‹ L'Irlande sociale, politique et religieuse (volume 3)Chapitre 42 sur 101 · TROISIEME PARTIE, ClIAP. I, § [11. l · texte numérisé non relu

TROISIEME PARTIE, ClIAP. I, § [11. l

pauvres la plus vile nourriture, celle qui sera strictement nécessaire pour soutenir matériellement leur vie, de l'eau et des pommes de terre. Eh bien ? la dépense de chaque personne sera minime sans doute, car elle n'excédera pas vingt-cinq centimes par jour; cependant le total s'élèvera à près de deux cents millions de francs par année (i).

Quelle loi des pauvres sera jamais, en Irlande, établie à ce prix? qui en paierait les frais? On ne pense pas que l'Angleterre accroisse sa dette publique de quatre ou cinq milliards pour se mettre en mesure de faire l'aumône à l'Irlande , et si une pareille tâche était imposée aux propriétaires irlandais , dont elle absorberait tous les revenus , autant et mieux vaudrait peut-être décréter aussitôt la loi agraire. Et encore ces deux cents millions de francs fussent-ils trouvés et appliqués le plus sagement possible au profit de ces deux millions de pauvres , pourrait-on dire qu'il existe en Irlande un régime légal de charité publique ?

Est-ce une assistance digne de l'État que cette vile ration de pommes de terre jetée à l'indigent sur la voie publique ? Ne faut-il pas dresser un toit pour recevoir le pauvre , quand le pauvre demande un abri? Suffit-il d'apaiser sa faim, quand il jeûne? Lorsqu'il est nu, ne faut-il pas le couvrir? Ne lui doit-on pas les remèdes de l'art lorsqu'il souffre ? Et quand il meurt, n'a-t-on pas à l'ensevelir? Le pain, le vêtement , un asile , un hôpital , un tombeau , ce sont là des nécessités premières d'humanité dans toute société chrétienne et civilisée , et que ne saurait omettre aucun système de charité publique.

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