‹ L'Irlande sociale, politique et religieuse (volume 2)Chapitre 38 sur 219 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

source dans rextréme indigence; et examinée sous son as» pecl social, elle sera propre à réconcilier le riche avec le pauvre, dont les souffrances seront désormais adoucies : telles sont les promesses que fait cette institution nouvelle, et qu'il semble bien difficile qu'elle accomplisse (t).

Sans doute il paraît téméraire de porter un jugement complet sur une expérience qui se fait, qui est à peine commencée, et dont on saura bientôt l'issue. Cependant, tout en reconnaissant qu'il y a dans une pareille entreprise beaucoup d'avenir voilé à tous les yeux, ne s'en trouve-t-il pas quelques parties que la prudence humaine puisse pénétrer? Si Ton ne saurait dire toutes les conséquences qu'aura la loi des pauvres en Irlande, ne peut-on pas du moins prévoir avec quelque certitude les effets qu'elle n'aura pas? et sans prédire le sort tout entier de cette mesure, affirmer qu'elle ne réalisera point les grandes espérances qu'on a reposées sur elle? N'arrivera-t-il pas nécessairement i une de ces deux choses? Ou l'on voudra exécuter la loi assez largement pour la rendre efficace, et alors elle sera impossible; ou bien on ne lui donnera d'autre exécution que celle qui est praticable, et alors elle sera impuissante, si même elle n'est funeste.

Son influence sera sentie sans nul doute, si par suite de

son exécution les deux ou trois millions de pauvres que l'on

compte en Irlande reçoivent tout à coup de la société une

assistance publique et légale. Ce sera, il est vrai, une

grande question de savoir jusqu'à quel point cette influence

sera salutaire ; tout ne sera pas bienfait peut-être dans une

institution qui, en attribuant à plusieurs millions d'indivi*

dus les privilèges du paupérisme, leur en infligera aussi les

stigmates et les: vices. On pourra douter que le pain donné

à ces deux millions de personnes change sensiblement la

condition de quatre ou cinq autres millions qui ne sont

c^uère moins malheureux; et il sera permis de craindre que

le moyen destiné à guérir les misères du pays ne les rende

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