CHAPITRE II
Méthodes de recherche et de dosage de l’iode.
Ce furent Corn et Gaurrigr DE CLAUBRY qui indiquèrent les premiers la coloration bleue que prend l’amidon en présence de liode libre : depuis lors un grand nombre de procédés de recherche et de méthodes de dosage de ce métalloïde furent proposés : je ne citerai que les plus connus, en suivant autant que possible leur ordre chronologique.
Ces méthodes reposent soit sur la coloration que cerlains réactifs donnent en présence de l’iode, soit s r la propriété de certains sels métalliques d’engager l’iode sous forme de combinaisons insolubles dans les réactifs ordinaires et par conséquent pondérables.
Azvaro Reynoso additionne d’eau oxygénée un iodure mêlé d’une solution récente d’amidon : la teinte bleue se produit même en présence de sulfites, d’hyposulfites et de sulfures.
Besnou a fait voir qu’en chauffant des mélanges d’iodures avec certains sels de magnésie ou d’ammoniaque on dégage des vapeurs violettes d’iode.
SreinserG a proposé d’électrolyser un liquide ioduré en employant comme cathode un fil de platine enduit de celle d’amidon : il se fait dans ces conditions de l’iodure
bleu d’amidon.
ete
Vucrranc Gerpy mêle avecun peu d'empois d’amidon la liqueur soupçonnée iodée contenue dans un verre à pied dans lequel on fait couler lentement un peu d’acide sulfurique qui forme une couche au..fond .duliquide ; en laissant alors tomber quelques parcelles de chlorate de polasse pulvérisé oh © voit” apparaitre "des stries blenés diodure d’amidon.
Sousgiran mêle du sulfate de cuivre à uniodure soluble et ajoue une solution d'acide sulfureux ou de sulfate ferreux : on oblient un précipité brun-cannelle, de sousiodure cuivreux.
Dans le cas où,une, liqueur contient à la fois des iodures et des iodates, Tuorez la mélange avec quelques gouttes d'acide azotique et chlorhydrique,: le, premier décompose les iodures et le second les iodates. Si on présente, un papier amidonné, à l’ouverture du , vase. dans lequel est le mélange chaufté, il bleuit en présence d'une trace d’iode. | |
Ces diverses méthodes ne s’appliquant qu’à la détermination qualitative de l’iode, voyons celles. qui ont jété proposées pourle dosage de,cet élément.
La première en date est celle de Lassarane. Elle con siste à précipiter la solution aqueuse d'un iodure,.alcalin par l’azotate de palladium tant, qu'ilise fait. un.précipité noirâtre. Ce précipité séché, avec. précaution est |pesé,sil contient 71,14 pour cent diode,
Lorsque dans! 1x méthode précédentes con iremplace l’azotate de palladiunv par : l’azotaté d’argenthonsobtiènt un précipité Jaunâtre, insoluble dans l’acidérrazotiquel
Dr même concentré, qui, séché :à:130 degrés contient 54; 04 pour:cent de son :poids:d'iode.
Üne; autre méthode: consiste: à précipiter: l’iode -sous forme d’iodure! d’amidon :qu’on - décompose par’ l’aéide azotique chargé decvapeurs nitreuses,' ‘etitransforme en 1odure d'argent comme dans le cas précédent:
-Ossian-Henrycèt E,-:Humserr dosent l'iode à létat'd’iodure dé :cyanogène.:Cette méthodeassez fine; ‘mais très délicate. d'exécution! a-donné: dés résultats: mtéressants entre les:mains. de Guirserr, mais les modifications: ‘qu'y ont. rapporté: Via 2et:-LAvinr ne l’ont pas empêchée :de tomber: dans:l’oubl:
Dans: son:travail sur .les:eaux potables du département de la Sémeclnférieure, MARCHAND ‘a proposé'de ‘précipiter l’iode à l'état d'iodure d'argent qu'on! traite: par’ l’acide sulfhydrique ‘en excès, :on filtre la liqueur à laquelle on ajoute du carbonate de ‘potasse ‘en -excès: On évapore à siccité;vépuise; par: l'alcool, évapore l'alcool et°réprend'le résidu-par l’eau: La solution aqueuse additionnéé d’amidon;: d’aciderchlorhydrique:iet: d’une ‘trace ‘de! chlorate ‘de potasse ne tarde pas à fournir -:une‘teinte bleue ou violacée.
