‹ L'iritis syphilitique à forme hémorragiqueChapitre 13 sur 18 · CHAPITRE V Diagnostic · texte numérisé non relu

CHAPITRE V Diagnostic

Nous traiterons, dans ce chapitre de l'iritis syphilitique en général. L’hémorragie, nous l'avons déjà dit, se rencontre dans toutes les formes cliniques de cette affection, et son apparition ne peut pas entraver ni aider lé diagnostic d'une façon sensible.

L'iritis plastique syphilitique se reconnaîtra facilement à l’interrogatoire et l'examen général du malade. Localement, rien ne permet de la différencier des autres iritis.

En ce qui concerne l’iritis gommeuse, nous sommes en présence de deux causes principales d'erreur : il existe de nombreuses tumeurs iriennes qui s'accompagnent des signes d'iritis, et, d'autre part, il existe d'autres iritis qui présentent des nodules. L'iritis parenchymateuse, par exemple, peut s'accompagner de petites tumeurs appelées granulormes et qui ne sont que des exsudats développés dans l'épaisseur de l'iris.

Le diagnostie est d’abord basé sur l’étiologie. Mais la notion causale est quelquefois difficile à trouver. Certains malades n’avouent pas volontiers leur syphilis ; d'autre part, nous avons vu que l'iritis pouvait être dûe à une syphilis hériditaire, ignorée du malade lui-même.

On se basera ensuite sur la marche même de la maladie: « Apparition sans phénomènes inflammatoires étendus, inflammation partielle de l'iris, régression avec des signes de dégénerescence caséeuse où de transformation purulente, econcomitante d’autres néoformations gommeuses sur le corps », tels sont les signes qu’Alexander invoque pour le diagnostic. L'observation des quatre stades : de crudité, de ramollissement, de régression ou d’ulcération, de ré-

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paration, est d’une grande valeur diagnostique. Ces caraetéres peuvent être considérés comme pathognomoniques de celte affection.

Mais, en présence d’un point jaunâtre ou d’un ramollissement caséeux, on peut penser au lubercule, et le diagnostie peut être rendu difficile par le fait que tout autre signe de tuhereulose peut faire défaut. N’a-t-on pas observé un cas de gommes tuberculeuses multiples, sans réaction ganglionnaire primitive, et pour lequel on avait porté le diagnostie de sporotrichose ? Il en est de même pour les gommes iriennes.

Une autre difficulté réside dans le fait que le malade peut être à la fois tubereuleux et syphilitique, Un cas semblable à été présenté par Armaignac à la Société de chirurgie de Paris. On admit la prépondérance étiologique de la tuberculose, et on proposa l’énucléation. pour supprimer le foyer infectieux.

Le maximum de difficulté se rencontre dans le cas de gomme tuberculeuse isolée, forme heureusement très rare. De Graefe observa un cas semblable chez-un nourrisson de quelques mois. Perls également.

On étaiera surtout son diagnostic sur la notion de l’excessive gravité de la tuberculose, comparée à la syphilis, la rapidité de son évolution, et sa généralisation dans tout l'organisme : une gomme irienhe tuberculeuse provoque presque conslamment une perforation de la cornée : la gomme syphililique n’occasionne jamais de fonte purulente de cette membrane. De plus le traitement spécilique à une influence marquée sur son évolution.

Perls fait remarquer la rareté des vaisseaux au niveau de l’infiltration tuberculeuse (1) et la prédominance de

1°) C’est ce qui explique le fait que le tubercule ne donne que très rarement de l’hyphéma.

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celte affection chez les enfants. Enfin, on pourra recourir à l'épreuve de la tuberculine.

Le diagnostie différentiel de l’abcès irien est plus aisé : cette affection revêt plutôt la forme d’iritis ou d’irido-choroidite suppurée, et se localise très rarement en un point de l'iris. M. le professeur Rollet à, d'autre part, établi avec précision les caractères du pseudo-hypopyon gommeux.

Lagrange, dans son traité, a décrit les différentes tumeurs de l'œil : lipomes, tumeurs telangiectasiques, kystes, sarcomes. Nous n'insisterons pas.

Les iritis syphilitiques diffuses sont des formes graves, marchant de pair avec une évolution généralisée de l'infeetion, et ne souffrent pas les mêmes difficultés de diagnostic.

Les anamnesliques suffiront généralement à dissiper toute incertitude. Quand le staphylome apparait, les lésions du segment antérieur excessivement avancées, font poser le diagnostic de syphilome total de l'œil. Si l'œil est énorme, projeté en avant, entouré d’un bourrelet chémo-. tique, de paupières œdematiées, le diagnostie doit être fait avec le phlegmon de l'orbite et la ténonite, mais dans ces deux cas, le globe est sain, le segment antérieur non touché, l'œil amaurotique.

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