‹ L'Irlande sociale, politique et religieuse (volume 3)Chapitre 81 sur 101 · QUE FERA L ANGLETERRE? PARTI WIIIG · texte numérisé non relu

QUE FERA L ANGLETERRE? PARTI WIIIG

d'être chaque jour moins radicaux eu Angleterre, pourvu que ceux-ci le soient toujours autant en Irlande.

Ces attaques du gouvernement whig contreTaristocratie d'Irlande n'ont pas sans doute toute la portée qu'on poiurait au premier abord leur attribuer. Presque toutes les réformes qui sont l'œuvre du pouvoir exécutif sont essentiellement fragiles et transitoires. Celui-ci changeant, elles disparaissent avec hii,etsiuneadministration tory ressaisissaitle pouvoir elle aurait bientôt remis en vigueur les anciens principes de gouvernement etrenduàl'exécution deslois son esprit aristocratique. La plupart des institutions libérales qui paraissent le mieux établies, telles, par exemple , que l'instruction primaire , recevraient d'eux une impulsion qui sans doute en dénaturerait le principe. La force publique, c'est-à-dire la police et l'armée, que les whigs ont mises au service du parti national, seraient bientôt remises à la dévotion du parti aristocratique. Ces deux corps, soumis aveuglément au principe de l'obéissance passive, soutiendront certainement leparti populaire aussi longtemps que le gouvernement exigera d'eux cet appui ; mais composés encore pour la plupart d'Anglais et de protestants ils sont au fond les amis du parti protestant et tory d'Irlande; et si une autre administration leur donnait des ordres différents, ils aimeraient mieux faire feu sur les catholiques, qu'on les force de protéger en ce moment , que de frapper les anglicans sur lesquels ils tirent aujourd'hui.

Cependant l'administration des whigs en Irlande est pour ce pays un grand bienfait non seulement

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dans le présent mais encore dans l'avenir. Elle a enseigné aux Irlandais qu'il peut exister parmi les Anglais un parti favorable au peuple ; et qu'ainsi les gouvernements venant d'Angleterre ne sont pas tous nécessairement haïssables.

Les whigs anglais ont le grand avantage de pouvoir gouverner l'Irlande sans recourir aux mesures violentes dont les tories ne sauraient se passer.

Depuis plus d'un demi-siècle, c'est-à-dire à dater de l'époque où l'Irlande opprimée se réveilla de sa servitude, les gouvernants anglais n'avaient pu tenir ce pays dans l'obéissance sans un certain nombre de lois d'exception qui, sous des noms divers, soit ôH insurrection-act j soit de coercion-bill ^ investissaient l'autorité centrale de pouvoirs extraordinaires dont celle-ci usait à sa discrétion. Le principal de ces pouvoirs consistait dans la faculté d'établir pour tel ou tel comté une espèce de lois de suspects (i), et dans le droit de changer arbitrairement l'ordre des juridictions en matière criminelle, par exemple, de remettre à une cour martiale le jugement des délits commis dans les comtés frappés de suspicion.

Et ces pouvoirs extraordinaires ne s'exerçaient pas seulement pour la répression d'attentats politiques de leur nature, tels que les séditions, les rébellions populaires et les conspirations ourdies contre l'Etat. Leur premier objet était d'atteindre des crimes qui ont plutôt un caractère social ; ils avaient sur tout en vue cette guerre constante et terrible que le peuple livre en Irlande à la personne et à la propriété du riche. Quand l'aristocratie d'Irlande avait pour elle le pouvoir exécutif, elle se servait de la

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