‹ L'Irlande sociale, politique et religieuse (volume 2)Chapitre 25 sur 219 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

ment, et eq quelque li#|| gu'oo les re)]çontr^, une c}as3e moyenne. Qans un pays pu n'existerait ^i^cune ^ristocralie à privilèges, i|& seraient nflfiirellenient la cl^^^e supérieure, et Ton ffçyrait alors chercher 1^ classe njoyeime dans une cpiipl)^ sQei^je i]]ten:né4i9ire entre eux e^ h m^ssft dif pep- [4e. Pan§ \jff\e société mêrne 4ont une aristocratie liéré* dîtaire occupe fc sammet, \h peuvent, s>'il8 s*uni»sçpt étroiiemeî^ %yeç celle-ci, ^'i^eptificr t^U^mep^ ftvec çlle, que pour trpHver iiiîft pl^s^ moyenne jl Emilie ^^sçendre m- 4e$j$p|i9 4'ei». Yoyp? VAnglet^i:p, où l'ari^ocratie titrée et celle q»i m l'est p^% s# confo»4pnt, fQrnia^t une pjasse si|péri?ure, à laquelle a^pJre et peiit prétendra topt ce qui est riff^^ç et puj|§apt ; dans ce pays, le fi^Mt négoce et la banque, ^ caps@ d« leyrs grandes fortunes, la médecine et le })arre%u, à cause de leijrs prjviléges, pactisant sj intinjeinent ^vee raristocraUe, qu'ils §'dl)$ort)ent en elle, ef, aidés par sa nature iï}alliable, ne foripentav^c ell^ qi^'un ^eulet in^me corps, iu^gj pent-pn dire qu'en Angleterre |a classe moyenne, à proprei|içnt parler, ne cppjmence qu'aux fermiefs, aYl]^ petjls mî^rçbands, ^u^^ rentier^ môdiqqjre^, pour finir aux éject^uri h ài\x liyr^^ ^t^rUng. T?m n'était point la classe moyenne, en France, avant (789. Alors tout ce qni n était pa^ noble étant ^e (Ifoit inférieur à la noblesse, dont il existait des signes certains, les pluQ érninents dans le commerce, dans Tindustrie et dans les professions libérales, appartenaient forcément à la classe moyenne, c'est-à-diré à celle qui, n'étant pas le bas peuple, n*çst pas non plus la classe supérieure.

Les conditions de la classe moyenne ne sont, en Irlande, ni ce qu!elles étaient en France avant 17^9, ni ce qu'elles sont de nos jours en Angleterre. A la vérité, p^n4ant tout le temps que durèrent les incapacités civiles deç catholiques, les hautes professions industrielles et libérales, étant à pen près le monopole des protestants, furent çn Irlande comme en AngJet^efre^ et plus encore qn-en Angleterre,

associées à Tarislocratie, vers laquelle les attirait învïnciblemeni la sympathie d un même culte, source de leurs communs privilèges. Alors il était vraiment impossible que loul ce qui, en Irlande, était protestant, grands seigneurs, commerçants ou avocats, ne formât pas une phalange unique et serrée en face des catholiques que révoltait le monopole protestant de la richesse, non moins que le monopole protestant du pouvoir. ïl pouvait bien y avoir encore des rangs divers parmi les protestante; mais, vis-à-vis des catholiques, c'est-à-dire vis-à-vis ' du peuple, les protestants semblaient ne former qu'une seule classe, toute supérieure, entre laquelle et le peuple il n'existait aucun intermédiaire

