‹ L'iritis syphilitique à forme hémorragiqueChapitre 14 sur 18 · CHAPITRE VI Pronostic · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI Pronostic

L'iritis plastique est une affection bénigne ; seule sa tendance à la chronicité ou aux récidives peut assombrir le pronostic.

L'iritis gommeuse ordinaire a des suites plus graves. D'après une statistique de Schmidt, 50 pour cent des malades ne possèdent après guérison qu'une vision égale, au maximum, à 1/2. Les résultats obtenus par M. le professeur Rollet sont meilleurs, mais, quoiqu'il en soit, on n’assiste jamais à une reslitutio ad integrum : « Les nodosités peuvent disparaitre par résorption, mais c'est toujours au détriment d’une:partie cellulaire de l'iris, qui, consécutivement, devient le siège d’une atrophie plus ou moins appaparente. » (De Wecker).

Au point de vue de l'iris seul le pronostie dépend du nombre et de la solidité des adhérences, de la multiplicité des nodules gommeux, de l’atrophie entraînant une gêne fonctionnelle plus ou moins prononcée du diaphragme de l'œil. Des exsudats dans la chambre antérieure, des opacités persistantes de la cornée, et surtout l’occlusion pupillaire par une membrane organisée, diminuent dans de fortes propôrtions la vision du malade.

Le pseudo-hypopyon n'indique pas une aggravation considérable, ainsi que le remarque M. le professeur Rollet. 1° : « Certes en constatant ces symptômes on peut être à juste titre inquiet sur la vision d'un œil ainsi frappé et cependant, dans les deux cas, il y a eu retour à une vision très satisfaisante, et les suites de l'affection à allure apparemment suppurative ont été presque aussi favorables que dans une iritis plastique de moyenne intensité. »

1° Loc, cit.

Et ÉD

Le pronostic de linfiltration gommeuse est, par contre, des plus graves. Sur sept cas publiés par Millet (1), cinq fois on dut pratiquer l’énueléation, et deux fois il y eui mort du sujet. On est tenté de comparer cette infiltration gommeuse qui apparaît souvent comme premier symptôme d'une infection générale grave, à une rétinite brightique. par exemple, qui annonce, alors que l'organisme présente parfois des signes de forte résistance, un pronostic fatal avant six mois. Nous avons dit plus haut toute l'importance que Trousseau accordait à ces manifestations oculaires de la syphilis.

La valeur pronostique des hémorragies soulève une discussion intéressante.

Pour Sabatier, l’hémorragie est une complication redoutable, parce qu’elle contribue à la production de fausses membranes obstruant le champ pupiilaire.

D'après Broca, les effets de l'hémorragie sont les suivants

Elle augmente la tension intra-oculaire, et détermine des douleurs quelquefois très vives. D'autre part, sa présence peut contribuer à entretenir le processus inflammaloire.

Il semble établi aujourd'hui que l’hémorragie n'est pas responsable de ces complications. En effet, les fausses membranes s’observent tout aussi fréquentes dans l'iritis sans hyphéma. De plus, cet hyphéma se résorbe. en géné-

ral, très rapidement. Dans l'observation IV, le sang de la chambre antérieure disparaît en quatre Jours, pour reparaîltre ultérieurement, Même durée de 4 Jours dans les observations LE et EE. IE n'est done pas prouvé, comme l'avançait Broca, que l'hyphéma ait pour conséquenee une cbstruction du canal de Seblemm par un bouchon de fibri-

de Tee ch

ESC tes

ue ou de caillots sanguins, ni ne produise de lhypertension où des phénomènes glaucomateux.

Enfin, le séjour du sang dans la chambre antérieure ne semble pas aggraver les symptômes inflammatoires. En effet, ces symptômes s'’amendent et peuvent disparaître avant même la résorption de Fexsudat. D'autre part, lorsque l’hyphéma reconnaît une autre cause que l’iritis, on n'observe du côté de la membrane irienne aucune réaction inflammatoire.

On doit done considérer l’hémorragie dans l'iritis comme une complication imprimant à celte maladie, en quelque sorte, un eachet symptomatique spécial, mais n’entrainant pas une aggravation ou un retard notable à la guérison.

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