RasourpiNta publié ‘en ‘1850, un procédé de'recherche et.de dosage de l’ioderau moyen du chloroforme:« Si on prerid,. diteil; 40 grammes d’un‘liquide contenant un cent millième:de -son-poids d’iodure de potassium!) qu’on’ ajoute à-ce: liquide: deux gouttes! d’acide azotique quinze: à vingt gouttes d’acide:sulfurique;et un gramme: de!chloroforme, par: l'agitation leo chloroforme prend'une |teinte violette
très apparente ».
En comparant cette teinte à la gamme des teintes obtenues en dissolvant des poids connus d’iode dans des volumes constants de chloroforme, RABouURDIN est arrivé à doser l’iode contenu dans l'huile de foie de morue, après avoir été fondue avec de la potasse caustique.
Nrczoux a modifié cette méthode : comme le chloroforme, par suite de sa légère solubilité dans l’eau, fournit des résultats un peu faibles, il l’a remplacé par le sulfure de carbone. De plus il a déterminé les limites de sensibilité de cette méthode. Il a trouvé que l’iode dans une liqueur peut être facilement dosé : au 1/2 centième de milligramme près si la quantité d’iode est inférieure à 0, mgr. 1 ; à 1/100 c de mgr. près entre 0, mgr. Let 0 mgr. 2 d’iode ; à 2/100 de milligr. près si la quantité d’iode est supérieure à O0, mgr 2 par exemple entre 0 mgr et 0, mgr 4. Cette méthode est, on le voit, d’une extrême sensibilité.
C’est par la méthode de RaBourpix que Baumann fit ses dosages d’iode dans la glande thyroïde ; et pour éviter la grande quantité de charbon qui reste après la simple destruction par la potasse, il ajoutait à celle-ci une certaine quantité d’azotate de potasse.
Cette méthode est excellente quand il s’ayit de doser d'assez fortes quantité d’iode, un ou deux milligrammes par exemple, dans un poids assez faible de matière organique, comme c’est d’ailleurs le cas pour la glande thyroïde. Mais elle devient absolument inutilisable lorsque le problèmeinverse se présentant, il s’agit de retrouver une fraction de milligramme d’iode dans une grande quantité de matière organique, 500 grammes où un kilog par
exemple.
Voici dans ce cas la méthode à laquelle je me suis arrêté et avec laquelle ont été obtenus tous les résultats personnels consignés dans cette thèse.
La matière dans laquelle on veut rechercher l’iode est, suivant sa nature, finement hachée ou pulvérisée, humectée avec une solution diluée de potasse complètement exempte d’iode et desséchée dans l’étuve à 100 degrés. La masse sèche est de nouveau finement pulvérisée, puis fondue avec de la potasse exempte d’iode dans une capsule de fer, ou mieux de nickel (1).
La fusion terminée, on laisse refroidir la masse, qu’on épuise par l’eau distillée bouillante jusqu’à ce que l’eau de lavage filtrée ne soit plus sensiblement alcaline. La liqueur ainsi obtenue est réduite par évaporation à la moitié de son volume primitif. A la liqueur froide on ajoute peu à peu de lacide sulfurique pur et sans iode étendu de cinq fois son poids d’eau distillée, en évitant tout échauffement et refroïdissant au besoin le vase dans lequel s’effectue la saturation. Quand la liqueur est neutre, on y verse quelques gouttes de solution de potasse sans iode pour la rendre alcaline et on l’additionne lentement et en agitant de la moitié de son volume d’alcool à 95 degrés. La majeure partie du sulfate de potasse se précipite alors à l’état de poudre fine, qu’on essore à la trompe et lave à l'alcool à 30 p. 100 qui entraîne les eaux mères dont-elle est imprégnée.