Mais, le jour oii, en Irlande, les professions industrielles et libérales deviennent également accessibles aux catholiques aussi bien qu'aux protestants, la scène change et présente deux aspects divers qu'il importe de ne pas perdre de vue. Quand elles sont exercées par des protestants, ces professions continuent à fournir leur tribut à l'aristocratie protestante, avec laquelle elles s'allient d'autant plus étroitement, qu'elles se sentent plus ennemies des catholiques devenus des rivaux d'industrie en même temps que des citoyens libres. Au contraire, occupées par des catholiques, elles se donnent bien de garde d'approcher de cette aristocratie,- dont l'intérêt politique les sépare et la passion religieuse les éloigne. De sorte que du même élément socjal jaillissent à la fois comme deux sources différentes coulant en sens opposés, dont l'une va se jeter dans le sein de l'aristocratie où elle se perà et disparaît, tandis que l'autre possède un cours qui lui est propre, et le conserve entre le peuple dont elle est sortie et la classe supérieure à laquelle elle ne peut se mêler. Cette seconde source est véritablement celle de la classé moyenne en Irlande. C'est elle qui, lorsqu'en Irlande aucune classe moyenne n'apparaissait eticore, en contenait le germe et travaillait à le développer.

Ce n'est qu'en \ 776 que l'industrie agricole a été rendue

Mbro pour les catholiques par la loi qui leur permit de devenir propriétaires. Le barreau ne leur a été ouvert qu'en 4795; étonne peut guère dater que de la même époque la fin du monopole commercial des protestants. Ce serait cependant une erreur que de penser qu'en Irlande et avant ce temps il n'existait absolument aucun élément de classe moyenne. « J'ai dit que les catholiques étaient alors entravés dans le commerce et dans l'industrie ; mais l'industrie et le commerce ne leur étaient pas interdits. On a vu précédemment, dans l'exposé des lois pénales, comment les protestants, maîtres des corporations municipales et commerçantes, paralysaient l'industrie des catholiques. Cependant ils la gênaient sans rétouffer entièrement ; ils occupaient seuls les sommités du commerce, dont ils repoussaient les calholiques ; mais, dans des régions plus humbles, ceux-ci parvenaient ^ se faire jour. En cas de concurrence, le calho- Uque, chargé de taxes onéreuses dont était exempt le protestant, soutenait une lutte inégale ; mais enfin il luttait, il travaillait avec ardeur ; et ce travail, seul refuge d'un peuple à qui la vie civile et politique était interdite, ne pouvait être tout à fait stérile. Là était réellement l'avenir de rirlande asservie ; car à la longue le travail crée la richesse; la richesse, la force; la force, la Uberté.

On comprend que, dans un pays où le commerce protestant était lui-même restreint, l'industrie catholique, chargée de pareilles chaînes, ne pût guère enfanter un& classe moyenne; elle y travaillait pourtant. Et c'est un fait bien remarquable que, vers l'an 4757, trois patriotes illustres, le docteur Curry, O'Connor et Wyse de Waterford (4), appliqués à régénérer l'Irlande asservie, conçurent le premier plan d'une association nationale. Ils firent à tous les catholiques un appel qui ne trouva d'écho nulle part, si ce n'est dans le commerce. Le clergé catholique, alors timide et abattu, demeura muet ; le peu qui restait d'aristocratie (2) catholique se (ut également^ les marchands seuls

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rëpdndireiit à leur voit. Ainsi, c'e^l du comliiercè qii*e5t né le |)rënlieir gel*me de la grande associatioh qui, aujourd'hui, ëlilabë rirlahde ëiitière ; c'est le ccimniet'ce qui a jsrodiiit cet hbîiinie itop peu cohnU qdi; pendant. vingt années, rtlehà seiil l'iriëilde catlidlique. Jbhn KedgH, le p^édécèsiseur d'O'Connell, fet qui serait feélèbrfe si Cl*Gèhtiell rife. l'eût effacé, était un marcHërid; Et. lorsque la Ibl \i diiVert le barreau aux càlholiques, c'est encore îllidiistrie qui, ëii les tîrarlt de là paiivrelé, leur a permis d'aborder les frais toujours si considérables qUi préëêdent l'exercice dés professions privilégiées. Ainsi, au plus foH'de l'oppression sociale et politiqdè dé l'Irlahde, il sortait déjà dû comitiercê catholique, à dertii enchaîné, îih pHricipë d'indépendâlicé et d'affranchissement. Aujourd'hui, ce prihcipe ëe dëveloppè dàrls tbiile Sa liberté; L'iridiistrie tiatholVjué est affranchie de tous, ses lietis, et le comdierÇglnt de cettfe Religion n'acquiert pas seulement des richesses, il Conquiert aussi tous leë droits qui sohl attachés â la fortùtlé. En 1793, iUac^iiis lîf franchisé élëctbrale; eii 1829, là frèihchisfe parlementaire. Avant que ces concessions etlssènt été hdtes, les marchanda ëàtHdlîqiles d'Irlàiide auHient pd; â là H^ guëûr, fortricr une claSse Hche ; triais ils ilê pouvaieHt former une clàsëë {(uissàhte. Maintenant, dêlivfèe de sëS ferè, forte de SëS droits, fcette classe actrotl iHbèssàhimetit sa {itiissancë avec seë richesses ; et elle he ^aitrhil trojl veiller â sa fortune, car toiit Se réhnit poUrltti faire éri Irlande Kttë grande destinée.

