‹ L'Irlande sociale, politique et religieuse (volume 3)Chapitre 76 sur 101 · QUATRIÈME PARTIE, ClfAI». II, SFCT. III, § I. y · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PARTIE, ClfAI». II, SFCT. III, § I. y

veulent pas à tout prix l'entière conservation; les tories disent : Périsse l'Irlande plntùt qucî l'I^glise anglicane! Les whigs, au contraire: Sauvons l'Irlande, et tâchons de préserver l'Eglise. Les premiers consentiraient encore à faire en Irlande quelques réformes , pourvu que l'Eglise y demeurât debout avec tous ses privilèges et tous ses monopoles ; en d'autres termes ils veulent bien offrir à ce pays quelques remèdes à la condition d'y laisser la cause première de tous les maux. Les whigs, au contraire, voient d'abord les misères de l'Irlande, et la nécessité de les guérir. Ils voudraient pouvoir établir dans ce pays l'ordre et la paix sans y toucher à l'Église; mais si, en poursuivant leur but, ils rencontrent quelque abus de l'Eglise qui les gène, quelque principe anglican qui les entrave, ils suppriment le principe et l'abus.

On retrouve sans cesse dans les actes des tories et des whigs les conséquences de ce point de départ différent.

Voyez, par exemple, les doctrines et les procédés des uns et des autres touchant l'instruction religieuse du peuple.

Pendant plus d'un siècle les basses classes d'Irlande ont été privées de toute instruction , par la seule raison qu'elles étaient catholiques , et qu'il n'existait en Irlande que des écoles protestantes. Les tories régnaient alors , et quand on leur reprochait une institution qui ne donnait aux pauvres irlandais que le choix de l'ignorance ou de l'apostasie, ils répondaient, comme ils le soutiennent encore aujourd'hui, que l'éducation populaire est un

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privilège de l'Église, qu'on ne saurait enlever à celle-ci.

I^es whigs , au contraire , pensant que Tinstruction du peuple, en Irlande, est pour ce pays une condition essentielle de salut, reconnaissent d'abord la nécessité de l'établir ; et comme il est désormais bien constaté que les catholiques irlandais ne veulent point envoyer leurs enfants dans les écoles protestantes , les whigs se voient forcés d'attaquer le monopole de l'Eglise ; et , nonobstant les cris de celle-ci , qui se dit dépouillée , ils instituent des écoles nouvelles , dont tout esprit de secte doit être banni, et où la liberté religieuse est assurée à toutes les croyances. L'établissement de ces écoles nationales a été un des premiers actes des w^higs, et il n'en est point qui les honore davantage (i).

Le parti tory croit si sacrés les droits de l'Eglise, que leur violation lui paraît le mal suprême; et lorsque l'Irlande conteste un de ces droits; lorsque, par exemple , elle se révolte contre le paiement de la dîme, les tories estiment que l'Eglise doit, à tout prix , être maintenue dans l'intégrité de ses privilèges ; si le peuple entier résiste, il faut abattre toutes les résistances , et dût le dernier des Irlandais être exterminé , il est nécessaire que la dîme soit payée. Dans les mêmes circonstances , les vs^higs agissent autrement : ils souhaitent, à la vérité , comme les tories, que l'on acquitte les dettes de l'ÉgHse ; ils en prescrivent même l'obligation rigoureuse; mais lorsqu'ils trouvent toute la population rebelle à ce paiement , ils n'ont point recours aux mêmes violences ponr dompter la rébellion ; ils essaient la rigueur,

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