4. Lorsqu'on se sert d’une capsule en fer, on doit commencer par y faire fondre de la potasse sans iode et en laver loute la surface intérieure avec de la potasse fondue, On enlève ainsi la faible quantité d’iode que les cap-
ules en fer abandonnent presque toujours à la potasse lors de la première
gusion qu on y pratique,
Ee ‘liquide filtré test évaporé auftiers-de‘son volume primitif, ét'additiünhé; ! quand il ést refroidi, » d’alcoobiàr 90 degrés. Une nouvelle quantité ‘de’ sulfate (de ‘potasse:se précipité, qu'on éssore et’ lave aveci del Paleoo! à 30:p 5100 comme précédemment. Enrenouvelant ‘plusieurs :fois la concentration des-liqueurs filtrées etleur-précipation par l'alcool, on finitpar éliminer ‘tout le sulfatede potasse, où'à péu près, alors que l’iode;:sil:ÿ éna;!:se concentré dâns les liqueurs alcalinés solubles dans alcool:
Les dernières liqueurs ainsrtobtenuesrsont évaporéesrà sec'dañs‘uné capsule de” nickelou:de «porcelaine; 'et'le, résidu est soumis à un léger coup'de-féu- qui achève de:dé: trüire lepeu de‘matières ‘6rganiques-qui-pouvaient'encore s’y trouver: lOn ‘laisse refroidir, on1réprend spar:le minimu d’eau distilléé chaude; on sfilfre, etric'estdans les quelques centimètres “cubes: derdiqueur: 4insobtenué que se ‘trouve rassémbléttout l’iode conteénu:-dans la, matière détruite. |
Cès quelques" céntimscubes sont! franchement acidulés pas Patide ‘sulfurique au tiers (38°0/0S04:/F°)sencévitant avec Soif tout échauffémentsOnlajoute alors à l& liqueur un centimétré cubé del‘sulfure *de’larbone:/parfaitemient pur êt quelques gouttes d’ane solution de nitrite de:sodium: à 200/0°et'on'agite énergiquement: s’il yavait:del l’iodé dans la matière analyséé, léisulftrérdettarboné se coloré immédiatement en violet dont l'intensité croît avec la quantité «d’iode dissous:
Il est ‘évident qu’en comparant lacteinte--obtenueravec une gamme de teintes préparée en dissolVant dés poids
connus d’iode dans un centimètre cube de sullure de car-
bone, ün arrivera à trouver l'égalité de deux tons et par conséquent on pourra déduire la quantité d’iode que l’analyse a fourni.
Bien que purement colorimétrique ce procédé peut fournir avec l'habitude des résultats très exacts, surtout si on s'arrange de façon à avoir des solutions sulfocarboniques d’iode contenant au maximum un dixième de milligramme d’iode.
On y arrive en diluant avec un nombre connu de centimètres cubes de sulfure de carbone pur, le centimètre cube de solution sulfocarbonique d’iode obtenu.
Baumanx qui s’est servi de cette méthode colorimétrique a reconnu, ainsi que Niccoux, qu'il y a le plus grand intérêt au point de vue de sa sensibilité à employer des solutions sulfocarboniques d’iode aussi étendues que possible de façon à pouvoir apprécier facilement la moindre différence entre les teintes que l’on compare.
Je dois dire quels sont les réactifs que j’ai employés dans mes recherches. La potasse caustique parfaitement exempte d’iode peut, à présent, se trouver dans le commerce à des conditions abordables, je n’insisterai donc pas sur sa préparation. L'acide sulfurique pur au soufre ne contient pas d’iode, alors que l’acide aux pyrites en contient le plus souvent. Quant à l'alcool il ne contient généralement pas d’iode. Pour plus de sûreté il convient de le distiller en présence de cinq millièmes de son poids de potasse caustique. Soumis au même traitement l’alcool dénaturé peut remplacer lalcool bon goût employé dans les laboratoires.
Il arrive parfois que certains résidus de matières albu-
Bourcet , 2
minoïdes donnent, en présence du nitrite de soude, une matière rouge, soluble dans le sulfure de carbone en violacé : on ne devra pas confondre cette teinte avec la teinte violette fournie par l’iode dans les mêmes conditions.
D'ailleurs si, dans un cas douteux, on additionne la liqueur de quelques gouttes d’une solution de bichromate de potasse la teinte dûe à l’iode subsiste seule.
D’autres fois, et je l’ai observé fréquemment, les matières analysées contiennent à la fois du brôme et de l’iode qui, se dissolvant simultanément dans le sulfure de carbone, lui communiquent une teinte dont il est difficile d'apprécier l'intensité. IL suffit alors de décanter le sulfure de carbone et de l’agiter avec une solution à 20 pour cent de bicarbonate de soude, ce réactif s'empare plus rapidement du brôme que de l’iode et laisse la solution sulfocarbonique de ce dernier avec toute sa pureté de ton.
Malgré sa complication apparente, cette méthode de dosage del’iode est d’une exécution facile et suffisamment rapide pour permettre de terminer trois ou quatre dosages par jour en les menant de front.
J'espère que ces quelques renseignements suffiront à ceux qui voudront reprendre mes expériences ou contrôler mes résultats, contrôle que je désire d’autant plus qu'il suscitera de nouvelles expériences et fournira des données nouvelles qui permettront un jour de résoudre complètement les nombreux problèmes qui se rattachent
à cette question si intéressante de l’iode organique,