En Angleterre^ oCi l'aristocratie est nationale, la classe moyenne, eri quelques rangs qu'on là prenne, tië sâtirsilt avoir qu'un rôle secohdaire â rertiplir, soit ija'ùilië à là classe supérieure elle en fasse partie^ soit qiie, dlStiilcté fencérè de bellè-ci, elle aspire à s'y cdnfdhdre. Eri IrUhde, au conlrdire, où l'aristocratie est en guerhe bdverte avec le peuple, la classe moyenne, dès qil'ëllë existe, y forme un pouvoir visible et sehl national.

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C'est pour éllè uii grand avantage que de pouvoir être la sëuie classe supérieure acceptée du peuple, sans être tine aristocratie. Elle aurait une condition bien moins favorable, s'il ii'y avait point d'aristocratie en Irlande ; car alors elle aspirerait peut-être k devenir aristocratie elle-même ; et, quand même elle n'aurait pas cette prétention, ôii l'en accuserait. Mais laristoçralie existante fa sauve de tout péril ; il semble que .celle-ci prenne à cœur d'opposer au pouvoir national de la clg^ssé nioyèrine le contraste perpétuel d'ilii pouvoir ennemi, pour que le peuple aime d'autanl plus le prèriiier que lé second est plus odieux, et alîh que la classe iiiôyeriiie, voyant incessammeni ce qui «xcitë les haifies du pays, se préserve nbieux des passions et des écarts qui lui feraient perdre la coiifîance et la faveur populaires.

Une magnifique carrière est ojfferte en Irlande à la tîlassë irloyénhe. Ûri seul é'cuèil se pressente sous ses pas : ce sèl'ait qu'en dépit de ce qui la retient toute du côté du peuple, elle ne se laissât incliner quelquefois vers l'aristocratie qiii gouverne, soît qu'elle essayât de se rapprocher de celle-ci, soit qu'elle tentât seulement de l'imitèr. La possibilité seule d'une telle déviation de sa ligne naturelle paraît, àù premier abord, absolument aèiiii^è de raison : cependant il faudrait ne pas savoir totit ce qu'il y à en Irlande d'élément anglais, même parmi le peù{)le, et il faudrait ignorer aussi tout cfe que dans l'élément anglais il y a de germes d'inégalité, poùt* ne pas sentir qu'eii Irlande la classe moyenne, mênfie celle dont on vient d'exposer la nature, aura des luttes â éouteriir afin de rester démocratique : luttes contre ses préjuges et ses instincts ; luttes contre les mœurs du pays lui-!même qui est accoutumé à ne voir la puissance qu'au sein des privilèges aristocratiques, et qui cependant, dès qu'il la voit là, s'apprête à la combattre et aspire à la déiruire.

