‹ L'Irlande sociale, politique et religieuse (volume 3)Chapitre 47 sur 101 · TROISIEME PARTIE, CHAP. ï, § Iir. I · texte numérisé non relu

TROISIEME PARTIE, CHAP. ï, § Iir. I

peut-être les pauvres du peu de charité qu'ils possèdent aujourd'hui. Jusqu'à présent il n'existait en Irlande aucun système général de charité publique ; les pauvres n'y étaient pas cependant tout à fait dépourvus d'assistance : non que le riche les secourût, mais le pauvre donnait au pauvre. Qu'arrivera-t-il aujourd'hui qu'une loi déclare solennellement que la charge du pauvre pèsera sur le riche? Toute la pauvre Irlande va, sans nul doute, crier d'une seule voix pour applaudir à l'équité de ce principe; mais les classes inférieures ne concluront-elles pas aussi de là que désormais elles ne sont plus tenues aux mêmes devoirs de charité mutuelle? Et lorsque le pauvre mendiant avec sa famille se présentera , selon la coutume , à la porte du petit fermier , ne le repousserat-on pas en lui disant qu'il peut aller à la ville voisine , où il y a des secours publics pour les pauvres ? Si l'événement arrivait ainsi , il s'ensuivrait que la même loi qui promet aux pauvres d'Irlande un se- " cours illusoire , leur ferait perdre la seule assistance réelle qu'ils possédaient.

Et comment trouver dans une pareille loi de charité , un germe de rapprochement et d'union entre les riches et les pauvres d'Irlande? Les plus zélés partisans de l'institution admirent surtout en elle le pouvoir qu'elle aura , disent-ils , d'inspirer de salutaires alarmes aux propriétaires irlandais , dont les terres paieront désormais la taxe des pauvres. Ils pensent que désormais le riche sentira davantage la misère de l'indigent, et qu'il sera tout à la fois intéressé à la prévenir et à ne pas l'accroître. Mais ces menaces , adressées au plus fort, sont dangereuses

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