‹ L'Irlande sociale, politique et religieuse (volume 2)Chapitre 112 sur 219 · QUATRIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PARTIE

glicane, si ce régime n'était le sien, s'efforce d'attaquer ces institutions en Angleterre ; et la part importante de représentation qu'elle a dans le parlement anglais lui en donne le moyen (1).

L'influence des représentants de l'Irlande dans le parlement est et doit être nécessairement de nature démocratique (2), et il est naturel qu'ils saisissent toute occasion qui leur est ofTerle de frapper par leur vote non-seulement les institutions aristocratiques de l'Irlande, mais encore celles de l'Angleterre : non qu'ils aient précisément à cœur la ruine de l'aristocratie anglaise, mais ils savent bien que, celle-ci étant abattue ou seulement affaiblie, l'aristocratie factice d'Irlande s'écroulerait d'elle-même.

, Or ce caractère radical de la représentation irlandaise exerce et est propre à exercer dans l'avenir la plus extraordinaire influence sur les destinées de l'Angleterre.

On l'a déjà dit, laissée à elle-même, l'Angleterre inclinerait à conserver ses institutions, sinon intactes, du moins à peu près telles qu'elles sont; et il est certain que, dans le parlement actuel, les voix des députés anglais donneraient la majorité au parti conservatif. D'où vient donc que celui-ci n'est point à la tête du gouvernement? Parce que, dans l'état de division à peu près égale où sont les partis purement anglais, les députés de l'Irlande assurent l'avan* tage aux whigs en se portant de leur côté (1). Voilà donc l'Angleterre qui tient, il est vrai, l'Irlande sous son joug, mais qui, par l'influence de celle-ci, est forcée de renoncer au gouvernement qu'elle préfère et de se livrer au parti qui, en somme, ne la représente pas.

Tout amie qu'elle est du repos, l'Angleterre consetvative ne se tiendrait point dans l'immobilité, si elle pouvait diriger ses propres mouvements et les modérer à son gré. La nature de son gouvernement, ses habitudes de liberté, l'esprit de discussion qui, de sa religion, a passé dans ses

mœurs, les intérêts même qu'elle renferme, qui, trop crainte.

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tîEs pour concéder beaucoup, sonl trop éclairés pour ne céder rien, tout la porterait à une réforme lente, paisible et progressive de ses institutions.

liais, tandis qu'elle voudrait s'avancer doucement et prudemment dans la voie des réformes, voici qu'elle est contrainte d'y marcher à grands pas. Et d'où lui vient cette violence? Du tribut qu'apporte dans sa représentation nationale le peuple auquel d'ailleurs elle dicte des lois.

Il est maintenant bien avéré que le fameux bill de réforme de 1852 n'eût point été adopté par les seuls représentants de l'Angleterre, et qu'il n'a dû son triomphe qu'au vote, des députés irlandais.

Il semble que chaque jour l'influence démocratique de l'Irlande dans le parlement britannique s'accroisse, et que celle de . l'Angleterre diminue. Aux dernières élections de 1857, l'Angleterre, qui est en réaction contre la réforme, nommait déjà un plus grand nombre de canservatifs, et l'Irlande plus de radicaux (1).

Et tout annonce que, pendant longtemps encore, la représentation parlementaire des deux pays suivra ces deux tendances opposées, parce que la question se posera chaque jour davantage entre l'intérêt grave qu'a l'Angleterre de ne point hâter le mouvement démocratique, et le besoin impérieux qu'éprouve Tlrlande de le précipiter.

Hais, entre les passions constantes à attaquer et les intérêts déterminés à la résistance, ne peut-il pas éclater une redoutable collision?

Ce désir singulier qu'éprouve l'Angleterre de s'arrêter dans la voie où rirknde la pousse impétueusement ne ferat-il pas naître à la longue, chez le peuple anglais, quelque résolution extrême? Déjà, il faut le reconnaître, l'Angleterre éprouve un secret ennui d'être traînée à la remorque de rirlande. L'idée qu'elle subit une pareille influence l'importune; elle souffre dans son orgueil de ce qu'un obstacle à sa marche naturelle lui vienne d'un peuple qu'elle est ac-

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