Il ne serait point surprenant que ces penchants airistdcratiques se montrassent dans la moyenne propriété qui, en Irlande, est eii voiede se constituer (1 ). Il n'est gUète de pro-

priétaire médiocre qui, à l'aspect des privilèges que procure la possession du sol, ne soit tenté d*en goûter lui-même. Il jouit singulièrement de posséder, dans sa condition, quelque analogie avec le grand seigneur, son voisin de campagne qu'il hait comme son ennemi politique et religieux, mais dont il n'attend peut-être, pour l'aimer, qu'un sourire bienveillant et une marque d'obligeance. Le vieux -sol d'Irlande est, comme celui de l'Angleterre, imprégné de je ne sais quelle contagion féodale, à laquelle tout possesseur a bien de la peine à se soustraire. Jusqu'à ce jour la moyenne propriété catholique est demeurée dans le parti populaire ; mais peut-être ce fait vient-il moins d'un principe que d'une circonstance accidentelle et passagère. Lorsqu'en 1776 les catholiques obtinrent le droit d*être propriétaires fonciers, ils continuèrent néanmoins d'être frappés des incapacités civiles et politiques , dont la dernière, celle qui les excluait du parlement, ne cessa qu'en 4829; de sorte que, tout en acquérant des (erres, ils n'obtenaient aucun des droits dont la terre était la source ; et cette contradiction dut maintenir en vigueur leur haine contre la classe supérieure qui devait à ses domaines des privilèges dont, malgré leurs possessions, ils étaient exclus. Persi^^teront-ils dans leurs sentiments envers les privilégiés aujourd'hui que la propriété leur donne, outre tous les droits politiques, la chance d'être appelés dans la commission de la paix, celle d'être convoqués pour le grand jury, et de siéger parmi l'aristocratie dans la cour des sessions et dans le conseil du comté? C'est une question que l'on pose sans la résoudre. Du reste, les obstacles qui. empêchent le mouvement du sol en Irlande, et dont il sera parlé ailleurs, s'opposent à te que la propriété foncière soit, du moins quant à présent, un élément considérable de classe moyenne *.

' Noie de la sepliéme édilion (1S62). — La vente des terres qui tie

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Le barreau a bien aussi ses instincts aristocratiques. Corporation privilégiée, il a tout d'abord montré les goûts et les passions propres à son origine; et, lorsqu'en 1795 le barreau devint libre, les premiers catholiques qui furent avocats s'associèrent à l'aristocratie protestante (1). Mais l'esprit de privilège social ne potivait tenir longtemps contre l'intérêt de parti politique et contre la passion religieuse ; aussi, dès le commencement du siècle actuel, et surtout depuis vingt années, le barreau catholique a brisé cette union pour se donner tout au peuple. Aujourd'hui les avocats sont les combattants naturels dans une lutte de légalité et de procédure; et, tant que durera cette guerre, qui leur offre des rôles brillants et pacifiques, on ne peut guère douter que, dans leur situation intermédiaire entre l'aristocratie et le peuple, ils ne se portent vers celui-ci.

Mais de toutes les sources de classe moyenne qui existent en Irlande, celle dont le principe s'accorde le mieux avecle mouvement démocratique qui s'opère dans ce pays;^ c'est le commerce catholique ; sovrce primitive de la classe moyenne en Irlande; source féconde qui pendant des siècles demeura comme comprimée dans le sein de la terre sous les pieds de l'aristocratie protestante, et qui aujourd'hui peut^couler librement, alimentée par le travail de plusieurs millions d'hommes. Sans doute il sortira de son sein quelques hautes inégalités, mais pour une condition aristocratique elle crée mille conditions moyennes.. L'intérêt de partie l'esprit de secte, Tes passions présentes, les rancunes du passé, tout anime le commerce catholique contre l'aristocratie. Cependant on est sûr que dans ses

lait depuis dix ans en Irlande, par le tribunal instilué sous .le nom de Landed Estâtes Court, et la division des terres mises à Ta^judicalion par lois d'étendue moyenne, sont en voie de créer en Irlande celle propriété moyenne dont les éléments manquaient presque entière-. ment. Voir la notice placée en lélede cette nouvelle édition, § 7. n. 4

