TROISIÈME PARTIE
Jégale sur ictus les autres cuUes ; et ce mal provoquera toujours les mêmes soulèvements. Les mêmes violences, les mômes rébellions populaires reparaîtront. Sous quelle forme éclateront ces résistances nouvelles? Quel fait en sera r occasion? On ne saurait le dire; mais le fait ne manquera pas.
C'est une erreur souvent commise que de croire qu'une diminution dans les revenus de l'Église anglicane remédierait au mal religieux. D'abord cette réduction ne pourrait, même sans injustice, excéder de certaines- limites. Le haut clergé d'Irlande est seul opulent. Les ministres de paroisse n'ont pas, terme moyen, chacun plus de i 0,000 francs de rentes (500 livres sterling). Cette somme énorme pour ceux qui la payent à contre-cœur est à peine suffisante pour les ministres qui la reçoivent. Ceux-ci sont presque tous des cadets de famille pour lesquels l'Église est un état. Leur fortune, quelque belle qu'elle paraisse, est encore bien inférieure à leur condition et à leurs besoins; ils sont mariés, ils ont des enfants qu'il faut élever et au sort desquels il faut pourvoir ; ils ont des amis riches, des rapports de société et de famille dans le monde élégant ; leurs charges sont grandes et leurs revenus au-dessous de leurs nécessités. Peut-être même, pour être impartial et juste, faudrait-il reconnaître que le clergé d'hrlande ne s'est ja^* mais prévalu à la rigueur de la totalité de ses droits. La dlme en Irlande est sans aucun doute bien moindre qu'en Angleterre (1). Au lieu d'équivaloir, comme dans ce dernier pays, au dixième des produits du sol, elle est à peine égale au vingtième, et ce n*cst pas seulement depuis que la loi l'a réduite que la dime est moindre en Irlande. Elle y a toujours été telle, soit modération de ceux à qui elle était due, soit résistance de ceux qui la dotaient^ Et pourtant les richesses du clergé anglican excitent en Irlande des cris et des plaintes qu'en Angleterre elles ne provoquent pas.
Les hauts salaires que reçoit TÉglise d'Irlande sont, il faut le dire, le prétexte et non la cause réelle de ces claiTieurs.
Ceux qui pensent que des réformes dans les vices reconnus de rÉglise d'Irlande sufQraient pour en faire une institution bienfaisante n'ont qu'à jeter un coup d'œil sur le passé.
Les haines et les désordres que cette Église excite en Irlande, ayant en 1834 attiré l'attention du parlement anglais, on s'imagina que Vhostilité manifestée Contre l'institution tenait au mode suivant lequel la dîme était levée, et que tout grief cesserait dès que cette forme vicieuse sérail corrigée. La dîme se prenait alors en nature sur les récoltes du cultivateur. Une loi fut rendue (1) qui autorisait tous les débiteurs de la dîme en Irlande à entrer en composition avec les ministres de l'Eglise anglicane à l'effet de commuer la dîme en une redevance pécuniaire. Cependant, cette loi exécutée, la dîme et l'Église furent attaquées comme par le passé.
On prétendit alors que la haine des Irlandais contre l'Église anglicane ne devait être attribuée qu'aux incapacités politiques dont était frappé en Irlande quiconque pro* fessait un autre culte ; et l'on annonça que le jour où les catholiques d'Irlande seraient affranchis, ces inimitiés seraient amorties. Cependant, après l'émancipation de 1829, l'Église anglicane est-elle moins haïe et moins attaquée en Irlande? En 1830 on commence à refuser le payement de la dîme, et en 1831, T Irlande entière est en pleine révolte contre les droits de l'Église.
Alors on a cru apercevoir la cause de ces agressions nouvelles.
« La dîme est odieuse, a-t-on dit, à cause des rapports personnels que son payement fait naître entre le catholique qui la paye et le ministre protestant qui la reçoit. Ce n'était pas assez d'autoriser le débiteur et le créancier à substituer