‹ L'iode dans l'organisme: Ses origines, son rôle, son éliminationChapitre 7 sur 38 · CHAPITRE Ill · texte numérisé non relu

CHAPITRE Ill

L’iode existe-t-il dans l’air ?

La question de lexistence de liode dans Pair et les eaux de pluie ou résultant de la fonte des neiges a donné lieu à de nombreuses publications. D’après M. Cxarix, qui consacra plusieurs années à cette étude (1850 à 1862) l'air contiendrait à Paris 1/80 à 1/300 de milligramme diode par 10.000 litres, volume que respire l'adulte en vingt-quatre heures, ce serait donc 0 mgr 00075 d’iode par litre d’air moyen. Dans vingt analyses d’air portant sur des quantités variant entre 5.000 et 20.000 litres d'air prélevés soit en France soit en Italie, M. Chatin a trouvé, pour 8.000 litres d’air, des quantités d'iode variant entre O0 et 1/100 de milligramme d’iode. Dix litres d’eau de pluie lui fournirent entre 1/5 et 1/2 milligramme de ce métalloïde. MarcranND retrouva peu de temps après l’iode dans les eaux de pluie, et Bussy, rapporteur de la commission nommée par l’Acidémie des sciences pour examiner les travaux relatifs à la présence de liode dans l'air et les eaux, constatait lui-même à son tour l’existence de ce métalloïde dans les eaux de pluie recueillies à l'Observatoire de Paris. Enfin Vax Auxum trouva de

l’iode dans l’eau de pluie et BarraL à son tour décélait ce

OS métalloïde dans l'eau recueillie dans les pluviomètres de VObservatoire de Paris durant le mois de juin 1851.

Par contre un certain nombre d’auteurs qui se sont occupés de la même question n’ont pu trouver l’iode ni dans l’air, ni dans l’eau de pluie qui l'avait lavé. Ce sont Macanam, Lonmeyer, Casaseca (La Havane); Marrin (à Marseille) : A. Vocez, Kuerzinski;, CLoëz(Paris) ; De Luca (à Pise) en opérant sur 10.000 à 20.000 litres d’air ; BaummauEr à Amsterdam ; MÈxE et enfin Napzer.

Ces divergences ont en partie leur raison d’être dans les quantités extrêmement faibles d’iode qu’il s’agit de retrouver.

La question, en mars 1899, pouvait se poser ainsi : l’iode existe-t-il dans l’air; même aux faibles doses indiquées par Cain, MarcHanD, Bussy et Barrar, et au cas où il s’y rencontre sous. quelle forme existe-t-il, quelle est sa signification et son origine.

M. le professeur Armanp Gaurier l’a résolue dans un très remarquable mémoire à l’Académie des sciences, auquel j’emprunte d’ailleurs la majeure parte de ce cha-

pitre de l’iode atmosphérique.

J'ai examiné, dit M. le professeur À. GauriEer, l’air

recueilli sur place et en divers lieux : ville, bois, montagne et mer, séparant de la partie gazeuse les corps en suspension, puis examinant chaque portion attentivement.

L’air à étudier filtrait d’abord dans un tube de verre de 8 millimètres de diamètre intérieur, à extrémité recourbée vers le sol, et placé sous un petit auvent de zinc qui le mettait à l'abri de la pluie. Ce tube était rempli sur

une longueur de 14 à 15 centimètres de bourre de laine

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de verre (exempte d’iode) et un peu tassée. L’air filtré se rendait ensuite par une canalisation de verre dans un barboteur tubulaire très puissant où il se lavait dans 15 à 20 centimètres de lessive de potasse (D — 1,3) exempte diode. Il parcourait bulle à bulle ce laveur spiroïdal sur une longueur de 1 m. 50 environ, avec une vitesse de 3 litres à 3 litres 5 à l'heure. L’air ainsi privé d’iode était envoyé à un compteur et lorsque la quantité d’air ayant circulé était reconnue suffisante ou procédait à l’examen.

Les substances iodées se répartissaient en trois catégories.

a). — Les substances solides déposées sur la bourre de verre et solubles dans l’eau froide (iodures alcalins et terreux).

b). — Substances déposées sur la bourre, mais insolubles dans l’eau (schizophytes, alques, spores iodées, etc).

c). — Substances gazeuses dissoutes dans la potasse (1). (Vapeur d’iode, acide iodhydrique, corps organiques jodés volatils).

L’iode était recherché dans ces trois catégories de résidus par fusion à la potasse, et saturation par l’acide sulfurique des liqueurs alcalines ainsi obtenues, dans lesquelles on recherchait l’iode en déplaçant ce métalloïde par les vapeurs nitreuses'et en le titrant colorimétriquement après l'avoir dissous dans le sulfure de carbone. Onparvient par cette méthode à recueillir dans un cen-

timètre cube de sulfure de carbone 1/300 de milligramme

1. 0 milligr. 010 Wd’iode libre contenu dans 10 litres d’air sont intégralement retenus par la potasse placée le dans barhoteur précité,

diode et à en apprécier comparativement la coloration. En opérant avec un demi-centimêtre cube seulement de sulfure de carbone on peut retrouver 1/500° de milligramme d’iode.

Voici maintenant les résultats :

I, — Air du boulevard Saint-Germain, à Paris, pris à l'Ecole de Médecine, à 3 m. 80 au-dessus de la chaussée et recueilli de mai à novembre 1898.

Volume d’air (température et pression variables) 1450 litres.

Iode fixe, soluble dans l’eau, nul.

lode fixe, insoluble dans l’eau, expérience perdue.

lode volatil retenu par la potasse, nul, ou inférieur à 1/500 de milligrame.

IT. — Air aspiré au même lieu, dans les mêmes conditions, de novembre 1898 à mars 1899.

Iode fixe, soluble dans l’eau, nul.

Iode fixe insoluble, 1/200 de milligramme.

Soit en moyenne pour 1000 litres d’air (calculé à 0 et 760 milligr., 0 mgr. 00135.

Iode volatil, nul.

IIT, — Air des forêts.

Recueilli dans les bois de Lainville (S.-et-O.), altitude 170 m., les 27, 28 et 29 juillet 1898.

Volume d’air : 280 litres à 0 et 760.

Iode sous ses trois formes, nul ou inférieur à 1/500 de milligr.

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