0a L'iRlANDE,

ressedtimëiitis il tle dépassera pas de Certaines bornes. Si une guerre cotîstitiitioilrtëUé pliBlît à d'autres, elle est pour liii une nécessité, car il ite petit ée passer db paix. « Je cblhitletlbë a ïH'apèrcevbir, disait Wblf Tome éti 1Î95, à rêpôqtie où il s'effortàit d'ettiraîner là classe cbolÉUerçatlte dailS ses éiitreprises d'itidépetidànbë i-éptlblicaitie*, je ttl'àperçois, disâit-il; que Ifes hiàrbHàhàs Sbht de ttiâttVâiëihStrùhients de rêydUlUon » (1): Le coitiliièrce est adverse pi ré- Vdltltiôhs vibletttes, et il cbtttiëht bëpélldâHt uh pHilfcipe d'fetéi'nëlilibiivéltiëtit; b'est le pHHcipë dii travail qui crée satls relâbhë â tôtê de l'oisiveté qili laissé périr; b'ëét le principe dil progrès iàËns Id^ri^llfege; de râbbroiàsehieiit perpétuel des uils sah^ l'inégalité fcoiistituëe des autres. Là âtirtolit ëèl l'àvëtilr de rirlàttdé : je Bi^ Taivëilirj bsir la classe itlbyeritie ne fait jpresqùe ^Uè âe riàîtrë etl Ibiàridé.

Ce n'est pas qu'elle ne possède déjà d'asse:^ graiide^ HbHëb^ës i ses pt*H^tè§ Sohi hiëhlë Sirigtilièrbltierii rapides. Èli 1778, il n'^ avait ^hé iJiiiBitrë-viiîgts càlhbUqueS ijdl Wsserit ofîlciëllëHieHtrëbdnntls prbpHélalîteS fôhcierg (2) î âttjddrd'iitll il est diftlciy a^êstiitier à iiibirià d'dti ffixlértie du soi la propriété battiBHittle ëii Irlande. B^aiicHtip de batHoiiques (jtli n'bcciipêrit pas là terre biit d'aillëtihê deS drbits sur (elle par Ifes Hypbth^tiës iilii leur Sont dbhnéë§ ett gà* ranlie de prêts d'ÉgbHt (3). Il y à quarante siHs,^ les bàtlloliiiues étalerit ëxfeWi^ dU Barreau, où 11§ ëorit iiibihteilàht en tnajbritë. iè bottilrièrbe batHoliiJiiii; àdjourd hui floHèâàht dariâ" toute llrlëtide, et prlttclt)âleiiiërit dans les grâhdes tilles, liBlies que Belfast, Dublifl, Cbrliè, LÎmerick et Gsilwày, à déjà produit Hës capitaux cdn^idêralilés. UH Seiil fait èilfflrall podr prdUver soh iKiporiàtice ^t sà fébbhditë : b'est que déjà, en 1629, les neuf dixièmes des fonds de la banque dlHknde àpparlériâli^iît à des catholiqlies (4). Tbllâ, certes, pour uiie classe moyenne qui s'élève, des conditions prospères. Gepetidatit c'est utl phéhomène étrange eil Irlande^ qu'eii Itiêhië tëttips que de tibiivëiles fdrtUtlëé y sbht crêtes^

deuxième; partie. 05

le nombre des nouveaux rielfes ne s*y accroît pas en proportion. C'est que souvent, après que la fortune est cféée, le riche s'en va^ et ceci s'explique par ISt^t social et politique de t'Içlande.

Le mapufaotiirief*, le marcband, le banquier qui ^e sont enricbis ^n Irlande par leur industrie seraient sans doute disposés naturellesnent à oliercher dans ce ppys leur chainp de repos. Hais, outre la difficulté d'acquérir ja terre en Irlande' et de trouver un placement sûr, il y a dan» ce pays une infinité d'obslaeleaâ'sa possession tranquille. L'état de rirlande e&it tel, qu'il n'existe guère de fiécurité complète sur la terre que pour le petit occupant qui couvre sa propriété de son corps, et ^e sa chaumière éteiid (e l)ras sur toutes les richesses dont son champ est dépositaire.

