L'IKLANDË
plus incurables en les régularisant. Mais enfin ^ en supposant que le résultat de la mesure fût tout favorable, comment la pratiquer? ¥ a-t-il possibilité que deux ou trois millions d'individus trouvent en Irlande leur subsistance dans un régime de charité publique? Non; et pour le reconnaître, il suffit du plus simple calcul.
Supposez que la société prenne la charge de deux millions de pœvnres ; c'est le chiffre le plus bas que Voh puisse admettre, si Ton veut que l'assistance donnée aux pauvres d'Irlande ait une portée sociale et politique. Supposez maintenant qu'on donne à ces deux millions de pauvres la plus vile nourriture, celle qui sera strictement nécessaire pour soutenir matériellement leur vie, de l'eau et des pommes de terre. Eh bien, la dépense de chaque personne sera minime sans doute, car elle n'excédera pas vingt-cinq centimes par jour ; cependant le total s'élèvera à près de deux cenis millions de francs par année (1 ). •
Quelle loi des pauvres sera jamais, en Irlande, établie à ce prix? qui en payerait les frais? On ne pense pas queTÂn^ gleterre accroisse sa dette publique de quatre ou cinq milliards pour se mettre en mesure- de faire Tanmône à llrlande, et si une pareille tâche était imposée aux propriétaires irlandais, dont elle absorberait tous les revenus, autant et mieux vaudrait peut-être décréter aussitôt la loi agraire. Et encore ces deux cents millions de francs fussent-ils trouvés et appliqués le plus sagement possible au profit de ces deux millions de pauvres, pourrait-on dire qu'il existe en Irlande un régime légal de charité publique?
Est-ce une assistance digne de l'Etat que cette vile ration de pommes de' terre jetée à l'indigent sur la voie publique? Ne faut-il pas dresser un toit pour recevoir le pauvre, quand le pauvre demande un abri? Suffit-il d'apaiser sa faim, quand il jeûne? Lorsqu'il est nu, ne faut-il pas le couvrir? Ne lui doitH)n pas les remèdes de l'art lorsqu'il souffre? Et