CHAPITRE V
L’ION OTHÉRAPIE DES ULCÈRES CORNÉENS
Les uleères de la cornée appartiennent aux maladies les plus importantes des yeux, et cela en raisonde leur grande fréquence et des séquelles qu'ils peuvent laisser. Etant souvent consécutive aux accidents de travail, cette maladie présente aussi un grand intérêt social. La capacité de travail des atteints est souvent détruite en grande partie. On comprend donc que de tous temps, l'ophtalmologie s’est évertuée à trouver le moyen efficace pour la bonne guérsion des ulcères. Mais les efforts d’un demi-siècle n’ont pas résolu la question d’une manière radicale. Tout ce que la chimie nous a offert en médieaments tant soit peu antiseptiques, a été essayé dans la lutte contre les ulcères. On a essayé aussi la sérothérapie, des moyens physiques (chaleur, froid, rayons ultra-violets, radium), des mesures opéra-. toires (Kéralotomie ponction de la chambre antérieure, cautérisations, chauffages, ete.) La multiplicité des moyens, en prouve le peu d'efficacité.
L'introduction de.l'ionisatoin constitue un énorme progrès dans la thérapeutique des ulcères cornéens. Nous espérons pouvoir le démontrer dans les pages suivantes.
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Voyons les résultats et les opinions des auteurs qui ont traité des ulcères de la cornée par l’ionothérapie. Le précurseur est Wirtz. Voilà ce qu'il écrit, en 1908, après avoir traité 6 cas.
« Dans tous les 6 cas, l’évolution, indubitablement progressive, fut enrayée par l’iontophorèse ; dans 4 cas, une seule” séance à suffi pour détruire les germes, des diplobaciiles et pneumocoques ; dans 2 cas, les germes avaient persisté en un endroit, mais n’ont pas résisté à une deuxième séance. Après l’électrisation, le fond et les bords gris sales des ulcères paraissaient blancs. Après quelques heures, les douleurs cessèrent dans tous les cas. Après 24 heures, on pouvait constater objectivement l'amélioration ; l’infiltration était moindre, le bord de l’ulcère plat. Les jours suivants, l’ulcère se nettoyait rapidement, de sorte qu’en 5 ou 6 jours après le traitement, il était épithélisé et miroitait. L'infiltration du parenchyme s’est résorbée lentement, mais complètement. Dans tous les cas, il est resté, comme suite de l’ulcère, une fine macule trans-
parente, ne dépassant pas l'étendue pritniuve : l’ulcère. L’ionisation n'a donc jamais détruit les parties avoisinantes de l’ulcère et agrandi la lésion. Ce fait, qui est de la plus haute importance dans les ulcères centraux, constitue le grand avantage de l’ionisation. Autrefois, dans les petits ulcères rongeants, nous avions l'habitude d’appliquer de suite la cautérisation qui évitait toute progression. Maïs, par ce procédé, nous avions, dans les ulcères centraux, des cicatrices endommageant fortement la vision. L’acuité visuelle dépassait rarement, après le traitement, 1/24. Au contraire, les cas traités électriquement conservèrent des acuités allant jusqu’à 1. Nos cas ont été légers ou moyennement graves. Mais l’action du traitement s’est montrée si rapidement améliorante que ce traitement nous paraît digne d’être essayé même dans les formes les plus sévères de l’ulcère ser-
pigineux ».
Un an après, il écrit :
« Jusqu'à présent, j'ai soigné 16 ulcères infectieux, dont 11 étaient des ulcrèes serpigineux typiques, 5 des ulcères ordinaires. D’après le tableau clinique, il s'agissait de 6 ulcères moyennement graves, 3 ulcères graves et 3 extrêmement graves. Dans tous les cas, on a réussi à enrayer le procès. Dans tous les cas, les malades ont passé, après la première séance, la première bonne nuit. Dans tous les cas, il est resté, comme suite, une fine cicatrice. L’ioñothérapie zincique a 3 grands avantages : 1. Action pénétrante profonde (Tiefenwirkung) ;
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2.Epargne les tissus sains ; 3. Cicatrisation délicate. Les ér o sions récidivantes de la cornée sont souvent une source de beaucoup d’ennuis pour les malades. Elles sont souvent très tenaces et résistantes à toutes les mesures thérapeutiques. L’ionisation zincique s’est révélée à moi, dans ces cas, comme un moyen infaillible, menant à la guérison rapidement et sans cicatrices. »
En 1912, Wirtz écrit :
« J'ai soigné, jusqu’à ce jour, plus de 300 cas d’affections cornéennes d’origine infectieuse, sans avoir éprou- Yévun seul échec)»
Hagemann rapporte, en 1909, les expériences faites par lui à la suite des travaux de Wirtz :
6 cas d’ulcères infectieux traités. Après 2-3 séances, disparition de l’hypopion, ulcère nettoyé, épithélisé et miroitant. Séquelle, fine maäcule. Les tissus sains, à la circonférence de l’ulcère, sont complètement épargnés.