Et ce n.est pas seulement la campagne qui est agitée; dans les villes, qui lé sont moins à la vérité, les paftis sont si violents, les querelles si animées, le spectacle des mi-> sères du peuple bi affreux, que leur séjour lie contente point Thomme qui, après avoir travaillé, voudrait jouir en paix du fruit de ses labeurs. Il arrive donc souvent que, ne trouvant point en Irlande cet asile de rf^pos, les nouveaux enrichis le vont chercher dans quelque ville d!Angleterre. On voit comment plusieurs font leur fortune en Irlande, qui n'y résident pas; et c'est cependant la résidence qui est à considérer,' bien plus que la forjune faite. Il ne s'agit pas, en effet, de savoir si des catholiques gagnent plus ou moins d'argent soit en plaidant soit en faisant le commerce, et si avec les fruits de leur profession ils achètent de la terre ou des rentes' en Irlande ; mais, Vils vivent en Irlande sur cette terre, ou avec ces rentes dans une ville irlanclaisé ; et si, après être sortis du peuple par leur industrie et leurs talents, ils prennent une plaoe intermédiaire entre le peuple et une aristocratie ennemie, et s'y tiennent.

Du reste, ce mal, qui retarde les progrès de la classe

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moyonne en Iilande, ttiul chaque jour à s*ofTaiblir. Il diminue à mesure que, de grandes ruines se faisant parmi l'aristocratie, de nouvelles positions sociales sont à prendre dans le pays. Ainsi, pour citer un exemple, la nouvelle loi des pauvres donnée à l'Irlande sera propre à y retenir les membres de la classe moyenne, au sein de laquelle on peut calculer que la plupart des administrateurs seront choisis par le peuple.

Mais ce n*est pas seulement le nombre qui manque à la classe moyenne d'Irlande; ce qu'il lui faut aussi, et ce qu'tîlle n'a pas encore, ce sont les lumières, l'expérience et l'éducation. Sortie tout à coup de la plus profonde obscurité pour être placée au grand jour, tirée de l'incapacité générale qui l'excluait parfois de la gestion de ses affaires privées pour être subitement appelée au gouvernement des arfaires publiques, la classe moyenne d'Irlande est comme éblouie de son propre éclat. Elle croit à peine à une élévation si grande succédant à un tel abaissement ; et dans l'ivresse de sa subite fortune elle garde difficilement une tenue mesurée entre l'aristocratie son ennemie, qu'elle ne combatpas toujours dignement, et le peuple qu'elle n'estime pas to;ujours assez. Elle a un reste des vices propres à l'esclave, qui veut être oppresseur dés qu'il devient libre. Pour s'assurer de sa puissance, dont elle doute encore, elle l'exercerait aisément jusqu'à l'abus. Il faut cependant qu'elle veille avec un grand ^oin'sur sa propre conduite; car de sa sagesse actuelle ou de ses égarements dépend sa future destinée.

Si donc il est permis de regretter les obstacles qui retardent l'accroissement des éléments dont elle se compose, on doit peut-être regarder comme un bonheur pour elle de ne pas être mise subitement en possession devons les pouvoirs. Il faut, avant de gouverner, qu'elle en apprenne la science. C'est encore sous ce rapport que les travaux de l'association nationale sont si importants : c'est une école de gouverne

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ment, où s'instruit chaque jour la classe qui est, en définitive, destinée à gouverner.

Cette clas&e^ qui est sans contredit le principe le plus fécond de démocratie, en est aussi Iç plus précieux. Otez de rirlande la classe moyenne, et vous aurez le pays le mieux préparé qu'il soit possible pour recevoir un gouvernement absolu. Toute tyrannie y sera facile, et je dirai presque agréable au peuple, pourvu qu'elle s'établisse l'adversaire de l'aristocratie et lui fasse la guerre. Il pourra encore résulter de tout cela de la démocratie, mais de celle que fait le despotisme. Il y a en Irlande, pour le pouvoir absoju, une chance que la classe moyenne naissante peut lui disputer, et du succès de celle-ci ou de son échec dépend la question de savoir si l'Irlande aura l'égalité du despotisme ou celle d'une démocratie libre.

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