‹ L'Irlande sociale, politique et religieuse (volume 3)Chapitre 2 sur 101 · DEUXIÈME PARTIE, CIIAP. J · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE, CIIAP. J

voir absolu; et en persécutant, il se persuader qu'il défend la sainte cause de la liberté. Soyez donc surs que la même loi qui frappera le catholique respectera l'homnio, et que le citoyen conservera des droits quand le dissident religieux en sera dépouillé.

Les lois du protestant anglais placent le catholique d'Irlande dans une condition sociale inférieure ; mais c'est que l'Anglais ne considère nullement comme liées l'une à l'autre l'égalité et la liberté. L'inégalité sociale lui paraît l'état naturel des choses, il la voit instituée dans son propre pays; mais il ne se croit point en droit d'ôter la liberté à celui au-dessus duquel il se place, accoutumé qu'il est à exercer des droits contre ceux qui possèdent le plus de privilèges. Lors donc qu'il soumet des millions d'Irlandais à sa supériorité, il leur laisse encore des libertés considérables , et dans le temps où il subordonne l'exercice des droits publics, tels que l'électorat, l'éligibilité, les magistratures civiles, etc., à la condition d'un serment que la conscience des catholiques irlandais repousse, il ne leur enlève aucun de ces droits généraux que son éducation politique lui enseigne à regarder comme aussi nécessaires aux hommes que l'air qu'ils respirent et le sol qu'ils foulent aux pieds.

Voyez, la pressa: depuis qu'elle est libre en Angleterre, elle n'a pas cessé de l'être en Irlande. Swift publie les pam|)hlets les plus virulents contre les tyrans de l'Irlande, à l'époque où la tyrannie est la plus terrible (i). En i 797 , pendant les apprêts de la guerre civile, les journaux les plus ennemis de l'Angleterre paraissent chaque matin , et un histo-

4 RÉSISTANCE A t/oPPHESSIOIV.

rien protostant, M. (jortlon, qui approuve les lois pénales, s'indigne à la pensée qu'on puisse violer le principe sacré de la liberté de la presse.

Sous l'empire des lois pénales , les catholiques d'Irlande ne pouvaient se réunir dans leurs Eglises pour y prier Dieu selon leur foi , mais ils étaient libres de s'assembler sur la place publique, et d'y délibérer sur les rigueurs qu'ils encouraient. L'exercice de ce droit dépend pourtant du premier magistrat du comté, le shérif, duquel , en cas de refus de sa part, on appelle à un certain nombre de juges de paix ; mais ni le shérif, officier du pouvoir central, ni les juges de paix, qui appartiennent à l'aristocratie, n'ont jamais cru devoir interdire un meetings parce qu'il était convoqué dans un dessein hostile à leurs intérêts et à leurs passions politiques. Les rares exemples d'un empêchement apporté par l'autorité publique à cet exercice du droit de s'assembler, sont considérés comme de scandaleux abus , et flétris comme des actes d'oppression inouie f i j.

En 1792;, à l'époque où la démocratie française ébranlait le monde, l'Irlande catholique s'émut; las de souffrir en silence, le peuple irlandais résolut de porter aux pieds du trône l'expression de ses griefs et sa volonté d'en obtenir le redressement; et d'abord , pour que cette volonté soit bien constatée, une assemblée générale se forme à Dublin composée de députés envoyés par les comtés de toute l'Irlande (2) ; de sorte qu'au moment même où le parlement constitutionnel d'Irlande, composé des lords et des communes, tient ses

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