Krailsheimer, 1909 :
« Les expériences cliniques faites par le Docteur Wirtz peuvent être pleinement confirmées par moi. La guérison des ulcères serpigineux était plus rapidement atteinte qu'avec les modes de traitement habituels et la cicatrisation était plus favorable. Dans beaucoup de cas d’érosion de la cornée, le traitement par l’iontophorèse s’est montré éfficace par le fait que la guérison complète et durable fut obtenue par une seule application. Je peux recommander vivement cette méthode. »
Zahn, 1910 :
17 ulcères serpigineux à pneumocoques, moyennement graves pour la plupart, avec hypopion et iritis. 14 ont pu être guéris par l’ionothérapie seule, dans 3 cas on eut recours ultérieurement à la cautérisation. 10 ulcères à diplobacilles, avec iritis et hypopion pour la plupart. Dans tous les 10 cas, après 1-4 séances, guérison avec opacité cicatricielle modérément épaisse. 6 ulcères sans germes : dans tous les cas, rapide guérison après 1 séance.
1911 : 63 cas traités, 14 cas de kératite purulente. Dans l’ulcère serpigineux, arrêt du processus évolutif après 1 séance ; dans plusieurs cas le traitement fut répété, les jours suivants, une ou plusieurs fois ; dans quelques cas peu nombreux et particulièrement graves — galvanocautérisation, laquelle, cependant, n’a pas toujours donné non plus de bons résultats.
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H. Lewis Jones, 1910 :
« Les cas suivants illustrent là valeur de l’ionisation zincique dans l’ulcération de la cornée connue sous le nom de « Mooren’s ulcer » et qu'il est très pénible à traiter avec les procédés habituels. Même avec le secours du gälvanocautère, il est très difficile d'arrêter l’ulcère et dans le cas d’une longue durée de la maladie, la diminution de la vision devient sérieuse. 4 cas ont été traités. Dans tous les cas, la guérison fut rapide et complète en 1-3 applications. » Suivent les observations.
Lubowski (Katowice) et Sachs-Mücke, 1911 :
« Nous cherchions à nous faire une idée personnelle de l’utilité de l’ionothérapie dans les ulcères septiques. Les cas légers furent exclus à priori du traitement. Seuls les cas graves furent choisis. Nous avons fait l’expérience qu’on ne pouvait pas méconnaître une action extrêmement favorable sur la märche de l’ulcère. Cette action s’est montrée après r ou plusieurs séances. Depuis l’emploi de l’iontophorèse, nous n’avons pas perdu un seul œil à la suite d’un ulcère septique. 30 observations. Pour conclure: l’iontophorèse au
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ficace des ulcères cornéens et, paraît être supérieure à toutes les autres méthodes théraäpeutiques, surtout quand elle est combinée à la paracenthèse. »
5 mois plus tard, Lubowski communique ses observations concernant 90 cas. Elle sont aussi affirmatives que les premières. L'auteur n’a jamais été obligé d’avoir recours à la cautérisation. Il a eu l’occasion de revoir ses malades après six mois et de constater avec joie la régression des opacités et leur éclaircissement plus considérable qu'après cautérisation. 3 mois plus tard, il confirme ses résultats précédents.
Traquair, 1911 « 27 cas d’ulcères cornéens ont été traités par ce moyen. Ont été traités seuls les ulcères qui, autrement, seraient sujets à la cautérisation, ou qui étaient asesz avancés pour contre indiquer là cautérisation. Douze ulcères étaient bénins, huit très
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