAMENTE dans le plomb blanc de Catora (Mexique).

Malgré ces faits et quelques autres beaucoup moins

connus qui seront cités au cours de cette thèse, l’iode

passait encore pour l’un des corps les moins répandus dans la nature, lorsque M. Chatin dans un mémoire adressé à l’Académie des Sciences, le 25 mars 1850, fit Savoir que ce corps existe en quantité appréciable dans beaucoup de végétaux et d'animaux aquatiques ; puis dans une série d’autres mémoires, il annonça, à la suite d'expériences très bien faites, que l’iode, loin d’être une rareté, était au contraire très répandu dans la nature.

En même temps Personne décelait l’iode dans le Jungermanta pinquis (Linné), Meyrac dans diverses Oscéllaires des eaux thermales de Dax; et, le 2 février 1852, Marchand publiait un mémoire intitulé : « Des eaux potables, et leur influence sur le développement du gottre et du crétinisme » qui confirmait les résultats de M.Crarix, concernant la dissémination de l’iode dans la nature.

Les travaux de Cxarix et de MarcnanD, bien qu'ils soient des chefs-d’œuvre de patience et d’habileté expérimentale, ne reçurent cependant pas l'accueil qu'ils méritaient. Il suffit, en effet, que les résultats de M. Cxari, concernant la présence de l’iode dans l’air atmosphérique, fussent controuvés, pour éloigner l'attention des savants de ces résultats pourtant si intéressants et si inattendus. |

À peine trouve-t-on de temps à autre dans la littérature de courtes notes indiquant la présence de l’iode soit dans les eaux minérales, soit dans quelques produits naturels. C’est MacaDam, SARPHATI, Hapr, FyrFE, STRAUB, Gosez, SrRATINGH et Hoprer pe L’Hormr qui signalent ce métalloïde dans diverses plantes aquatiques et dans l’eau

de mer, c’est Lonmever et Napcer qui le trouvent dans

les. œufs.et.le lait, dans.les, eaux dulac,de Zurich et::les, plantes qui y croissent;.c’estenfin GrÆ6ir, Gerin,-Joxas, GiRARDIN, RUEGERS STRATING, et DE, JONGH qui létablissent d’une façon: définitive que, l’iode ,existenormalement: dans l'huile. de foie de. morue.

En somme la question.ne semblait plusrintéresser, per+ sonne lorsqu'un fait inat{endu. ,et d’une -portée,.physiologique, considérable vint. la-remettre à, l’ordre.du. Jour): 3e veux parler de. la découverte.de, l’iode dans, Porganisme humain, dans la glande, thyroïde. .: :

Le fait de la présence de liode: dans de corps thyroïde fut, signalé. à. la: fois par: DrecxseL. et par, Baumann, Ce, fait éveilla aussitôt la curiosité, des chercheurs, et l’on publia à partir de ce moment une foule de travaux.sur la glande thyroïde : les ;uns intéressants, les autres: ne; renfermant que desiredites, des résultats controuvés, ce,sont Jà les plus. nombreux. Cette:littérature, est tellement :considérable:qu'’il;:m’eût.été. impossible, d'en. tirer, quelque, chose d’utile-sans le concours éclairé. de, M.,le professeur GLey; dont:la haute compétence bibliographique, l’érudition.et.la bienveillance. sont connues de,tous, ceux, qui ont.euwaffaire à lui : qu'il.me. soit permis ici de le nemercier.sincèrement:

Un volume suffirait à peine à contenir tout ce,quia;été écrit. au sujet. de la glande thyroïde, et je.suis. forcé, deine citer que les auteurs qui se sont, occupés, de.celte, question au point de,yue, chimique. | |

Comme Jje.le disais plus,haut, Baumaxx et.-DrEgkser, signalèrent presque simultanément; la présence. de l’iode dansile, corps thyroïde humain, .BLum, ;découvrit;.que:la thyroïde, seule peut fixer l’iode sous, forme de, combinaison,

albbuminoïde,:et.il émit. l'hypothèse que.cette combinaison se, décomposerait, par, oxydation, danses, tissus. et, que l'inde,redevenu libre, s’éiminerait, à l’état.d'iodures.par les urines.

La, nature. même: de: l’iodothyrine, a. donné. lieu. à des nombreuses recherches .et,; à des: pablications plus nom breuses: encore, sans que: rien. de :définitif en soit: sorti. Roos et BLum engagèrent à ,ce.sujet une assez: violente polémique. Baumanx et: Gornmann se demandèrent: si l'iodo-thyrine -était la partie essentielle: de-la glande thyroïde, OswazD;reconnut qu'il existe au-moins deux corps distincets.et :acüfs dans la glande thyroïde;:.et:peut-être même trois; opinion, soutenue aussi, par M: le professeur GLEY.

Hurenison :a aussi publié ‘un mémoire fort intéressant sur, la thyroïdine, Banc reconnut que liodothyrine,.ou.qu moins l’iode,;.est..excrété par le:lait.

On fit aussi des recherches pour:savoir. quelle était,la teneur :moyenne em iode de. la, glande :thyroïde,,, Bau- MANN, Oswazp;J. Samuzrzrer et-K;: Ewazp, Rosirzxy: prouvèrent que (là teneur ‘en iode de’ cel: organe: varie suivant I nourriture; Fhabitat, les saisons et let sexe: Warssia trouvé par exeniple que les glandes\thyroïdes des habi- {ants de Breslau contiennent (par glande) 4 milligr. 04 d’iode, à Hambourg, chaque habitant n’a dans sa thyroïde que 3 millig. 82 diode, à Fribourg 2 millig. 5, et à Berlin 6 millig. 6. Rosrrzky a fait les mêmes observations pour les habitants de la Styrie.

Le rôle de la glande thyroïde et de la thyroïdine, son

principe iodé, firent aussi l’objet de nombreux travaux,

mi —

tels ceux de Frirz Foïr, ne Murcmener, pe Roos, nr HurcHison et enfin celui du professeur GLey. Qu'il me soit permis de rappeler pour finir que M. le professeur Grey a le premier décrit les glandes parathyroïdes et qu'il a le premier aussi reconnu que ces glandes étaient beaucoup plus riches en iode que les glandes thyroïdes elles-mêmes, résultats qui viennent d’être confirmés tout récemment par les recherches de Larayerre B. MEnvEL.

Je ne saurais terminer ce bref historique de l’iode organique sans signaler un fait extrêmement important signalé par Darro-Barnr qui reconnut la présence normale du brôme dans la glande thyroïde, Paneri trouva cet élément dans la glande pituitaire. Les résultats de ces deux savants confirment ceux de RaBurEau qui en 1868 signala la présence du brôme dans les urines normales. Comme au cours de mes recherches sur l’iode, jai trouvé très fréquemment ce métalloïde accompagné du brôme, il y aurait à faire pour ce dernier un travail analogue à celui que j'ai fait pour l’iode, travail qui conduirait à des résultats nouveaux et très intéressants, et qui fut déjà ébauché par GranGe (CG. R. 1852, t. 34, p. 332) dans une note intitulée : Observations sur la présence de l’iode et

du brôme dans les aliments et les sécrétions.

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