QUATRIEME PARTIE, CITAP. II , SF.CT. HI, § I
et ne s'y ol)stinent pas; ils s'arrêtent an coinineiicemeritde la voie sanglante que les tories parcourent tout entière, l'intérêt général du pays leur paraissant supérieur à celui de l'Église, qui pourtant les touche beaucoup. Alors ils s'efforcent d'apaiser le peuple sans renverser l'Église. Ils n'abolissent pas la dîme, dont la suppression serait un trop grand coup porté à l'Église ; mais ils tâchent, en modifiant l'institution , de la rendre moins odieuse, et, en calmant les passions populaires, de rendre possible le gouvernement de ce pays.
C'est ainsi qu'en présence de l'agitation irlandaise de iSSa les whigs ont aboli l'impôt protestant le plus odieux aux catholiques d'Irlande , qui était les taxes de fabrique (church rates). Ainsi, en i838, jugeant, par une expérience de cinq années, que le peuple irlandais était résolu à ne plus payer la dîme, les whigs l'ont réduite d'un quart, et ont transporté du fermier au propriétaire l'obligation de la payer.
De pareils changements n'attaquent pas sans doute le mal dans sa racine , mais ils le rendent moins douloureux.
Il n'entre pas dans les principes des whigs d'abolir en Irlande la suprématie religieuse , ce qui serait pour ce pays la première condition de repos et de bien-être; mais ils peuvent du moins rendre moins blessant et moins odieux le principe funeste qu'ils ne détruisent pas , et c'est déjà beaucoup. L'Église anglicane n'est pas la seule plaie de l'Irlande, mais c'est la plus vive; et le soulagement des autres est impossible, si celle-ci n'est d'abord adoucie. C'est ce qui explique pourquoi les II. 19
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wliigs peuvent seuls aujourd'liui gouverner l'Irlande.
Si les whigs avaient des ambitions vulgaires, leur intérêt serait , quand ils tiennent le gouvernement, de traîner en longueur la réforme de l'Eglise d'Irlande ; car, tant que cette Eglise sera debout avec ses vices au milieu des passions violentes qu'elle excite, l'accès du pouvoir sera bien difficile aux tories, dont le rtom seul insurge l'Irlande, et qui ne pourraient faire leur paix avec ce pays que s'ils commençaient par y attaquer l'institution religieuse dont ils sont les soutiens obligés.
Cependant , en même temps qu'on voit l'Eglise d'Irlande attaquée par les whigs, on comprend bien qu'elle n'est pas l'objet auquel ceux-ci aimeraient à appliquer leurs principes réformateurs; car c'est le terrain de combat où ils se sentent le moins à l'aise. S'ils luttent d'abord contre l'Église, c'est que, quand ils entrent dans la carrière des réformes, l'Eglise est le premier adversaire qu'ils trouvent devant eux, et qu'il faut d'abord vaincre, sous peine de se retirer. La réforme de l'Eglise est donc bien moins un but qu'ils poursuivent qu'un obstacle dont ils travaillent à se délivrer.
Quelles réformes les wLigs peuvent faire dans les privilèges civils de l'aristocratie d'Irlande.
Maintenant l'obstacle religieux étant écarté , quelles réformes peuvent-ils faire dans les privilèges civils et politiques de l'aristocratie?