‹ L'Irlande sociale, politique et religieuse (volume 2)Chapitre 78 sur 219 · II. il · texte numérisé non relu

II. il

mais en agissant ainsi dans un pays où Tidée de supériorité hiérarchique parmi les cultes est attachée au paiement de la dime, il placerait tous les cultes d'Irlande sous la domination de rÉghse catholique, et nous avons vu que rien ne serait plus funeste à Tlrlande elle-même.

Quelle est donc la conséquence qu'il faut en tirer ? C'est que si TÉtat a pu légitimement dépouiller TËglise catholique de «es dîmes, et les transporter à l'Église anglicane, dans la confiance que l'Irlande allait devenir protestante, il peut, à plus forte raison, lorsque après trois siècles d'expérience il reconnaît la vanité de ses eflbrts et la chimère de ses espérances, ressaisir les diûies et en disposer de nouveau.'

On conçoit qu'il y ait difficulté sur le meilleur emploi à faire de cette source de richesses; mais la question de légalité et de justice peut-elle ici être douteuse ?

11 en est qui reconnaissent à TËtat le droit, en général, de régler les revenus de l'Église, et même d'administrer ses propriétés, pourvu que, dans tous les cas, ces revenus soient appliqués à un objet ecclésiastique; mais c'est là une opi-» nion arbitraire, et qui manque de base. Supposez une do* tation annuelle de vingt millions de francs, établie au profit d'un culte qui a perdu tous ses prosélytes ; continuerezvous à doter de vingt millions de francs quelques pasteurs sans troupeau? D'autres disent: il faut reporter la dotation sur le culte qui réunit le plus de croyants. On le peut sans doute; mais l'exemple de l'Irlande prouve qu'une* pareille combinaison seraitquelquefois très-dangereuse. Bien d'autres avis sont ouverts sur ce sujet. Quand une dotation existante est supprimée, il faut, dit«on, pour ne heurter aucune secte, y faire participer toutes les communautés; ou bien encore, employer les revenus qu'on enlève à l'Église à des objets d'intérêt général, tenant par quelque côté à la religion, telles que Tinstruction et l'éducation du peuple. Et toutes ces divergences sont naturelles^ parce que ceux

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