CORPORATIONS MUNICIPALES
Une ville n'est point une corporation municipale par la raison qu'elle contient un certain nombre d'habitants ou qu'elle a une certaine importance commerciale, mais parce qu'elle possède une charte, La plupart de ces chartes remontent au temps de la barbarie féodale, sous les premiers rois normands. L'industrie s'élant concentrée parmi quelques populations paisibles et laborieuses qui
ne prenaient pas de pari au mouvement militaire, ces populations finirent par devenir des villes ou bourgs assez riches pour acheter leur liberté. C'est ainsi qu'un grand nombre de ces villes obtinrent des concessions au moyen desquelles elles formèrent des corps indépendants de la police de l'état. Ces concessions sont ce qu'on appelle les chartes, et les villes auxquelles elles furent concédées prirent le nom de villes incorporées ( corporalc town). De là les corporations municipales. On en compte 71 en Irlande.
Ces villes sont l'image du gouvernement représentatif: 1° le peuple de la cité , ou tous les habitants ayant droit de bourgeoisie (burgh esses), autrement dits hommes libres (free-men), dont l'ensemble forme le corps constituant (constiluency). 2° Les fonctionnaires nommés par le corps constituant et chargés d'administrer la cité; savoir : le maire, premier magistrat ; les aldermans, cl le conseil ordinaire , qui représenterait presque la chambre des communes. Le maire propose les règlements de la cité , les deux conseils admettent ou rejettent. Mais le principe des corporations avait été faussé en Irlande par l'exclusion des catholiques , et plus tard par l'élévation du cens. De là viennent les plaintes amères du peuple irlandais.
BOCRGS-POUMUS.
On appelait en Angleterre bourgs (boroughs) les localités qui avaient le droit d'envoyer des représentants a la chambre des communes. Parmi ces bourgs , un grand nombre qui avaient été autrefois importants, tombèrent dans Tabaudon , et ne formèrent plus que de chétifs hameaux que souvent un riche propriétaire se trouvait posséder en entier. Les hameaux ayant conservé le droit d'élection , ces propriétaires disposaient alors de l'élection , et par ce moyen le ministère, ainsi que l'aristocratie, avaient en leur pouvoir une grande partie de la chambre des communes. Par suite de cet abus, ces bourgs avaient reçu le nom de bourgs-pourris (rotlen-boroughs). La réforme de lord Grey, en 1832, changea les circonscriptions électorales et fit disparaître cet abus.